ROBERT-HOUDIN Jean-Eugène (Jean-Eugène Robert : 1805-1871)

Cimetière de Blois-ville de Blois (41)
lundi 26 novembre 2012
par  Philippe Landru

Considéré comme l’un des plus grands illusionnistes et prestidigitateurs de tous les temps, à l’origine de presque tous les « grands trucs » de la magie actuelle, ce célèbre illusionniste français fut aussi un grand constructeur d’automates.

Né Jean-Eugène Robert à Blois, il allia plus tard à son patronyme le nom de sa femme, Cécile Églantine Houdin.

Il étudia l’horlogerie, l’électricité et la construction d’automates et déposa plusieurs brevets d’inventions : il fut ainsi est le premier à perfectionner l’ampoule électrique à incandescence, mais on lui doit d’autres inventions dans un grand nombre de domaines : appareil permettant de mesurer les « touches » des escrimeurs, taximètre, appareils électromécaniques de contrôle à distance, certains instruments d’ophtalmologie...

Il découvre l’illusionnisme dans le recueil d’un bonimenteur dénonçant le charlatanisme : il entama alors sa carrière de prestidigitateur. Il ouvrit un théâtre de magie au Palais-Royal, à Paris, où il organisa à partir de 1845 des « Soirées fantastiques » qui connurent un succès immédiat. Il y présenta des automates magiques ainsi que des expériences inédites comme La Bouteille inépuisable et La Suspension éthéréenne dont la conception et l’exécution envoyaient aux oubliettes le répertoire désormais désuet de ses prédécesseurs.

En quelques années Robert-Houdin fit fortune. Il laissa son théâtre, qui entre-temps s’était installé boulevard des Italiens, à son beau-frère Hamilton. Robert-Houdin retourna vivre près de Blois. En 1888, le théâtre fut vendu par ses héritiers à Georges Méliès, lui-même illusionniste, qui fonda l’Académie de prestidigitation en 1891. Georges Méliès suivit ses traces en inventant les premiers trucages cinématographiques. Enfin, un certain Ehrich Weiss, connut une célébrité mondiale sous son nom de scène, Harry Houdini, pseudonyme qu’il adopta en hommage à Robert-Houdin.

Son origine blésoise explique la présence dans cette ville de la Maison de la Magie, ouverte en 1898.

Il repose sous une tombe ne présentant a priori aucun escamotage magique. Le médaillon qui l’orne, signé Dantan, était placé de son vivant sur la cheminée de sa salle à manger.

Dans ce même tombeau repose la descendance qu’il eut de sa seconde épouse, à savoir Marguerite Braconnier. Parmi ceux-ci se trouvent :
- son fils, le peintre Georges ROBERT-HOUDIN (1851-1925),
- sa fille Rosalie ROBERT-HOUDIN (1852-1926), sculptrice animalière,
- son petit-fils (fils de Georges), Paul ROBERT-HOUDIN (1894-1978), architecte du département, qui fut conservateur du château de Chambord.

Tous les amateurs du cimetière Montparnasse à Paris connaissent bien, dans la 12ème division, la tombe d’Emile ROBERT-HOUDIN (1831-1883) (que certains prennent d’ailleurs pour celle de Jean-Eugène). Il s’agit en réalité du fils que Jean-Eugène eut avec sa première épouse, Cécile Houdin. Il suivit les traces de son père et c’est lui qui prit la direction du Théâtre en 1873. Bien dans la tradition, sa tombe indique « horloger - prestidigitateur ».


Commentaires