HOUVILLE Gérard d’ (Marie-Louise de Hérédia : 1875-1963)

Père Lachaise - 94ème division
samedi 4 juillet 2009
par  Philippe Landru

Romancière et poétesse française, fille de José-Maria de Heredia, elle fréquenta dès son plus jeune âge poètes et artistes. Leconte de Lisle, Anna de Noailles, Paul Valéry ont été accueillis chez elle ou chez son père. Elle écrivit ses premiers vers à la Bibliothèque de l’Arsenal, dont son père était directeur. Sa vie sentimentale et familiale fut assez agitée : épouse de Henri de Régnier, elle fut la maîtresse de Pierre Louÿs. Elle eut par ailleurs d’autres amants, dont le poète Gabriele d’Annunzio.

Son pseudonyme vient de « Girard d’Ouville », nom de jeune fille de sa grand-mère paternelle. Sous ce nom de plume elle reçut en 1918 le 1er prix de littérature de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre.

À partir de 1894, elle publia des poèmes dans La Revue des Deux Mondes. Son premier roman, L’Inconstante, parut en 1903.

Avec elle repose le fils qu’elle eut de Pierre Louÿs mais qui porte le nom de son mari « officiel » : Pierre de RÉGNIER (1898-1943). Surnommé « Tigre », le garçon montra très tôt un penchant marqué pour la noce qu’il préfèra à l’étude. L’époque s’y prêtait. Il devint un personnage incontournable des années folles. Il en fut aussi le témoin, devenu échotier pour Gringoire et La Vie Parisienne : les nuits extravagantes de Montmartre, les clubs de jazz, les cabarets russes, les saisons de Cannes ou de Deauville, les champs de courses et les casinos n’eurent bientôt plus de secret pour lui. Il mourut usé et endetté en 1943. Il fut l’auteur de plusieurs romans, dont La vie de Patachon, roman largement autobiographique évoquant, au travers du parcours de son héroïne, Emma Patachon, six mois de la vie de jeunes noctambules de bonne famille dans le Paris des années folles. Ce titre relança l’expression « mener une vie de patachon » née au XVIIIe siècle.


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