AMBERT (63) : cimetière

Visité en août 2019
mardi 17 mars 2020
par  Philippe Landru

Ouvert en 1851, le cimetière d’Ambert nous invite à une visite où les célébrités demeurent plutôt locales, mais où certains tombeaux anciens ont été maintenus là où dans tant d’autres cimetières ils ont disparu.


Curiosités


- Dans la tombe Soleillant reposent plusieurs membres d’une famille ayant fait carrière dans la médecine. Marie-Henriette (1890-1971) fut une pionnière, devenant pharmacienne à une époque où cela était très rare pour les femmes. Son frère Jean (1903-1926) vint à Paris faire des études de médecine. Externe dans un service de tuberculeux, il mourut de tuberculose à 23 ans. On lui donna à titre posthume la médaille d’or des Epidémies.

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Un squelette dans son linceul, rare dans un cimetière de cette taille


Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


- Georges COURTIAL (1866-1932) : maire d’Ambert, il fut député du Puy-de-Dôme de 1919 à 1924, inscrit au groupe des Républicains de gauche.

- Le lieutenant Paul GORCE (1893-1917), qui devint l’un des premiers officiers observateurs aériens permettant le réglage des tirs d’artillerie par radio et participa à de nombreuses missions opérationnelles très périlleuses. Il tomba en Lorraine à bord d’un avion de reconnaissance Farman.

- André IMBERDIS (1810-1876) : Premier avocat général à la Cour d’appel de Riom, puis magistrat à Agen, il fut auteur de romans et de plusieurs ouvrages sur l’histoire de l’Auvergne.

- L’historien de l’Auvergne Franck IMBERDIS (1893-1969).

- Etienne LAVIGNE (1813-1895) : député du Puy-de-Dôme de 1848 à 1849, siégeant à gauche, il fut incarcéré à Orléans à la suite du coup-d’Etat de 1851.

- Le politicien Etienne-Christophe MAIGNET (1758-1834) : avocat, il fut élu en 1791 à l’Assemblée législative, où, ami de Couthon et de Robespierre, il siégea à gauche. Représentant en mission sous la Convention nationale, il participa à la répression des insurrections fédéralistes, notamment lors du siège de Lyon. Inquiété pendant la réaction thermidorienne, il reprit ses activités d’avocat dans son pays natal et devint maire d’Ambert en 1798. Il connut l’exil sous la Restauration.

-  Le général Lucien MAUREL (1871-1943), commandeur de la Légion d’Honneur.

- L’écrivain Henri POURRAT (1887-1959) : ethnologue, il recueillit la littérature orale d’Auvergne. En dehors d’une année passée à Paris, au Lycée Henri IV, il ne quitta jamais sa terre natale que pour de rares et brefs déplacements. En décembre 1921, il obtint le prix du Figaro pour le premier volume de Gaspard des Montagnes et, dix ans plus tard, pour l’ensemble des quatre volumes ; le grand prix du roman de l’Académie Française. Son œuvre, particulièrement vaste (une centaine d’ouvrages) est fort diverse : poèmes de jeunesse, romans, biographie, essais historiques, philosophiques ou religieux, contes... Loin d’être le cadre étriqué d’un régionalisme folklorique, l’Auvergne est pour lui le lieu privilégié pour découvrir et comprendre la nature et l’esprit paysan et , par là même « atteindre l’universel ».
En 1941 Henri Pourrat reçut le prix Goncourt pour Vents de Mars. Il fut par ailleurs auteur du Chef Français, ouvrage hagiographique sur le Chef de l’État Français le Maréchal Pétain, et devint le chantre officiel du « Retour à la Terre » prôné par le Nouveau régime de Révolution Nationale. Les douze ou treize dernières années de sa vie sont entièrement consacrées au monumental Trésor des Contes auquel il attachait une grande importance.

- Le pilote Roger VERSINI (1919-1966), qui fut membre du prestigieux régiment du Normandie-Niemen.

- L’écrivain Alexandre VIALATTE (1901-1971). Germanophone, il fut de 1922 à 1928 secrétaire de rédaction de La Revue Rhénane en Allemagne, dans la zone occupée par les forces françaises. C’est à cette occasion qu’il fit la rencontre de l’œuvre de Kafka. Immédiatement passionné, c’est lui qui introduisit Kafka en France et le traduisit. Professeur de français au lycée franco-égyptien d’Héliopolis, près du Caire, il s’engagea en 1939 et fut fait prisonnier en 1940, ce qui provoqua en lui un effondrement psychologique qui le conduisit à l’hôpital psychiatrique. En 1948, il retourna à Ambert, puis s’installa à Paris. À côté de quelques romans salués par la critique (Les fruits du Congo), dont beaucoup sont posthumes, Vialatte excella surtout dans les formes courtes de l’article, de la chronique, de l’almanach (la NRF, Spectacle du monde, Elle, Marie-Claire). Il fut un grand ami d’Henri Pourrat, inhumé dans le même cimetière.

- Antoine VIMAL-TEYRAS (1756-1845), qui fut député du Puy-de-Dôme de 1815 à 1816.


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vendredi 14 février 2014

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