CHENAC-SAINT-SEURIN-D’UZET (17) : cimetière de Saint-Seurin d’Uzet

samedi 18 juin 2022
par  Philippe Landru

Cette commune est le résultat de la fusion, en 1965, de deux communes distantes d’environ trois kilomètres : Chenac-sur-Gironde, village d’agriculteurs et de viticulteurs perché sur un coteau dominant l’estuaire de la Gironde, et Saint-Seurin-d’Uzet, petit port de pêche qui fut un temps un important centre de production de caviar.

Au début du XXe siècle, Saint-Seurin-d’Uzet est un modeste port de pêche en bordure de Gironde. On y pêche aloses, piballes (alevins d’anguilles), mais aussi esturgeons. Ce poisson, connu localement sous le nom de « Créa » (ou creac), est pêché depuis des siècles dans l’estuaire : cependant, si la chair est consommée par les pêcheurs, ceux-ci se servent des œufs - le caviar - comme d’aliments pour nourrir leur basse-cour. En 1916, une aristocrate russe séjournant sur la côte a l’idée de visiter les villages alentour. Arrivant à Saint-Seurin, elle assiste médusée au spectacle des pêcheurs jetant aux canards de grosses masses noires de jais. Scandalisée, elle aurait alors eu ces mots : « Malheureux ! Vous rejetez les œufs de ce poisson qui est le meilleur et le plus cher, c’est un crime. Monsieur, chez nous on les recueille précieusement et on les conserve sous le nom de caviar. ».

Au début des années 1920, en exil après la révolution russe de 1917, elle envoie son mari, un ancien officier de la garde du tsar, le capitaine Scott, initier la population locale à la production de caviar. Prenant conscience de la valeur du produit jusque-là jeté au rebut, de nombreux habitants se tournent vers cette activité lucrative. À Paris, dans les années 1920, la maison « Prunier » est la première à commercialiser le « Caviar de Gironde ». Jusque dans les années 1950, la production annuelle atteignait 3 à 5 tonnes. Cependant, du fait de la pêche intensive, l’esturgeon se raréfia dans l’estuaire de la Gironde. En 1982, sa pêche fut officiellement interdite : des fermes aquacoles, implantées dans différentes communes de la région, permettent à la production de caviar de Gironde de se maintenir quelque peu, mais de façon plus confidentielle qu’autrefois.

Cette activité est présente dans le cimetière, avec la présence de pêcheurs qui se spécialisèrent dans ce domaine : c’est le cas de Pascal Ephrem (1900-1976), ou encore de René Milh (1891-1973), dont la sépulture représente un bateau tirant un créac.

Dans ce cimetière repose Guy MORANDIÈRE (1913-1962), qui fut un pionnier de la plongée sous-marine, en particulier dans l’équipe du commandant Cousteau.


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vendredi 14 février 2014

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