Les tribulations de l’explorateur Savorgnan de Brazza

jeudi 12 septembre 2013
par  Philippe Landru


Transfert des cendres de l’explorateur Savorgnan de Brazza


Dépêche AFP du 29 septembre 2006

Les cendres de l’explorateur français Pierre Savorgnan de Brazza et de cinq membres de sa famille seront transférés samedi d’Alger, où il repose depuis 1905, vers Brazzaville, a-t-on appris vendredi auprès de l’ambassade de France.

Le caveau familial situé au cimetière chrétien des Brus, dans le quartier d’El Madania, sur les hauteurs d’Alger, sera ouvert samedi matin en présence de membres de la famille de l’explorateur, ainsi que des ambassadeurs de France et du Congo et de représentants des autorités algériennes, a-t-on précisé de même source. Le caveau familial est un imposant monument, le plus élévé du cimetière. Il était autrefois surmonté d’un buste de l’explorateur, qui a été volé depuis.

La cérémonie officielle de réinhumation aura lieu le 3 octobre à Brazzaville en présence du ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, selon ce ministère. La dépouille de l’explorateur doit d’abord transiter par Franceville, au Gabon, selon la fondation Savorgnan de Brazza.

Initialement prévu en octobre 2005, le transfert a été reporté à deux reprises, sans raison officielle.

Selon des sources proches du dossier, ces reports avaient pour principale origine une crise de succession qui déchire la communauté des Téké, l’ethnie majoritaire au Congo, dont le roi avait signé en 1880 un traité autorisant Brazza à s’installer sur les rives du fleuve Congo.

Elu selon la coutume en octobre 2004, le roi Auguste Nguempio est contesté par un autre roi, Maurice Intsilambia, choisi par des chefs traditionnels « dissidents » soutenus par le gouvernement.

La famille de l’explorateur avait posé comme condition au transfert de ses cendres la reconnaissance par les autorités congolaises de la légitimité du roi Nguempio, a expliqué à l’AFP une source proche de la fondation Brazza.

A l’issue d’une réunion le 7 septembre avec des représentants des deux rivaux, le président congolais Denis Sassou Nguesso a décidé d’inviter le roi Nguempio à la cérémonie de transfert de la dépouille de l’explorateur, a poursuivi cette source.

Interrogé par l’AFP, un proche du roi a indiqué récemment qu’il attendait cette invitation, qui signifie la fin de la crise, « dans les meilleurs délais », selon lui.


Congo : Brazza a été inhumé


Les dépouilles de l’explorateur français, Pierre Savorgnan de Brazza, et des membres de sa famille ont été inhumées à Brazzaville dans un mausolée construit en son honneur. L’opposition congolaise dénonce la construction du monument et le transfert des restes de Savorgnan de Brazza dans leur pays. L’explorateur Pierre Savorgnan de Brazza, son épouse et ses quatre enfants reposent désormais dans la capitale à laquelle il a donné son nom. Trois chefs d’états africains ont assisté à la cérémonie d’inhumation ce mardi. Il s’agit des présidents Omar Bongo Ondimba du Gabon, François Bozizé de la Centrafrique et l’hôte Denis Sassou Nguesso du Congo. La France était représentée par son ministre des affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy. L’inhumation de Pierre Savorgnan de Brazza n’a pas suscité apparemment un engouement populaire.

Pierre Savorgnan de Brazza a été enterré dans un mausolée de marbre blanc érigé à son honneur près de l’hôtel de ville de Brazzaville. Le monument aurait coûté plus de 6 millions d’euros financé par le Congo et la France. Ce sont d’ailleurs, les autorités congolaises et françaises qui ont travaillé ensemble ces derniers mois pour que les restes de celui qui a conquis le côte nord du Congo pour la France soient transférés à Brazzaville.

Le « retour de Brazza » n’est pas du goût de tout le monde cependant au Congo. « C’est un mémorial qui coûte très cher. Et on le voit par sa stature, par l’immensité des travaux. Dans un contexte socio-économique essentiellement marqué par les difficultés de vie de la population, on n’a pas de raison de comprendre pourquoi les pouvoirs publics construisent un monument aussi grand, a déclaré l’opposant Joseph Wabari de l’UPADS. L’opposition dénonce par ailleurs un mémorial qui »fait l’apologie du colonialisme".

Ceux qui ont initié le projet de mausolée et leurs sympathisants rétorquent à ces critiques que Pierre Savorgnan de Brazza n’était pas un colon comme les autres, en témoigne, selon eux, l’épitaphe sur son caveau à Alger : « Sa mémoire est pure de sang ».


Le Congo condamné à rendre la dépouille de l’explorateur Savorgnan de Brazza


Dépêche AFP du 12 septembre 2013

La justice française a ordonné la restitution par le Congo de la dépouille de l’explorateur français Pierre Savorgnan de Brazza à ses descendants, sept ans après sa réinhumation solennelle dans un mausolée de Brazzaville, selon un arrêt consulté jeudi par l’AFP. La cour d’appel de Paris a donné mercredi raison à quinze descendants de l’explorateur français d’origine italienne, qui reprochaient au Congo de ne pas avoir respecté des engagements pris en 2006 en échange du transfert de sa dépouille dans la capitale congolaise.

Explorateur qualifié d’« humaniste » par ses admirateurs, Savorgnan de Brazza (1852-1905) avait en 1880 permis à la France de prendre possession du Congo à la faveur d’un traité de paix conclu avec le roi Makoko Iloo Ier. Sa dépouille avait été ramenée d’Alger à Brazzaville en octobre 2006 et réinhumée dans un imposant mausolée de marbre et de verre sur les bords du fleuve Congo lors d’une cérémonie en grande pompe, en présence de plusieurs présidents africains et du ministre français des Affaires étrangères de l’époque, Philippe Douste-Blazy.
Ce retour était le fruit d’un protocole d’accord signé quelques jours plus tôt à Rome entre la République du Congo et les descendants (italiens) de l’explorateur. Les Tékés, première ethnie du Congo, souhaitaient de leur côté que l’explorateur repose à Mbé -ville située à 150 km de Brazzaville- près de celle du roi Makoko. Par le protocole de 2006, les descendants de Savorgnan de Brazza acceptaient sa réinhumation dans la capitale congolaise. En contrepartie, Brazzaville prenait plusieurs engagements, comme le goudronnage de la piste menant à Mbé, la construction d’un dispensaire dans cette localité, l’érection d’une statue du roi Makoko auprès de celle de l’explorateur, l’entretien de tous les établissements congolais portant le nom de l’explorateur...

Estimant que le Congo n’avait pas respecté ses promesses, les descendants de l’explorateur ont rapidement saisi la justice française —dont la compétence en cas de litige avait été prévue par le protocole— qui les a déboutés en première instance en 2011. La cour d’appel de Paris leur a cependant donné raison, ordonnant mercredi la restitution aux descendants des restes mortuaires dans un délai de trois mois.
Contacté par l’AFP, Me William Bourdon, avocat des descendants de l’explorateur, a indiqué que ses clients réfléchissaient aux conséquences pratiques de cet arrêt. « L’instrumentalisation politique éhontée de la mémoire et de la trajectoire exceptionnelle de Pierre Savorgnan de Brazza a été sanctionnée comme il se devait par la cour », a-t-il cependant estimé. Les avocats du Congo n’étaient pas immédiatement joignables.


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