POITIERS (86) : cimetière Chilvert

visité en juillet 2020
mercredi 14 octobre 2020
par  Philippe Landru

Créé en 1797, le cimetière de Chilvert est un des plus anciens de la ville. Il fait 6 hectares. Le moins que l’on puisse dire est que l’on trouve quasiment aucune information sur Internet le concernant. On y distingue clairement la partie ancienne, très végétale et qui contient l’essentiel des tombes dignes d’intérêt, de la partie moderne, beaucoup plus quelconque.

Sa partie ancienne, envahie par le lierre, rend la lecture des tombeaux abîmés difficile, mais donne au site un caractère romantique indéniable.


Curiosités


-  Un monument en hommage au réseau Renard et à ses 52 agents morts pour la France. Ce groupe de résistance à l’occupation nazie dans le Poitou avait été fondé dès 1940 par Louis Renard. L’objectif du réseau était d’assurer des opérations de propagande anti-vichyste (journal clandestin Le Libre Poitou) puis de préparer l’accueil de troupes d’invasion d’Angleterre et d’établir des liaisons avec d’autres groupes de résistants. Il fut découvert en été 1942. Près de 100 personnes furent arrêtées, principalement à Poitiers. La plupart furent relâchées mais 29 personnes furent déportées en Allemagne début 1943 et 11 (dont tous les dirigeants) guillotinées à la prison de Wolfenbüttel, en Basse-Saxe, en décembre 1943.

- Emile Rouchier (+1910) et son épouse disposent d’une pyramide pour tombeau.

- Le chanoine Camille Rouland (+1866) a été statufié en gisant.

- Dans la partie ancienne du cimetière se trouve un cèdre du Liban d’âge vénérable puisqu’il fut probablement planté lors de la création du cimetière à la fin du XVIIIe siècle.

- La grand-mère de François Mitterrand, Zelma Laroche, repose dans ce cimetière.

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Bronze du capitaine Descoust (+1931)


Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


- L’orientaliste Louis Gabriel Galdéric AUBARET (1825-1894), issu de la noblesse de l’Hérault, qui fut spécialiste des langues orientales, en particulier annamite, après avoir participé dans la Marine à la conquête de la Cochinchine. Il fut également consul de France.

- Le Professeur de philologie et d’antiquités grecques et romaines à l’Université de Poitiers Edouard AUDOUIN (1864-1933), auteur de plusieurs ouvrages.

- L’écrivain Louis François Marie BELLIN de la LIBORLIÈRE (1774-1847), qui émigra pendant la Révolution, auteur de romans gothiques et de pièces de théâtre.

- Le peintre paysagiste Aristide BENON (1853-1924).

- Olivier BOURBEAU (1811-1877), député de la Vienne de 1848 à 1849, puis de 1869 à 1870 ; sénateur du département de 1876 à 1877, qui fut ministre de l’Instruction publique de 1869 à 1870.

-  Le conventionnel Charles COCHON de LAPPARENT (1750-1825) : Député du tiers état aux Etats généraux (1789), membre du Club des Jacobins, il fut élu par le département des Deux-Sèvres à la Convention où il fit partie de la commission des « vingt-et-un » chargée d’établir l’acte d’accusation du roi, dont il vota la mort. Après le 9 thermidor, il fut chargé de mission en Hollande, Le département de la Vendée l’envoya en 1796 au Conseil des Anciens. Ministre de la police (1796-1797) au moment de la conspiration de Babeuf, il fut accusé d’avoir favorisé ce dernier en dissimulant des pièces compromettantes et interné après le 18 fructidor à l’île d’Oléron. Brumaire en fit le préfet de la Vienne (2 mars 1800), puis des Deux-Nèthes (29 juillet 1805), Napoléon Ier le couvrit d’honneurs : il le nomma chevalier de l’empire et sénateur, puis comte de l’empire. Préfet de la Seine-Inférieure pendant les Cent Jours, il fut exilé en Belgique en 1816, mais put rentrer en juillet 1819. Parmi ses descendants figure le doyen des comédiens français, Hubert de Lapparent.

- Sylvain DRAULT (1795-1848) : avocat, il fut chargé de la défense de Jean- Baptiste Berton, coupable d’insurrection. Député de la Vienne de 1833 à 1848, siégeant à gauche, sur les bancs de l’opposition, il fut réélu en 1848 mais siégea désormais à droite et mourut en cours de mandat.

- Le Compagnon de la Libération Paul GUILLON (1913-1965) : médecin militaire, officier du corps de santé des troupes coloniales françaises, il intégra les FFL. Il participa aux opérations d’Érythrée de 1941, à la campagne de Syrie et à la bataille de Bir-Hakeim et à El Alamein, puis à la campagne d’Italie. Après la guerre, il s’installa à Poitiers comme médecin généraliste. Il devint ensuite maître de conférences au Centre hospitalier universitaire de Poitiers, puis député de la Vienne de 1958 à sa mort.

-  Gaston HULIN (1882-1944) : avocat au barreau de Poitiers et journaliste, député de la Vienne de 1924 à 1928 puis de 1932 à 1933, sa nomination cette même année en tant que Sous-secrétaire d’État à la Guerre par Édouard Daladier fit scandale chez les anciens combattants car il n’avait pas participé au conflit. Ses détracteurs découvrirent et firent connaître qu’il avait été impliqué dans une affaire d’escroquerie. Il démissionna six jours plus tard du gouvernement et fut à nouveau impliqué dans l’affaire Stavisky. Aux élections de 1936, il se présenta à nouveau à Poitiers et obtint l’investiture du Front populaire, mais fut battu. Il s’engagea dans la Résistance et rejoignit le réseau Louis Renard. Arrêté en 1942, il fut déporté et mourut sous les coups de bâton des gardes pour être tombé d’épuisement. A défaut de tombe, le caveau familial lui tient lieu de cénotaphe.

- Claude-Arnould POUTE (1730-1806), qui fit carrière dans Marine royale et passa l’essentiel de sa vie sur les vaisseaux du roi, ainsi qu’à Rochefort et Toulon. Il prit part aux combats de la guerre d’indépendance des États-Unis d’Amérique. En 1782, il fut nommé inspecteur général des troupes de la marine, et en 1784, inspecteur du corps royal des canonniers-matelots. Promu contre-amiral, il émigra à la Révolution et commanda dans l’armée des Princes.


Merci à Thierry Bord pour le complément photos.


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vendredi 14 février 2014

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