LES ESTABLES (43) : cimetière

visité en août 2020
jeudi 20 août 2020
par  Philippe Landru

C’est dans un beau paysage de moyennes montagnes que reposerait un individu que l’on imaginerait bien davantage dans un cimetière parisien !

Deux ans après son arrivée à Paris en 1886, Joseph Gibert ouvrit une librairie boulevard Saint-Michel. Auparavant bouquiniste sur le parapet du quai Saint-Michel, l’ancien professeur de lettres classiques au collège Saint-Michel de Saint-Étienne, disposa, dès lors, d’un magasin qui se spécialisa dans la vente de livres scolaires d’occasion. Au moment même où Jules Ferry rendait l’école gratuite et obligatoire, l’établissement prospéra. En 1915, les deux fils Gibert succédèrent à leur père à la tête de la librairie.

En 1929, Joseph GIBERT, fils aîné du fondateur, ouvrit sa propre librairie au 30 du boulevard (l’actuelle papeterie). Son frère cadet, Régis, conserva la librairie historique, qui prit alors le nom de Gibert Jeune. L’enseigne Gibert s’est par la suite développée dans le Quartier latin. La société a en parallèle développé un réseau de librairies dans toute la France (Dijon, Saint-Étienne, Clermont-Ferrand, Poitiers, Toulouse, Montpellier, Lyon...).

Joseph reposerait dans ce petit village de la Haute-Loire. Reposerait, car rien n’est moins certain !...

La source unique de cette localisation est Bertrand Beyern qui l’y fait reposer. On observe cependant beaucoup de confusions :
- Le Joseph indiqué sur la tombe porte pour dates 1896-1969.Sur Généanet, une généalogie étudiée indique pour le libraire les dates de 1892-1972, le faisant mourir à Clamart.
- Autre interrogation : pourquoi son épouse, Germaine Ferri-Faggioli, morte en 1996, ne reposerait pas dans le caveau ?
- Si la plaque du caveau indique beaucoup de Gibert, nom toujours porté dans la commune, on y retrouve aucun autre membre de la famille du libraire : ni sa sœur Marie, née et morte en 1889, ni son frère Régis (1900-1985), mort à Paris, ni même ses parents (Joseph :1852-1915, et Elise Soulalioux, tous deux morts à Paris).

Alors évidemment, il y a un lien de famille puisque le père de Joseph « aîné » était bien né aux Estables [1]mais ma conclusion est que ce tombeau n’est pas celui du libraire [2], mais de cousins assez proches. Et tout laisse à penser que les Gibert reposent bien dans des cimetières parisiens ou de proches banlieues (Clamart ?). Voilà qui relance la recherche !

Il est intéressant de noter que dans son dictionnaire, Beyern, dont le sérieux n’est plus à démontrer, n’indique aucune date pour Joseph Gibert comme il le fait pour tous les autres... Peut-être a-t-il fait face aux mêmes interrogations que moi. Je lui en parlerai lors d’une prochaine rencontre.

Signalons la présence d’une chapelle où repose l’abbé Charre, qui officia dans la région mais était originaire des Estables. Cette chapelle servit par la suite de sépulture aux curés qui suivirent. On y trouve, outre des objets pieux, des reliques, ossements, et même deux crânes dans des reliquaires.


[1On remarque également la présence dans le caveau d’une Marie Noyer, et que l’épouse de Régis, frère de Joseph, était une Ernestine Noyer.

[2Précisons qu’il n’y a pas d’autres caveau Gibert dans ce petit cimetière.


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