MALAKOFF (92) : cimetière

visité en octobre 2008
mercredi 31 décembre 2008
par  Philippe Landru

Le cimetière de Malakoff est un cimetière récent : il date de 1883 [1], date de naissance de la commune qui fait alors sécession d’avec Vanves. C’est également un cimetière figé dans la mesure où en dehors du columbarium, on n’y créé plus de nouveaux tombeaux (les défunts se font inhumés dans le cimetière intercommunal de Clamart). C’est peut-être la raison qui explique son relatif respect des tombes anciennes : ce cimetière, avec ses allées arborées, à des cotés villageois sympathiques, et il est bien plus intéressant à visiter que celui de Vanves qui ne possède quasiment plus aucun ancien tombeau (alors qu’il est plus vieux de 50 ans).

Curiosités

-  La tombe orné d’un médaillon en bronze d’Eugène Mugat (1875-1909), « victime du devoir » c’est effectivement là que repose la plus ancienne victime de la brigade criminelle, la fameuse Crim’, assassiné par un malfaiteur le 17 juillet 1909. Tous les ans, une délégation de cette brigade vient fleurir sa tombe.
-  Quelques statues et oeuvres d’art

    • Un médaillon en bronze par E. Porcher pour Lucien Bony,
    • Un bas-relief en calcaire du même E. Forcher représentant un ange portant une guirlande de fleurs,
    • Un bas-relief en calcaire sur la tombe de Jean Beaudouin tombé à la guerre : une veuve et un orphelin sur la tombe du soldat,
    • Une pleureuse sur une tombe anonyme avec pour toute inscription « A la mémoire des miens »,
    • Une autre pleureuse sur la tombe Pueb,
    • Le buste de Pierre Pepinet (difficilement lisible) à l’entrée droite du cimetière.
    • Un petit médaillon sur la tombe du soldat Georges Darras,
    • La tombe de Charles et Ida Feltrin.

Le maire de la commune Léon Salagnac disposerait d’un buste. Les tombes Cocagne et Kayat seraient également ornées...mais je ne les ai pas retrouvées !

La tombe de Maximilien Joseph Buisseret à quant à elle perdu son buste.

Les célébrités : les incontournables...

Elles sont ailleurs !

... mais aussi

-  Eugène CHRISTOPHE (1885-1970) : champion cycliste surnommé « le Vieux Gaulois ». Champion de France de 1909 à 1914, chaque année, puis en 1921, il fut le premier porteur du maillot jaune en 1919 : c’était là une idée d’Henri Desgrange qui souhaitait distinguer plus facilement et honorer le leader du classement général. A deux reprises du Tour, Eugène Christophe cassa sa fourche : la première fois, en 1913, il est renversé par une voiture dans la descente du Tourmalet. Le règlement interdisant alors toute assistance en course, le coureur dut lui-même trouver une forge après une marche d’environ 15 kilomètres et réparer sa fourche : cet indident un fit un véritable héros. La seconde fois en 1922, il cassa sa fourche dans la descente du Galibier, et gagna Saint-Jean-de-Maurienne sur le vélo d’un prêtre. Il pose avec son vélo sur la photo qui orne sa tombe.
-  Gaétan GATIAN de CLÉRAMBAULT (1872-1934) : Psychiatre, ethnologue, photographe, il est resté des années médecin chef des urgences psychiatriques de la Préfecture de Paris et, comme tel, se voyait amener des personnes « manifestant des troubles mentaux et portant atteinte à l’odre public ». Sa théorie sur les psychoses délirantes passionnelles est issue de son travail auprès de ces malades de passage. Jacques Lacan fera plus tard de Clérambault son seul maître. Egalement esthète, Clérambault se passionnait pour l’étude du drapé, qu’il enseigna à l’Ecole nationale des beaux-arts. Entre 1917 et 1920, il prit plus de 40 000 photos au Maroc, dont certaines ont rejoint les collections du musée de l’Homme. Ses descriptions du drapé l’amènèrent au bord de ce qui deviendra plus tard, avec Lacan, la topologie de l’inconscient.

Gaétan de Clérambault mourut en 1934 de manière dramatique : devenu aveugle, il se suicida chez lui, par arme à feu, devant son miroir. La vie et l’oeuvre de Clérambault ont été adaptées au cinéma, entre autres dans Le Cri de la soie (1996) de Yvon Marciano. Une stèle islamique gravée rapportée d’un de ses nombreux voyages au Maroc a , comme il en avait exprimé le désir, été dressée il y a quelques années après être restée très longtemps dans les sous-sols du Musée de l’Homme, derrière sa tombe. Pour plus d’info, je renvoie au site de mon ami Michel Caire, psychiatre passionné de cimetières également, auteur des deux photos qui suivent.
-  Pierre GUÉRINO VETEZE (1895-1952) : Accordéoniste virtuose, il connut son heure de gloire entre les deux Guerres avec son orchestre musette dont fit partie son ami Django Reinhart. Il fut l’auteur de quelques compositions, dont la plus connue est Brise napolitaine, reprise par Yvette Horner.
-  Le metteur en scène Guy KAYAT (1938-1983) qui créa à Malakoff des cours dramatique pour les jeunes de la ville. On lui confia à partir de 1968 la responsabilité d’un festival annuel à dominante théâtrale, le Mai culturel de Malakoff. Il reposerait sous une composition moderne dans la 7ème division que je n’ai pas retrouvé.
-  Le romancier Paul MAHALIN (1828-1899), qui se fit connaître en réalisant des suites à l’oeuvre d’Alexandre Dumas. Il avait à son époque une bonne notoriété.
-  Le sculpteur Charles OBBIALERO (1885-1913), qui repose sous un médaillon en bronze par Alexandre Morlon.
-  Léon SALAGNAC (1894-1964) : ouvrier et syndicaliste, résistant durant la Seconde Guerre mondiale, il fut maire communiste de Malakoff de 1945 à sa mort, et député de la Seine de 1962 à 1965. Il repose sous un buste de Garreau dans la 18ème division.


[1Le gardien du cimetière m’a envoyé un mail m’assurant que la première inhumation datait de 1896


Commentaires

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MALAKOFF (92) : cimetière
dimanche 5 mai 2013 à 21h30 - par  Bernadette Bessodes

Il est à rajouter Paul Redonnel, écrivain et fondateur du journal « La Plume », né le 21 janvier 1860
à Cournonterral (34), décédé le 20 février 1935 à Paris et inhumé au cimetière de Malakoff (92)
à partir du blog ci-dessous :
http://bibliophilelanguedocien.blogspot.fr/2012/02/paul-redonnel-1860-1935-un-ouvreur-des.html

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