RIVIERE Caroline (1793-1807)

JPEG - 2.2 ko Père-Lachaise - 42ème division
dimanche 3 février 2008
par  Marie Beleyme

JPEG - 25 ko Comme dans un portrait renaissance, la demoiselle est représentée debout devant un paysage idyllique et baigné de soleil où coule une rivière qui est peut-être là pour rappeler le nom du modèle. On trouve dans cette peinture une exemple de « monstre » ingresque (le terme est d’Odilon Redon). Les bras trop longs sont le contrepoint du visage à l’ovale parfait reposant sur de très (trop ?) frêles épaules. Ingres, que l’on qualifie volontiers de classique, montre ici à quel point il ne l’est pas : il préfère sacrifier le réalisme des proportions au profit de l’équilibre de la composition. Caroline, qu’Ingres trouvait « ravissante », nous dévisage, à la fois innocente, teint de porcelaine et fraîche robe de mousseline blanche, et sensuelle, dans une étole d’hermine et les mains et avant-bras gantés d’or... Le portrait, qui date de 1805, fut exposé au Salon de 1806 où il ne fut apprécié que du fait de la fraîcheur du sujet qu’un critique compara à « un bouton de rose ».

Malheureusement le bouton n’eut pas le temps d’éclore : la demoiselle mourut l’année suivante, à peine âgée de 14 ans. Elle repose toujours au Père-Lachaise, dans la 42ème division, non loin de Sarah Bernhardt et dans l’ombre quasi perpétuelle d’une imposante chapelle. Un médaillon, abîmé par le temps et une restauration un peu trop agressive, nous la représente de profil, les cheveux tirés comme sur le portrait d’Ingres, une demi sourire aux lèvres.

L’épitaphe est des plus classiques : « Modèle de bonté et de beauté, elle fit le bonheur de ses parents et l’admiration de ceux qui la connurent. » Son père, Philibert, vint la rejoindre dans la tombe en 1816. Son frère Paul fut inhumé des années plus tard, en 1860.
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