LESSEPS Ferdinand Marie, vicomte de (1805-1894)

Père Lachaise - 6ème division
vendredi 13 mai 2011
par  Philippe Landru

JPEG - 8 ko Il débuta une carrière de diplomate à 20 ans, attaché d’ambassade à Lisbonne avec son oncle, dans un premier temps, avant de rejoindre son père à Tunis. En 1832, il fut nommé vice-consul à Alexandrie, en Egypte. Trois en plus tard, il monta en grade et devint consul général à Alexandrie. C’est à cette époque qu’il devint également le précepteur de Mohamed-Saïd, le fils de Méhémet Ali, « vice-roi » d’alors. Il développa une grande amitié avec Mohamed-Saïd, une amitié qui jouera, par la suite, un rôle central pour sa carrière... Sa carrière de diplomate prend fin en 1849 suite à l’échec des négociations de la campagne des Français à Rome.

En 1854, Mohamed-Saïd prit la place de son père. Ferdinand de Lesseps reprit alors contact avec lui pour lui parler du projet qui lui tenait à cœur : le canal de Suez, « canal des deux mers ».

Le 30 novembre 1854, Mohamed-Saïd accorda à « son ami Ferdinand de Lesseps le pouvoir exclusif de constituer et de diriger une compagnie universelle pour le percement de l’isthme de Suez et l’exploitation d’un canal entre les deux mers ». Après trois années de démarches incessantes, Lesseps entame le creusement du canal inauguré en 1869.
Sa renommée devint internationale. Il fut membre libre de l’académie des sciences en 1873, et entra à l’Académie française en 1884.

Six ans plus tard, en 1879, Ferdinand de Lesseps accepta de prendre les opérations pour la construction du canal de Panama. Cette opération fut un échec total. Les travaux commencés début 1881, connurent de sérieuses difficultés dues aux conditions climatiques (précipitations abondantes), sanitaires (fièvre jaune, malaria) et géographiques (Ferdinand de Lesseps mit deux ans pour se laisser persuader que la solution est un canal à écluses, afin de surmonter un mont de 87 mètres). La situation financière s’aggravant, la liquidation de la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama fut prononcée en 1889.

En 1891 une plainte est déposée pour fraude et abus de confiance contre Ferdinand et Charles de Lesseps, son fils, et contre les administrateurs da la compagnie du canal. En 1893, la Cour d’appel de Paris condamna les Lesseps à cinq ans de prison et 3 000 F d’amende. Seul son grand âge - 88 ans - évita à Ferdinand l’exécution de la peine.

Dans la chapelle familiale repose également son père, Mathieu de LESSEPS (1771-1832) : diplomate et fonctionnaire français, époux de la grand-tante de la future impératrice Eugénie de Montijo, il fut d’abord Consul français au Maroc. Il rejoignit l’armée d’Égypte en 1800, fut préfet du Cantal durant les Cent Jours, puis tour à tour Consul-général à Philadelphie, à Alep, puis à Tunis.

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Il existe une particularité peu connue concernant Ferdinand de Lesseps : il mourut dans son château de La Chesnaye près de Guilly, dans l’Indre, puis fut embaumé pour être transporté au Père Lachaise. Un obélisque blanc, contenant son sang, se trouve donc au cimetière de Guilly (36). JPEG - 21.8 ko JPEG - 25 ko


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Merci à Bruno Pignon pour les photos de Guilly.


Commentaires

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LESSEPS Ferdinand Marie, vicomte de (1805-1894)
lundi 1er février 2016 à 22h04 - par  Jean-Claude GAPIN-FREHEL

Pour compléter cet étrange « double enterrement », je me souviens parfaitement que mes grands parents ( originaires de Vatan, en toute proximité) me montraient , enfant, un champ appartenant à mon grand père au milieu duquel se trouvait un arbre énorme avec un vaste cercle non cultivé sous sa frondaison. Il m’indiquaient que c’est sous cet arbre qu’avait été enseveli en secret le cœur de Ferdinand de Lesseps.
En découvrant qu’il avait été embaumé ( donc éviscéré a priori) ce récit qui m’a toujours frappé ( hélas sans que mon jeune âge ne me permette de poser de questions complémentaires) prend une incroyable vraisemblance.