Les Stuart : une dynastie en exil

samedi 18 décembre 2010
par Philippe Landru

Entre Grande-Bretagne, France et Italie, les errances funéraires, très loin de Westminster, d’une dynastie déchue…et toutes les interrogations concernant le corps de Jacques II ! Lorsque je me suis lancé dans cet article, je ne pensais pas que ce souverain allait se jouer de moi à ce point, mais l’enquête fut captivante !


JACQUES II (1633-1701) : les errances d’un souverain


Le 22 décembre 1688, le roi Jacques II Stuart est chassé de Londres et s’enfuit sur le Continent, à la Cour de Louis XIV. Cette « heureuse et glorieuse révolution », sans effusion de sang, mit fin aux dissensions religieuses et entraîna l’instauration en Angleterre d’une monarchie parlementaire. Sur le trône prirent place deux protestants, à savoir Marie, la propre fille du roi exilé, et son époux Guillaume d’Orange, stathouder (ou gouverneur) des Provinces-Unies (Pays-Bas).

Malgré plusieurs tentatives, et l’aide de Louis XIV, Jacques II ne parvint pas à reconquérir son trône. Il mourut en 1701 au château de Saint-Germain-en-Laye. On lit le plus souvent que son tombeau se trouve dans l’église de cette cité des Yvelines…c’est beaucoup plus compliqué que cela !!

On sait avec assez de précision ce que devint le roi après sa mort grâce au tome IV des Mémoires qui furent écrites sur lui : « Le corps du roi demeura exposé vingt quatre heures dans la chambre où il était mort. On chanta toute la nuit près de lui l’office des morts, et toute la matinée on dit des messes à deux autels élevés des deux cotés de la chambre. Telle avait été pendant sa vie son humilité, qu’il avait résolu qu’elle le suivrait au tombeau, et avait ordonné, par son testament, qu’on enterrât son corps dans la paroisse sur laquelle il mourrait, sans plus de dépenses qu’on n’avait coutume d’en faire pour un simple particulier. Il ne voulait, pour tout monument et pour toute inscription, qu’une simple pierre avec ces paroles : Ci-gît le roi Jacques. Il avait informé le curé de ses intentions, et lui avait ordonné d’insister pour qu’elles fussent accomplies ; mais sa Majesté Très-Chrétienne [Louis XIV] dit que c’était la seule chose qu’il ne pût lui accorder.

Il fut donc embaumé dans la soirée : une partie de ses entrailles fut portée à l’église de la paroisse, et le reste au collège anglais à Saint-Omer. La cervelle et la partie charnue de sa tête furent placées au collège écossais de Paris, où le duc de Perth fit élever, à ses frais, un beau monument témoignant combien le collège se sentait honoré de posséder ces précieuses reliques. Sitôt que la distribution en eut été faite, et que tout fut prêt pour emporter son corps, on partit vers sept heures du soir pour l’église des Bénédictins anglais de Paris. Le cortège était composé du duc de Berwick, du comte de Middleton, des chapelains de Sa Majesté et de quelques autres de ses domestiques. Partout sur son passage il était accompagné des pleurs et des lamentations non seulement des sujets du Roi, mais des habitants des lieux qu’il traversait. On laissa son cœur à Chaillot, comme il l’avait ordonné […]. Lorsqu’on fut arrivé au couvent, le docteur Ingleton, aumônier de la Reine, remit son corps au prieur, et prononça un discours latin élégamment écrit, ainsi qu’il l’avait fait en déposant son cœur à Chaillot. Le corps fut placé dans une des chapelles latérales de l’église pour y demeurer jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu de disposer les Anglais à réparer en quelque sorte leurs torts envers lui durant sa vie par les honneurs qu’ils jugeront à propos de lui rendre après sa mort ».

Ce témoignage précieux atteste de la coutume traditionnelle concernant les souverains : celle du partage du corps en plusieurs lieux, coutume à la fois symbolique mais également pragmatique (cela permettait de contenter plusieurs institutions religieuses à la fois). On notera que Louis XIV s’opposa aux consignes de simplicité demandées par Jacques II : l’inhumation d’un souverain, a fortiori d’un souverain en exil, était un acte bien trop politique pour pouvoir se contenter d’une cérémonie simple !

Si on relit ce récit, on retient donc :
- Une partie de ses viscères fut déposée dans l’église paroissiale de Saint-Germain-en-Laye, l’autre au collège des jésuites de Saint-Omer (désormais hôpital militaire)
- Son cerveau et la partie charnue de son crâne furent déposés dans le collège des Ecossais de Paris (où il se trouve encore : voir plus loin).
- Son cœur le fut au couvent des Visitandines de Chaillot, à Paris (voir plus loin).

On ajoutera que sa tête en cire, réalisée après sa mort, fut déposée dans un couvent de Dunkerque (elle est détenue aujourd’hui par le musée des Beaux-Arts de la ville). Selon une autre tradition, un de ses bras fut confié aux Augustines, la plus ancienne communauté anglaise de Paris.

Reste le problème du corps, et c’est sur le devenir de cette « partie » du souverain que les sources se contredisent par la suite. On sait avec certitude que le corps du roi fut rejoint par la suite par plusieurs membres de la famille, dont sa fille en 1712. On sait cependant que les restes royaux furent profanés sous la Révolution : voilà ce que l’on trouve dans le Jacques Hillairet [1] le concernant : « Il avait été si bien embaumé qu’il était intact lorsque, sous la Révolution, on le sortit de son cercueil pour récupérer le plomb de celui-ci. En 1793, on payait un sou pour défiler devant son corps qui, finalement, fut transporté en 1813 à l’église de Saint-Germain-en-Laye ». Cette thèse est reprise par Bertrand Beyern qui écrit, dans son Guide des tombes d’hommes célèbres, qu’au couvent des bénédictins se serait trouvé son corps (moins son cerveau, son cœur et ses entrailles) jusqu’à son transfert en 1813 à Saint-Germain-en-Laye, puis ce corps aurait été transféré à cette date dans l’église de Saint-Germain sous le tombeau actuel.

Pourtant, d’autres sources indiquent que lors de la profanation de 1793, son cercueil en plomb fut violé et son corps jeté à la fosse commune, disparaissant pour toujours, malgré les recherches ultérieures menées par le roi George IV. Corps disparu ou corps transféré en 1813 ? Les deux thèses se contredisent. On se demande également où Hillairet a pu trouver la mention de 1813.

Le corps du roi au couvent des Bénédictins anglais, puis à la fosse commune

C’est en 1640 que des moines bénédictins anglais, fuyant le schisme en Angleterre, se réfugièrent en France et s’installèrent à Paris entre les Feuillantines et le Val de Grâce. Le couvent et l’église qu’ils fondèrent (terminé en 1677) tinrent une place à part dans l’histoire de la diplomatie française, demeurent à Paris comme l’un des témoignages du mélancolique destin des Stuarts. C’est ici que fut déposé le corps de Jacques II : sa dépouille fut placée dans une chapelle attenante à l’Eglise (actuelle salle Jacques II). Il y fut rejoint par sa fille puis plusieurs membres de sa famille. Pendant tout le XVIIIe siècle, le couvent fut le rendez-vous et le refuge des Jacobins, des Stuarts, et des aristocrates anglais qui, spoliés et traqués, émigraient en masse. Puis survint la Révolution Française. Le couvent et les bâtiments furent confisqués et servirent de maisons de détention sous la terreur. Comme nous l’avons vu, les tombeaux furent profanés et pillés et nul ne sait ce qu’il est advenu du corps de Jacques II. Sous le consulat, l’abbaye fut restituée aux « évêques catholiques de la nation anglaise ». Depuis ce temps il est resté leur propriété mais « bien de main morte » étranger, l’immeuble est placé sous la tutelle de l’État Français. De 1804 à 1900, les lieux furent transformés et loués à une manufacture de coton, à l’école polytechnique, à une école de marine, à diverses institutions religieuses, avant de trouver à l’aube du XXe siècle sa vocation d’école de musique : il est actuellement le siège de la Schola Cantorum de Paris. L’ancienne chapelle, lieu de déposition du cercueil du roi, est devenue la salle de concert de l’école.

On cherchera donc en vain le corps de Jacques II.

Les entrailles à Saint-Omer et le tombeau de Saint-Germain-en-Laye

Dès son décès, les entrailles de Jacques II furent donc partagées entre l’ancien collège des Jésuites anglais de Saint-Omer, devenu par la suite un hôpital militaire puis une annexe du lycée Ribot. J’ignore pour l’instant s’il reste une marque matérielle de l’ancienne présence de ces viscères royaux dans la cité.

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L’ancien collège des Anglais de Saint-Omer.

On peut bien davantage suivre le devenir des entrailles de Jacques II à Saint-Germain-en-Laye. Au début du XIXe siècle, celles-ci avaient disparu et on était dans l’incapacité de dire où elles pouvaient se trouver. Lorsque l’église de Saint-Germain fut refaite, entre 1766 et 1827, on découvrit dans l’emplacement du nouveau clocher, le 12 juillet 1824, trois boites en plomb, dont l’une portait une inscription gravée sur une plaque d’étain : « Ici est une portion de la chair et des parties nobles du Corps du Très-haut, Très-puissant, Très-excellent Prince Jacques, second du nom, Roi de Grande-Bretagne ». On notera que la notion « parties nobles » est inadaptée, dans la mesure où dans le langage physiologique du XVIIIe siècle, les parties nobles désignaient le cœur et le cerveau (les organes vitaux), alors que l’on sait avec certitude que ces deux organes ne se trouvèrent jamais à Saint-germain. En outre, cette dénomination désuète fit jaser par la suite, allant même jusqu’à aborder, par ignorance, l’existence d’un « tombeau des testicules » de Jacques II !

Les deux autres boites renfermaient les restes de la Reine Marie-Béatrice de Modène et de sa fille, la princesse Louise-Marie. Ces trois coffres furent placés provisoirement dans la « chapelle basse » de l’église, puis sur ordre de George IV, représenté en France par son ambassadeur, les boites furent placées dans un cercueil porté provisoirement en grande cérémonie le 22 septembre 1824 sur l’autel de l’ancienne église. L’évêque d’Edimbourg célébra l’office. En 1828, ces dépouilles furent transférées dans la première chapelle, à droite de la nouvelle église, aménagée au frais de George IV. Le curé Collignon rédigea l’épitaphe latine du mausolée qui fut commandé aux architectes Malpièce et Montier. Ce monument construit dans un style antique fut achevé en prévision de la visite de la Reine Victoria en août 1855. C’est celui qui est visible aujourd’hui. On peut regretter l’obscurité de la chapelle dans lequel ce tombeau d’entrailles se trouve. Compte tenu de la démonstration que nous venons de faire, on comprendra en quoi la plaque adossée contre le tombeau, indiquant « qu’ici repose le roi Jacques II », est, stricto sensu, exagéré. Il eût mieux valu écrire « ici repose le peu qu’il reste du roi Jacques II », mais la formule eût été sans doute trop cavalière !

Le cœur au couvent de la Visitation Sainte-Marie de Chaillot (disparu).

Là encore, le lieu et le cœur ayant disparu, c’est davantage une évocation qu’il nous faut mener.

Ce couvent avait été fondé en 1652 par Henriette de France, fille de Henri IV mais également Reine d’Angleterre puisque veuve de Charles Ier, et donc mère de Jacques II. Ce monastère dominait la colline de Chaillot et ses jardins descendaient jusqu’à la Seine. Il fut fermé à la Révolution et rasé peu après ; Napoléon envisagea d’utiliser son emplacement pour y édifier le palais du roi de Rome. On y construisit finalement en 1878 le palais du Trocadéro : actuellement, le bassin du palais de Chaillot recouvre l’emplacement de l’ancienne chapelle conventuelle.

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Le bassin de Chaillot : difficile d’imaginer un couvent en ce lieu !

Le lieu nous intéresse au point de vue funéraire dans la mesure où, dans cette chapelle, avaient été inhumées :
-  Louis de ROCHECHOUART, duc de Mortemart et de Vivonne (1636- 1688), général des Galères de Louis XIV devenu maréchal de France et vice-roi de Sicile. Frère de la marquise de Montespan et de l’abbesse de Fontevraud, Gabrielle de Mortemart, il fut l’ami de Boileau et de Molière.
-  Marie-Eléonore Béatrice d’ESTE (1658-1718) : princesse de Modène, elle devint l’épouse du roi Jacques II et connut également l’exil à Saint-Germain en Laye où elle mourut. Elle fut la mère de Jacques Stuart, prétendant au trône (le Jacques III des Jacobites, voir plus loin). Ses entrailles, selon Jacques Hillairet, avaient été portées au collège des Ecossais. Nous ajouterons qu’elles furent elles aussi séparées puisque, comme nous l’avons vu, une boite contenant une partie des entrailles de la souveraine se trouvait également à Saint-Germain-en-Laye.

Dans cette même chapelle avaient été déposés plusieurs cœurs royaux, à savoir ceux d’Henriette de France, fondatrice du couvent ; de son fils Jacques II, et enfin de la fille de ce dernier, Louise-Marie Stuart. Il ne reste évidemment plus rien de toutes ces reliques royales. A noter cependant que la plaque de son cercueil se trouve désormais au British Museum de Londres.

Le cerveau au collège des Ecossais

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L’entrée du collège des Écossais, et ses deux portes.

Installé depuis 1662 par Robert Barclay au n°65 de la rue du Cardinal-Lemoine où il se trouve encore, il résultait d’une double fondation : celle d’un collège, en 1326, par David, évêque de Murray, et celle d’un séminaire, en 1603, par Jacques de Beaton, archevêque de Glasgow, établissements tous deux destinés à des étudiants originaires d’Ecosse. Cette construction fut achevée en 1665, mais sa chapelle, dédiée à Saint-André, patron de l’Ecosse, ne le fut qu’en 1672. Située jadis au rez-de-chaussée, elle se trouve maintenant au 1er étage du fait de l’abaissement du niveau de la rue en 1685 (cette étrangeté concerne l’ensemble du bâtiment : ainsi, le portail primitif est désormais au 1er étage, tandis que La façade sur jardin n’a pas été modifiée). Fermé à la Révolution, le collège fut restitué en 1806 à l’église écossaise à laquelle il appartient toujours.

Le collège des Ecossais se visite sur demande exceptionnelle, où il faut saisir une occasion, telle les fêtes du Patrimoine. Après être entré dans le lieu et avoir gravit le très bel escalier classé, on suit un couloir qui mène au dehors : c’est là que l’on voit très clairement le dénivelé entre les deux façades du bâtiment. La cour intérieure du collège est charmante, hors du temps et de la ville. Elle donne à la fois sur des bâtiments anciens, une cour d’école, et l’extérieur de la chapelle (c’est de là seulement que l’on peut la discerner clairement).

La chapelle n’est pas grande. L’autel est surmonté d’une représentation de Saint-André.

Sous les chaises se trouve un grand nombre de plaques funéraires.

L’ensemble est évidemment dominé par le mausolée que James, duc de Perth, fit édifier en 1703 à ses frais pour contenir le cerveau de Jacques II dans une urne en bronze doré (dérobée à la Révolution : on notera les éléments disparus en comparant la gravure et la photographie).

Sur le sol, face à ce mausolée, deux plaques funéraires indiquent qu’ici furent déposées les entrailles de Marie-Béatrice d’Este-Modène, épouse de Jacques II, et celles de leur fille, Louise-Marie Stuart, morte en 1712 à 20 ans. Je signale au passage, mais j’y reviendrais en fin d’article, qu’il y a une certaine contradiction à les voir ici mais également à Saint-Germain-en-Laye !

Louise Marie Stuart, par Alexis Simon Belle.

En dehors de ces traces royales, d’autres proches furent inhumés dans cette chapelle. Selon le plan proposé ici, on y trouve, outre le roi Jacques II (1), la reine (2) et Louise-Marie (3), Mary, duchesse de Perth (4), James, 2nd duc de Perth (5), James, 1er duc de Perth (6), qui fut gouverneur du futur Jacques III, et qui fit édifier le tombeau de Jacques II, Dr Andrew Hay (7), Frances, duchesse de Tyrconnel (8), John, lord Caryll of Durford (9), et Dr Lewis Innese, aumônier de la reine mère (10).

On ajoutera à cette liste, bien qu’étrangement il ne soit pas indiqué, la présence de la dalle funéraire de Robert BARCLAY (+1665), qui était le principal du collège écossais qu’il fit rebâtir en 1662 pour lui donner l’aspect qu’il possède aujourd’hui. Il était l’oncle de son homonyme, le célèbre quaker américain. Sa dalle se signale par une belle effigie de squelette.

La suite des lieux d’inhumation des prétendants Stuart est beaucoup plus simple :


JACQUES FRANÇOIS STUART (dit le Vieux prétendant / JACQUES III pour les jacobites : 1688-1766), fils du précédent et de Marie de Modène


Héritier à la mort de son père des droits des Stuarts aux trônes d’Angleterre, d’Écosse et d’Irlande, il fut proclamé roi « Jacques III d’Angleterre et d’Irlande et VIII d’Écosse » le 16 septembre 1701 au château de Saint-Germain-en-Laye. Seuls la France, l’Espagne, Modène, ainsi que le Saint-Siège le reconnurent pour roi.

Il fut soutenu par Louis XIV, qui le fit participer à la campagne de Flandres en 1708-1709, et tenta d’organiser son débarquement en Écosse pour soulever le pays, mais ce fut un échec. Pis : le traité d’Utrecht en 1713 contraignit le roi de France à lui refuser l’asile.

Jacques Stuart s’installa donc à Bar-le-Duc, capitale du Barrois, où il mena la belle vie. En 1715, il tenta vainement un nouveau débarquement. Après cet échec, il dut aussi se résoudre à quitter son refuge Lorrain car une pression diplomatique s’exerça sur le duc Léopold. Le catholique Jacques Stuart trouva refuge sur les terres du pape, d’abord en Avignon avant de gagner Rome en 1717. En 1719, une nouvelle tentative pour le restaurer, soutenue par l’Espagne, échoua : la flotte qui devait l’emmener fut dispersée et ruinée par une tempête au large du cap Finisterre. Avec son épouse, Clémentine Sobieska, une petite-fille du roi Jean III de Pologne, il eut deux enfants, présentés un peu plus loin.

Il fut inhumé auprès de son épouse dans la basilique des Saints-Apôtres de Rome, avant que tout deux (hormis le cœur de Clémentine Sobieska, qui demeura aux Saints-Apôtres), ne soient transférés dans la basilique Saint-Pierre de Rome (voir plus loin).


CHARLES EDOUARD STUART (Bonnie Prince Charly / CHARLES III pour les jacobites : 1720-1788), fils du précédent


Nommé Prince régent en 1743, il poursuivit les rêves de restauration de son père et tenta en vain des soulèvements. La cause des Stuart étant perdue, Charles se réfugia d’abord en France, puis passa le reste de sa vie en exil. Il sombra dans l’alcoolisme et mourut à Rome.

Il fut enterré dans la Cathédrale San Pietro de Frascati (Italie) où son frère, Henri Benoît Stuart, était cardinal-évêque. À la mort de ce dernier en 1807, sa dépouille fut transférée dans la basilique Saint-Pierre, et seul son cœur fut laissé dans cathédrale de Frascati.


HENRY BENOÎT STUART (HENRY IX pour les jacobites : 1725-1807), frère du précédent.


Créé cardinal en 1747, puis cardinal-évêque en 1761, il fut proclamé roi à la mort de son frère en 1788 sous le nom d’ « Henri IX, roi d’Angleterre, d’Écosse, de France et d’Irlande. Malgré ces prétentions publiques au trône, Henri Stuart fut un homme paisible. Il fut le dernier descendant en ligne directe masculine du roi d’Angleterre Jacques II Stuart, et le dernier prince à prétendre publiquement aux trônes de Grande-Bretagne. La durée de son cardinalat, plus de soixante ans, fut l’une des plus longues de l’histoire de l’Église catholique.

Henri Stuart, ainsi que ses frère et père, furent rassemblées dans la crypte de la basilique Saint-Pierre de Rome. Le monument des Stuart, œuvre du sculpteur Antonio Canova, orne l’un des piliers de la basilique. Ce monument a été restauré aux frais de la mère d’Élisabeth II, la reine-mère Elizabeth Bowes-Lyon. En 1938, lorsqu’on a déplacé les corps, un nouveau sarcophage a été utilisé. On affirme en général qu’il a été offert par le roi George VI. Ce sarcophage se trouve dans les grottes vaticanes où il est visible.

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Mausolée Stuart dans la basilique.
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Sarcophage des Stuart dans les grottes vaticanes.

A l’issue de cette enquête captivante, quelques questions demeurent, auxquelles je n’ai pas pu donner de réponse. Si quelqu’un à une réponse certaine, qu’il n’hésite pas à se faire connaître :
- où Jacques Hillairet (information reprise ensuite par Bertrand Beyern) a-t-il trouvé la mention d’un « transfert » quelconque du corps de Jacques II en 1813 à Saint-Germain-en-Laye alors que tout laisse à penser que le souverain a disparu en 1793 ?
- Alors que l’on sait avec certitude que les entrailles de l’épouse de Jacques II et de celles de leur fille Louise-Marie furent déposées au collège des Ecossais, comment expliquer que l’on a considéré en 1824 que les boites de Saint-Germain-en-Laye contenaient ces mêmes entrailles ? Des entrailles divisées en deux parties (peu pratiqué en dehors du souverain) ? Et si ces trois boites contenaient toutes des entrailles de Jacques II ?
- Comment expliquer, dans les tribulations de la disparition du couvent de Chaillot, que la plaque du cercueil de Marie de Modène ait atterri au British Muséum ?

Enfin, dernière question à laquelle je n’ai pas encore de réponse :
- Reste-t-il une trace quelconque de la présence des Stuart dans l’ancienne chapelle de la Schola Cantorum ? Et à l’ancien collège de Saint-Omer ?


Sources :
- HILLAIRET Jacques, Les 200 cimetières du vieux Paris, Editions de Minuit, 1958
- Mémoires de Jacques II, Tome IV, 1824, p.463-465
- BOULET François, Leçon d’histoire de France : St-Germain-en-Laye, Editions franciliennes, 2006.
- http://www.jacobite.ca


[1] Les 200 cimetières du vieux Paris, Editions de Minuit, 1958


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