LISIEUX (14) : cimetière

visité en mai 2010
samedi 23 juin 2018
par  Philippe Landru


A Lisieux, Sainte-Thérèse est partout, en particulier au cimetière où elle reposa de 1910 à 1923 avant son transfert dans la chapelle du carmel (et pas dans la basilique qui porte son nom, où reposent en revanche ses parents).

Ouvert en 1870, le cimetière est donc antérieur à la naissance de Thérèse. Il offre un remarquable conservatoire de l’art funéraire du XIXe siècle. La foi catholique s’affiche malgré tout avec véhémence dans cette nécropole.


Curiosités


- Les 6 et 7 juin 1944, les bombardements alliés firent plus de 800 victimes et détruisirent la ville aux deux tiers. Un carré des victimes civiles se trouve au cimetière (où repose Paul Cornu, voir plus bas).

- L’ancienne tombe du père de Sainte-Thérèse.

- La tombe des époux Guérin, oncle et tante de Thérèse de Lisieux.

- Même s’il en existe dans un grand nombre de cimetières urbains en France, le carré des prêtres, abbés et chanoines de Lisieux est l’un des plus fournis, offrant statues, gisants, médaillons ou priants.
Au milieu de cette démesure catholique, la stèle simple d’un pasteur des Hautes-Alpes est insolite !

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Chapelle néogothique Boursin, la plus imposante du cimetière


Célébrités : les incontournables...


Aucune. Rappelons encore une fois que Sainte-Thérèse ne s’y trouve plus, mais que l’on peut encore voir sa première tombe dans l’enclos des carmélites.


... mais aussi


- Le poète André BIHOREL (1907-1966).

- Le poète Auguste BUNOUST (1888-1921), auteur d’un recueil de poésie, Les Nonnes au jardin.

- Henry CHÉRON (1867-1936) : Avocat, il inaugura sa carrière politique en 1894 en devenant maire de sa commune natale, Lisieux. Il n’avait alors que 27 ans. Mais ce ne fut que douze ans plus tard qu’il accéda à des responsabilités nationales. À peine élu député en 1906, le président du Conseil Georges Clemenceau lui offrit le poste de sous-secrétaire d’État à la Guerre. La qualité de son travail, son intégrité et sa popularité assurèrent à Henry Chéron une succession de postes ministériels : ministre du Travail (1913), de l’Agriculture (1922), des PTT, du Commerce, des Finances (1928-1930), de la Justice (1930 et 1934 - il fut chargé à cette occasion de l’affaire Stavisky-). Ces différentes responsabilités, auxquels s’ajoutent sa fonction de président du conseil général du Calvados (1911-1936) et son élection comme sénateur (1913), l’obligèrent à abandonner l’hôtel de ville de Lisieux. Il retrouva toutefois son fauteuil de maire à la fin de sa vie, de 1932 à 1936. Bien qu’il n’accéda jamais à la présidence du Conseil, il fut une figure centrale de la IIIe République.

- Paul CORNU (1881-1940) : fils d’un inventeur amateur, il le devint également. Il réalisa sa première invention à 14 ans : un régulateur de température pour couveuse. Avec son père, il mit au point un vélo à moteur, un tricycle à vapeur, une pendule thermique, une moto... Grâce à la publication de leurs travaux dans des revues, ils se firent connaître. En 1904, ils réalisèrent une « voiturette ultralégère » à deux moteurs qui atteignit 70 km/h. Ils reçurent des commandes d’industriels européens. Beaucoup de projets avortés également : les Cornu n’avaient pas le sens des affaires. En 1905, Paul Cornu commença à s’intéresser à l’aviation et au décollage vertical. Des quantités de maquettes avaient déjà volé, mais pas de modèle grandeur nature. Un an plus tard, l’inventeur tenta un essai devant les notables de la ville : l’engin ressemblait à un gros insecte équipé de deux hélices montées sur de grandes roues de bicyclette : il fut donc le premier à avoir décollé à bord d’un hélicoptère de sa fabrication ! Destin tragique : comme un millier de Lexoviens, il mourut à Lisieux en 1944, écrasé sous les bombardements alliés, et repose à ce titre dans le carré des victimes civiles du Débarquement.

- Paul DUCHESNE-FOURNET (1845-1906) : propriétaire d’une filature, il fut député du Calvados de 1881 à 1881 et sénateur de 1894 à 1906, siégeant au centre gauche. Il fut le père de Jean Duchesne-Fournet, explorateur, et de Pierre Duchesne-Fournet, député du Calvados. Il repose dans la chapelle de famille avec son fils, Jean (1875-1904), explorateur ayant visité les Antilles, les Guyanes (françaises, anglaises et hollandaises) et l’Éthiopie, et qui mourut jeune du paludisme, son autre fils Pierre (1880-1965), qui après avoir exploré la Chine devint député du Calvados (1932-1940), et sa fille Marguerite (1878-1938), qui fut l’épouse du fils du président de la République Sadi Carnot.

- Rose HAREL (1826-1885) : poétesse et goguettière, elle a laissé deux volumes, tous deux édités par souscriptions, avant de mourir d’une maladie de poitrine contractée dans les lieux malsains où elle avait passé sa jeunesse à travailler en tant que servante.


Merci à Nicolas Badin pour le complément photo.
Photo Bunoust : histoirelitter.canalblog.com


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vendredi 14 février 2014

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