CORDY Annie (Léonia Juliana Cooreman : 1928 - 2020

Cimetière Abadie de Cannes (06)
dimanche 20 septembre 2020
par  Philippe Landru

Artiste à la carrière éclectique, elle a tout mené de front pendant plus de soixante-dix ans, à la fois meneuse de revue, chanteuse d’opérette et de variétés, comédienne, actrice de cinéma ou de télévision. Belge d’origine modeste, elle grandit dans une atmosphère musicale entre disques et radio allumée en permanence, et suivit une formation en solfège et en danse.

Dès 1944, accompagnée par sa mère, elle s’inscrivit dans des radio-crochets. Les engagements s’enchaînent et, en 1948, elle enregistra ses premiers 78-tours, faits de reprises, et décrocha, à 18 ans, un contrat de meneuse de revue à Bruxelles. Remarquée par le directeur artistique du Lido à Paris, qui cherchait une nouvelle meneuse de revue, elle débarqua dans la capitale en 1950 et prit le pseudonyme d’Annie Cordy. Elle y rencontra son futur mari, François-Henri Bruneau, dit « Bruno », de dix-sept ans son aîné, qui fut à ses côtés pendant plus de quarante ans en tant que manageur.

Dès 1952, elle fit une entrée remarquée dans le monde de l’opérette dans La Route fleurie, avec Bourvil. Parallèlement, elle commença avec succès une carrière de chanteuse et fit ses premiers pas au cinéma dans Si Versailles m’était conté (1954), de Sacha Guitry, ou la version filmée du Chanteur de Mexico (1956), avec Luis Mariano. Véritable artiste de music-hall, elle se produisit à Bobino, à l’Olympia, et partit en tournée à l’étranger.

Actrice souvent de second rôle dans des films à grande distribution, elle dévoila une palette de jeu variée, comique, comme dans Poisson d’avril (1954), de Gilles Grangier, Ces messieurs de la gâchette (1970), de Raoul André, mais aussi dramatique, comme dans Le Passager de la pluie (1970), de René Clément, où elle joue un rôle de mère alcoolique, ou Le Chat (1971), de Pierre Granier-Deferre, en prostituée, confidente de Jean Gabin. Elle joua invariablement dans des films d’auteurs tels que La Rupture (1970), de Claude Chabrol, Rue Haute (1976), d’André Ernotte, ou dans des films populaires tels que Elle court, elle court la banlieue (1973), de Gérard Pirès. Et multiplia les succès sur scène, tant dans des récitals que dans des comédies musicales, comme Hello Dolly (1972), Nini la Chance (1976), qui restèrent plusieurs années à l’affiche.

Très demandée par la télévision dans les années 1970 et 1980, l’artiste eut à son actif plus de 700 chansons, dont près de 40 tubes qui ont fait les grandes heures des radios et des shows télévisés (La Bonne du curé, Ça ira mieux demain, Tata Yoyo, Cho ka ka O).

Parisienne depuis les années 1950, elle déménagea près de Cannes, à la fin de sa vie, avec sa nièce. C’est là qu’elle repose, dans le caveau de ses parents, et non avec son mari qui repose au Père Lachaise.


Merci à François Rossi via Jean-Philippe Amoros pour la photo.


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