CLERMONT-FERRAND (63) : cimetière des Carmes

Visité en août 2019
samedi 21 mars 2020
par  Philippe Landru

Clermont-Ferrand possède quatre cimetières : les Carmes, Montferrand, Saint-Jacques (ouvert en 1942) et Crouël (ouvert en 1978). Celui des Carmes est évidemment le plus ancien et le plus patrimonial. Il est situé dans l’ancien enclos de l’abbaye des Carmes déchaussés, dite abbaye de Chantoin. Le couvent avait été créé au cours du VIIIe siècle par des religieuses suivant la règle de saint Augustin. À l’instigation de l’évêque Joachim d’Estaing, il fut cédé aux Carmes déchaussés en 1637. L’abbaye fut vendue comme bien national en 1791 pendant la Révolution française.

En janvier 1816, Antoine Blatin, alors adjoint au maire et futur maire de Clermont-Ferrand, fit l’acquisition au nom de la ville de l’enclos de l’abbaye. Son ouverture - il fut inauguré le 21 juillet 1816- permit la fermeture de plusieurs autres cimetières (Morée, Capucin, Saint-Robert de Montferrand) trop petits et insalubres.

La partie du cimetière destinée aux inhumations fut agrandie à plusieurs reprises (1846, 1885 et 1908). Le dernier agrandissement de 1908 vit l’ouverture du secteur dit du « Pré-Bertrand » au nord de la Tiretaine. Il s’étend désormais sur une superficie de onze hectares, comporte six mille concessions et cent huit allées.

Jusqu’au milieu des années 1940, la presque totalité des tombes et chapelles ont été construites en utilisant la pierre volcanique locale dite pierre de Volvic (andésite), de couleur gris foncé caractéristique. Cette particularité et cette uniformité donnent un aspect assez unique à ce cimetière : les Carmes ont un aspect sévère, mais en aucun cas austère dans la mesure où les nombreuses ornementations qui ornent les vieilles chapelles cassent cette sévérité.

L’église des Carmes déchaussés est située à gauche de l’entrée principale du cimetière. L’église actuelle a été construite au XVIIIe siècle à l’emplacement de l’ancien couvent. Elle avait été précédée par d’autres églises. L’abbaye des Carmes ayant subi plusieurs incendies, les moines décidèrent de la construction d’une nouvelle église. Les travaux furent réalisés à partir de 1752 avec d’autres interventions plus tard. Elle est de style baroque. Son plan est dit en quatrefeuille. Elle est couverte par un dôme qui fut reconstruit au XIXe siècle. Elle a perdu sa vocation religieuse au début du XXe siècle et est aujourd’hui utilisée comme entrepôt. Attenant à l’église, une partie de l’ancien couvent subsiste. Les bâtiments sont actuellement occupés par la société Michelin.

Aspect du cimetière


Les grands cimetières urbains sont presque toujours faits sur le même modèle : des quadrilatères formant autant de divisions où la plupart des tombeaux anciens ornent les bordures (façadisme) tandis que des tombes plus banales se retrouvent à l’intérieur des dites divisions. Rien de cela aux Carmes, et en cela c’est une caractéristique que je n’ai retrouvé dans aucun autre grand cimetière urbain : toutes les tombes de la partie ancienne se trouvent de part et d’autre d’allées (d’où leur grand nombre). Ces allées sillonnent de manière douce, ombragées par des arbres [1]. La partie contemporaine, au nord de la rivière, est beaucoup plus classique en revanche, dessinant elle les divisions dont on a l’habitude.

Les tombeaux des Carmes sont souvent étroits en largeur mais très longs en longueur. Beaucoup d’entre-eux ont conservé leurs anciennes grilles de clôtures, plus ou moins rouillées.

Du fait de la couleur de la lave, mais aussi de l’état plus ou moins bon de la conservation des tombes, beaucoup d’inscriptions ne sont pas aisées à lire : il faut prendre son temps ici. Le grand nombre de chapelles, certaines imposantes, oblige également à y pénétrer pour prendre connaissance du détail des identités des résidents.

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Monument aux morts de la guerre de 1870

Ce cimetière comporte plusieurs monuments aux morts militaires : guerre de 1870/1871, Première Guerre mondiale, souvenir aux résistants de la Seconde Guerre mondiale. Il y a également des carrés militaires où cinq cents soldats sont enterrés, tant de la Première Guerre mondiale que de la Seconde (soldats réguliers français, résistants FFI, soldats britanniques, canadiens et néo-zélandais).

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cimetière de soldats allemands

Le monument aux morts de 1914-1918 contient un braséro en fer forgé en bronze par Pierre Coulon. De forme massive proche d’un mastaba, il est orné d’un haut relief en calcaire par Jean Camus. Sur les parois internes sont gravés les noms des 3000 clermontois morts dans ce conflit.

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Monument aux morts de la Première Guerre mondiale

Un carré israélite datant de 1887 subsiste aux Carmes : il est encore géré par le Consistoire et est séparé du reste du cimetière par une simple grille [2].


Curiosités


-  Une remarque liminaire : si vous voulez préparer votre visite dans les meilleures conditions, il existe un ouvrage indispensable de Pascal Piéra et Daniel Lamotte (Le cimetière des Carmes à Clermont-Ferrand (« Mémoires de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Clermont-Ferrand », LXII), Clermont-Ferrand, mars 2004). De tous les ouvrages sur les grands cimetières de province qui existent (et j’en possède pas mal !), il est l’un des meilleurs. Il propose des plans mais aussi des itinéraires par allées qui permet de quadriller le lieu de manière optimale (je n’y ai repérer qu’une erreur, ce qui est remarquable). Aucun doute : un livre que les taphophiles doivent posséder dans leur bibliothèque !

- le cimetière des Carmes a une particularité assez rare : il est divisé en deux par une petite rivière, la Tiretaine, que l’on franchit par un pont. Elle sépare de facto la partie ancienne du cimetière de la partie contemporaine (appelée Pré Bertrand).

- Dans ce cimetière repose Marie Brunel (1765-1843). Elle fut l’épouse, alors qu’elle n’avait pas encore 13 ans, du conventionnel Georges Couthon. Après sa décapitation, elle se remaria avec un médecin (Charreyre). Dans le caveau de famille repose également l’arrière-petite fille de Couthon.

Quelques tombeaux remarquables

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Tombeau Andraud de Lignerol
Officier de cavalerie, le casque à cimier sur colonne fait allusion à son grade et à son corps d’armée (allée 2, n°24)
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Tombeau Art déco Guillaume - Pacros
(Allée 3, n°404)
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Tombeau Roubille
Christ par Maxime Real Del Sarte (Allée 7, n°189)
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Tombeau Hugon
(Allée 9, n°266)
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Tombeau Gessen
Ange en marbre de Carrare par Raymond Rivoire dans une chapelle en reprise (Allée 9, n°296)
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Tombeau Marcepoil - Collanges
(Allée 9, n°340)
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Buste sur colonne du colonel Malassagne
Réalisé par Jean-Baptiste Chalonnax (Allée 13, n°197)
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Tombeau Monpéla - Bujadoux
par Louis Jarrier (Allée 13, n°202)
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Tombeau Guyot - Miouze - Busson
Portillon en fer forgé de style Art Nouveau par Jean-Baptiste Bernardin
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Tombeau Puig
Espérance par Antoine Chaufour (Allée 3, n°494bis)


- Le tombeau Chabrol était orné d’un bas-relief par Bartholdi, mais il semblerait que cette œuvre n’y soit plus. [allée 30, n°98]


Célébrités : les incontournables...


- Agénor BARDOUX
- Edouard DAUBRÉE
- Marcel MICHELIN
- George ONSLOW
- Alexandre et Jean VARENNE

Si le penseur jésuite Pierre Teilhard de Chardin repose dans le cimetière du noviciat jésuite de St. Andrew’s-on-the-Hudson de Poughkeepsie, dans l’État de New York, aux Etats-Unis ; le tombeau de sa famille (en particulier ses parents) se trouve dans ce cimetière. [allée 1, n°8]

C’est également ici que repose la maréchale Fayolle (Marie-Louise Collangettes), son époux reposant dans le caveau des gouverneurs aux Invalides. Ils étaient les trisaïeux de Mazarine Pingeot. [allée 3, n°424]


... mais aussi


- Le Compagnon de la Libération André AALBERG (1913-1943) : engagé dans l’Infanterie Coloniale, il participa pendant la drôle de guerre à de nombreux coups de main sur la frontière allemande. Pendant la campagne de France, il fut blessé et fait prisonnier, mais parvint à s’évader et rejoignit le sud de la France. Il se porta ensuite volontaire pour l’Indochine, mais déserta lors d’une escale à Dakar et tente de rejoindre la Gambie, alors britannique. Arrêté, il fut condamné par le tribunal de Clermont-Ferrand à un an de prison avec sursis. Il rallia finalement les Forces françaises combattantes en 1943. Dénoncé, il fut arrêté à Clermont-Ferrand. En tentant de s’évader, il fut abattu de trois balles dans le ventre. Il survécut mais fut torturé, et, refusant de parler, mourut cinq jours plus tard de ses blessures. Il fut inhumé au carré militaire sous le nom de Lucien Navarron.

- Le géophysicien Emile ALLUARD (1815-1908), célèbre pour l’invention d’un hygromètre à condensation et pour avoir fondé l’Observatoire du Puy de Dôme, la première station météorologique de montagne. [allée 2, n°249]

- Jean-Baptiste ANDRÉ d’AUBIÈRE (1767-1842), baron d’Empire, maire de Clermont-Ferrand sous le règne de Louis XVIII ; il fut député du Puy-de-Dôme de 1820 à 1823. [allée 1, n°15]

- Le baron Afred-Marie André d’ARBELLLES (?), ancien page de Charles X, qui repose dans la chapelle néogothique la plus imposante du cimetière. [allée 8, n°37-38]

- Le pharmacien Pierre-Hector AUBERGIER (1810-1884) qui fut professeur de chimie à la Faculté des Sciences de la ville qu’il avait contribué à créer. Il laissa de nombreux ouvrages. L’espérance en marbre de Carrare qui orne sa tombe fut réalisée par Jean-Baptiste Chalonnax. [allée 12, n°80]

- Le baron Emmanuel d’AUBIER (1773-1835), fidèle de Louis XVI qu’il accompagna jusqu’au Temple. C’est lui qui portait le Dauphin lorsque la famille royale, le 10 août 1792, quitta les Tuileries pour aller se réfugier à l’Assemblée. Sa plaque épitaphe brisée proclame « Fidèle dans le malheur, il demanda comme une grâce d’être reçu prisonnier pour rendre témoignage au péril de sa vie en faveur de Louis XVI détrôné. Louis XVI dans sa prison le nomma son ami ». [allée 12, n°154]

- Jean-Baptiste BARGOIN (1813-1885) : pharmacien, il s’associa à Henri Lecoq pour fonder une entreprise qui commercialisait des préparations pharmaceutiques et du thé. Ils conçurent le café de gland doux, préparation à base de gland de chêne vert, de céréales et de chicorée. Il dut à ce produit, concurrent du café mais vendu beaucoup moins cher, une grande part de l’importante fortune qu’il amassa. Il a donné son nom au musée Bargoin de Clermont-Ferrand et au parc Bargoin à Chamalières. Avec lui repose son fils, le poète Jocelyn BARGOIN (1844-1876). [allée 26, n°487]

- Le chansonnier maréchal ferrant Francisque BATHOL (1829-1880), qui publia en 1851 un recueil de chansons. Dans le tombeau repose son gendre, le peintre-verrier Lucien CHATAIN (1846-1886), dont les vitraux furent exportés à l’internationale. Le médaillon qui ornait la tombe a disparu, mais on remarquera mes motifs de fers à cheval sur la grille de clôture ainsi les deux têtes de chevaux adossées qui surmontent le tombeau [allée 27, n°450]

- Le pilote aviateur Antoine BAYLE (1895-1926), qui forma Maryse Bastié. Il mourut dans l’incendie de son avion. On remarquera sur le haut de la stèle le macaron des pilotes d’aviation militaires. [allée 63, n°831]

- L’architecte Valery BERNARD (1885-1960). [allée 56, n°164-165]

- Le ferronnier d’art Jean-Baptiste BERNARDIN (1866-1951), dit « Mitol », dont la tombe est désespérément nue de tout ornement. [allée 31, n°298]

- La comédienne Magdelaine BÉRUBET (1883-1970), qui fit partie du groupe fondateur du théâtre de l’Atelier dirigé par Charles Dullin. Elle fut la partenaire de Louis Jouvet lors de la création en 1923 de Knock, de Jules Romains. On lui doit plusieurs pièces de théâtre, et elle tourna pour le cinéma 30 aux années 60. Malgré des recherches approfondies, je n’ai pas retrouvé sa tombe [allée 9, n°368]

- Antoine BOIROT (1744-1831), qui fut député du Puy-de-Dôme au Conseil des Anciens le 23 germinal an V. Rallié au coup d’état du 18 brumaire, il fut nommé conseiller général (1800), puis retrouva son siège de député de 1808 à 1815. C’est la commune qui fit édifier son imposant tombeau en 1840. (face à l’entrée)

- L’architecte Jean BOSSER (1902-1984). [allée 3, n°546]

- La famille d’artistes BURLURUT [allée 3, n°618bis]

- Le peintre et graveur Maurice BUSSET (1879-1936), qui fut directeur de l’École des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand et conservateur-adjoint du musée de Clermont-Ferrand. On lui doit des gravures et des peintures de paysages auvergnats qu’il présenta au Salon d’automne, au Salon des indépendants et à la Société nationale des beaux-arts [allée 63, n°678]

- Jules CARIOL (1798-1843) : maire de Clermont-Ferrand de 1830 à 1835, il fut député du Puy-de-Dôme de 1834 à 1837. Il se suicida. [allée 2, n°33]

- Le sculpteur Jean-Baptiste CHALONNAX (1819-1898), auteur de plusieurs bustes dans ce cimetière. [allée 23, n°578]

- Marie-Thérèse CHAMROUX (1901-1956), qui créa en 1952 le groupe folklorique La Bourreïo deu Brayeu. On remarquera la faute d’orthographe de son nom sur la plaque hommage.

- Le général baron d’Empire Joseph CHARRAS (1769-1839), qui fit les campagnes napoléoniennes d’Egypte, d’Italie et d’Allemagne. [allée 2, n°178]

- L’architecte Emile CHASSAIGNE (1866-1942) qui oeuvra à Clermont-Ferrand. La tombe est ornée d’un bas-relief, allégorie de l’architecture, par Gustave Gournier. [allée 4, n°304]

- Le général Paul CHAUDESSOLE (1889-1966), qui fut nommé en 1936 à la maison militaire de la présidence de la république. A ce titre, il représenta le président de la République Albert Lebrun à un certain nombre de représentations officielles. Il repose avec son épouse, Marie Catherine Jeanne Fayolle, fille du général de division Marie Émile Fayolle. Ils étaient les grands-parents d’Anne Pingeot, et donc les bisaïeux de Mazarine Mitterrand-Pingeot. [allée 2, n°41-3]

- Charles-Antoine Claude de CHAZERAT (1728-1824), qui fut le dernier intendant d’Auvergne de 1771 à la Révolution. Il décéda à l’âge de 95 ans ! [allée 1, n°3]

- L’ophtalmologue Paul CHIBRET (1844-1911), qui fut le fondateur de la Société Française d’Ophtalmologie. On lui doit plusieurs inventions, dont le chromatophotoptomètre, qui permet d’obtenir 2700 nuances de couleurs différentes et de dépister les dyschromatopsies comme le daltonisme. [allée 9, n°328]

- Luc CHRISTOPHLE (1827-1907), qui fut député du Puy-de-Dôme de 1861 à 1870, siégeant dans la majorité soutenant le Second Empire. Son identité est quasiment illisible dans la chapelle qui est en reprise, malgré un beau vitrail de Sainte Marguerite. [allée 12, n°110]

- L’organiste, pianiste et compositeur Aloys CLAUSSMANN (1851-1926), ancien élève de Gigout, qui remporta le Grand Prix du ministère des Beaux-Arts en 1872. Interprète virtuose, il choisit d’effectuer toute sa carrière dans le Puy-de-Dôme, alors qu’une tribune parisienne lui aurait été aisément accessible. Il fonda le conservatoire de Clermont-Ferrand en 1909, le dirigeant jusqu’à sa mort. Il composa essentiellement pour l’orgue. Malgré mes recherches, je n’ai pas trouvé sa tombe qui s’y trouve pourtant. [allée 13, n°218]

- L’universitaire Paul COLLOMP (1885-1943), spécialiste de l’histoire de l’Égypte ptolémaïque, qui fut abattu par un membre de la Gestapo lors d’une rafle contre l’université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand.

- L’architecte Alexis COURNOL (1857-1934). [allée 8, n°44]

- Emile DALBINE (1837-1890), architecte départemental qui travailla notamment sur la restauration des termes du Mont Dore. [allée 12, n°94]

- Le baron d’Empire Louis Amable DESAIX (1773-1835), frère du général Louis Desaix, qui fut inspecteur-général de la compagnie des Salines de l’Est de 1807 à 181. [allée 12, n°152]

- Le peintre et journaliste Amable Gabriel de la FOULHOUZE (1825-1887), ancien élève de Delaroche et de Thomas Couture. [allée 12, n°78]

- André FRANCQUENELLE (1889-1965), joueur de rugby à XV français évoluant au poste de trois-quarts centre. Il devint entraîneur après sa carrière de joueur. Il pratiquait également le saut à la perche, obtint notamment un titre de champion de France de la discipline en 1919 et participa aux Jeux olympiques d’été de 1920. [allée 6, n°421]

- Gilbert GAILLARD (1843-1898) : maire de Clermont-Ferrand (1880-1884), il fut député (1883-1889) puis sénateur (1889-1898) du Puy-de-Dôme. [allée 25, n°520]

- L’historien Amédée GASQUET (1852-1914), ancien élève de Fustel de Coulanges, qui fut professeur à la faculté des lettres de Clermont-Ferrand et recteur de l’académie de Nancy en 1893. Il a été également directeur de l’instruction primaire au ministère de l’instruction publique. Il a publié de nombreux ouvrages d’histoire et des ouvrages scolaires. Il fut en outre marie de Clermont-Ferrand de 1888 à 1893.Un lycée professionnel clermontois porte son nom. [allée 7, n°70]

- Le compositeur et organiste Louis GÉMONT (1872-1936), ancien élève de l’École Niedermeyer où il eut pour condisciple Gabriel Fauré. Il participa activement à la vie musicale de Clermont en fondant en 1902 l’Institut Artistique, école de musique gratuite. Il fit carrière à Paris comme organiste de l’église Saint-Laurent et dirigea divers harmonies et chorales. Il a composé plusieurs œuvres dont un drame historique, Vercingétorix. Sa tombe est en piteux état. [allée 9, n°134]

- Le géologue Philippe GLANGEAUD (1866-1930), qui étudia la géologie de l’Auvergne, notamment le volcanisme. Il s’intéressa à l’hydrogéologie, en relation avec les barrages hydro-électriques nombreux dans la région et avec les problèmes d’adduction d’eau. Il collabora à l’établissement de la Carte géologique de France. Avec lui repose son fils, Louis GLANGEAUD (1903-1986), également géologue, qui enseigna dans de nombreuses facultés dont la Sorbonne et la faculté des Sciences. Membre de l’Académie des Sciences, il fut président de la Société française de minéralogie. [allée 30, n°236]

- Le sculpteur Henri GOURGOUILLON (1858-1902), qui fut l’élève de Jean Monbur et de Jean-Baptiste Chalonnax (tous deux inhumés dans ce cimetière). Ses œuvres ornent Clermont-Ferrand et Riom, mais le buste en bronze non signé qui se trouvait sur sa tombe fut malheureusement volé. [allée 9, n°380)]

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Buste (disparu) de la tombe Gourgouillon

- Le sculpteur Gustave GOURNIER (1903-1986), qui fut professeur de sculpture à l’École des beaux-arts de Clermont-Ferrand. [allée 50, n°137]

- Jean-François GUYOT-DESAIGNE (1833-1907) : député du Puy-de- Dôme de 1885 à sa mort, il fut ministre à trois reprises : de la Justice et des Cultes (17 jours en 1889 !), des Travaux publics (1895-1896), et de la Justice (1906-1907). Auteur d’un projet de loi portant abolition de la peine de mort, il a voté la loi de séparation des églises et de l’État en 1905, et fut l’auteur de la loi du 7 janvier 1906 sur la condition d’exercice des cultes. [allée 12, n°30]

- L’architecte François Louis JARRIER (1829-1881), auteur de nombreux monuments à Clermont-Ferrand. [allée 28, n°390]

- Son fils Marcel JARRIER (1902-1955), et le fils de ce dernier, Jean-Louis (1934-2002), également architectes, reposent dans un autre tombeau de ce cimetière. On leur doit de nombreuses réalisations dans le département (Clermont-Ferrand, La Bourboule, Royat, Chamalières…) [allée 30, n°257]

- Le géologue Pierre Alphonse JULIEN (1838-1905), qui étudia les phénomènes glaciaires dans le Massif Central. Dans la même tombe repose Pierre Alphonse JULIEN (1883-1942), qui fut Préfet de l’Aube (1928), de l’Orne (1928), d’Ille et Vilaine (1930). Il fut un éphémère directeur de la sûreté générale (1932), carrière qui s’acheva au lendemain de l’assassinat de Paul Doumer. [allée 3, n°484]

- Le botaniste Henri LECOQ (1802-1871), qui fut directeur du jardin botanique et du muséum d’histoire naturelle de Clermont-Ferrand et doyen de la faculté des sciences de la ville. Il étudia également la formation géologique de l’Auvergne et la formation des glaciers (voir Bargoin). [allée 30, n°85]

- L’architecte Agis-Léon LEDRU (1816-1885). Second Prix de Rome en 1844, il devint architecte de la ville de Clermont-Ferrand, de 1846 à 1851, et architecte du département du Puy-de-Dôme. On lui doit en particulier l’établissement thermal de Royat et les Grands Thermes de La Bourboule. Il fut maire de la ville de 1871 à 1874. Son tombeau et son médaillon furent réalisés par Henri Gourgouillon. [allée 8, n°23]

- L’architecte Louis-Charles-François LEDRU (1778-1861), père du précédent, repose aussi dans ce cimetière mais dans un autre tombeau. Lui aussi fut architecte de la ville de Clermont-Ferrand, de 1823 à 1846, et architecte du département. Clermont lui doit nombre de ses bâtiments (Hôtel de ville, tribunal, maison d’arrêt, abattoirs…). On lui doit également l’ établissement thermal du Mont-Dore. [allée 13, n°16]

- L’industriel Jean MAGNIN (1804-1863), pionnier français de la fabrication des pâtes alimentaires. [allée 13, n°8]

- L’architecte Aymon MALLAY (1805-1883), spécialisé dans la restauration de monuments historiques en Auvergne. [allée 12, n°158bis]

- L’historien André-Georges MANRY (1913-1997), auteur d’ouvrages sur l’Auvergne. [allée 6, n°232]

- L’architecte Charles MARC (1887-1941). [allée 3, n°452]

- Jacques-Philippe MÈGE (1817-1878) : maire de Clermont de 1862 à 1870, député du Puy-de-Dôme entre 1863 et 1870, sénateur de 1876 à 1878 ; il fut ministre de l’Instruction publique en 1870. Avec lui repose son fils Fernand, qui fut député du Puy-de-Dôme de 1889 à 1893. [allée 14, n°159-160]

- L’architecte Jacques-Honoré MÉRIDIER (1846-1920). [allée66, n°257(1))

- Les sculpteurs Jean MOMBUR (1836-1896) et son fils Henri-Denis (1867-1933). Le plus connu de la famille est le sculpteur Jean-Ossaye (qui réalisa des œuvres funéraires pour les cimetières parisiens), mais il repose au cimetière d’Ennezat dans ce même département. [allée 4, n°281]

- L’orfèvre et sculpteur Léonard MOREL-LADEUIL (1820-1888), qui connut un succès international, dans un tombeau ouvragé œuvre d’Henri Gourgouillon. [allée 9, n°128]

- L’entrepreneur André OLIER (1867-1953) : après avoir travaillé dans les sucreries de Guadeloupe, il se fixa à Clermont et prit en mains la direction d’une petite fonderie de fonte et de bronze. Il créa de toute pièce une usine de construction mécanique, fonderie, forge et chaudronnerie, puis installa quelques années plus tard une autre usine à Argenteuil pour la fabrication en grande série des roues pour autos et gros emboutissage. Sa chapelle néogothique retient l’attention : elle se compose d’une partie centrale en lave de Volvic et d’ailes latérales en ferronnerie et vitrail. [allée 8, n°550]]

- Michel PELLISSIER de FÉLIGONDE (1735-1853), qui fut député de 1815 à 1830. Il siégea à droite, dans la contre-opposition royaliste, et, fidèle légitimiste, donna sa démission de député après les journées de juillet 1830. [allée 13, n°40]

- Le résistant Nestor PERRET (1900-1943), qui créa et anima le mouvement Combat puis, après la fusion de celui-ci avec les mouvements Libération et Franc Tireur, fut désigné au commandement des Mouvements Unis de la Résistance (MUR). Arrêté par la police allemande, il mourut des suites de ses tortures.[allée 3, n°576]

- L’architecte Ernest PINCOT (1891-1941) [allée 32, n°344]

- L’architecte Louis RAYNAUD (1875-1914). [allée 14, n°302]

- L’architecte Amable RICHIER (1754-1836). [allée 12, n°112]

- le champion automobile Louis ROSIER (1905-1956), mort des suites d’un accident survenu aux Coupes du Salon sur l’autodrome de Linas-Montlhéry [allée 60, n°1467]

- L’architecte Barthélémy SAUZET (1859-1920), auteur de l’Hôtelde ville de Mont-Dore. [allée 23, n°590]

- Le maître-verrier Etienne THEVENOT (1797-1862), qui fut inspecteur des monuments historiques français. Il s’occupa de la restauration de nombreuses églises (cathédrale de Riom, Bayeux, Saint-Germain-L’auxerrois à Paris…) et on trouve sa signature sur bien des vitraux en France. [allée 13, n°41]

- Le baron d’Empire Jean-Baptiste Joseph TIXIER (1753-1823), qui fut chargé en 1801 d’organiser la Justice dans le Piémont. Il fut maire de Clermont-Ferrand de 1818 à 1820. [allée12, n°108]

- Le sculpteur Maurice VAURY (1878-1965), qui réalisa de nombreux monuments aux morts dans le département. Dans le même tombeau repose la peintre Marcelle VAURY (1891-1989). [allée 9, n°256]


[1Il y en avait beaucoup plus avant, mais beaucoup ont du être coupés suite à la tempête de 1999

[2Un carré musulman a été créé en 1986 au cimetière de Crouël.


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vendredi 14 février 2014

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