JACOB Max (1876-1944)

cimetière de Fleury de Saint-Benoit-sur-Loire (45)
samedi 27 août 2011
par  Philippe Landru

Originaire de Quimper, il s’installa à Montmartre où il fréquenta toute la Bohème du quartier, dont Picasso, Braque, Matisse, Apollinaire et Modigliani. Juif de naissance, il se convertit au catholicisme après une mystique expérience : logeant au 7 de la rue Ravignan, l’image du Christ lui apparut le 22 septembre 1909 sur le mur de sa chambre et il l’entoura d’un cercle. Il se fit baptiser à l’âge de 40 ans, avec Picasso comme parrain.

Poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre, il demeure inclassable mais fut l’une des figures majeures de la modernité poétique, en prose comme en vers, du début du XXe siècle. De la même manière, s’il fréquenta tous les artistes de son temps, il n’appartint à aucune école.

Après avoir vécu à Saint-Benoît-sur-Loire de 1921 à 1928 auprès de l’abbaye bénédictine, il y revint en 1936 pour s’y retirer définitivement et y mena une vie quasi-monastique, tiraillé entre une foi sincère et son amour des jeunes garçons. C’est là qu’il fut arrêté par la Gestapo d’Orléans en février 1944, avant d’être déporté au Camp de Drancy, où il mourut d’épuisement deux semaines plus tard en dépit d’interventions tardives pour le faire libérer, dont celles de Jean Cocteau et de Sacha Guitry.

Il fut inhumé au cimetière parisien d’Ivry s/Seine dans une fosse par l’Union Général des Israélites de France chargé des décès à Drancy (celle-ci fut identifiée peu de temps après par ses proches : 44°division, 24°ligne depuis la Croix Geoffroy, 27°), puis transféré selon ses voeux en 1949 dans ce cimetière, près de l’abbatiale de Saint Benoit dans laquelle une plaque mentionne à même le sol : « Ici priait Max Jacob : 1921-1944. Magnificat ». Sa tombe a été ornée d’un de son portrait réalisé en 1935 par son ami René Iché. A l’entrée du cimetière, une plaque qui indique sa présence reproduit un poème de lui :

Allons ! Découpez-moi un bon morceau de marbre
avec dessus mon nom en lettres d’or,
vous planterez auprès tel ou tel arbre
N’oubliez pas la date de ma mort

Tout a été respecté, sauf l’arbre qui ne s’y trouve pas [1].


Merci à Claude Schwab pour les photos.


[1Peut-être pour les mêmes raisons que Musset


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