GUÉRET (23) : cimetières

samedi 1er janvier 2022
par  Philippe Landru

Cimetière non traité de manière exhaustive

La Confrérie Sainte-Croix des Pénitents Noirs de Guéret est confirmée le 6 septembre 1673 par l’évêque de Limoges, François de Lafayette. Les Pénitents Noirs se devaient « de visiter les prisonniers et les pauvres pour subvenir à leurs nécessités, d’aider les pauvres filles orphelines à se marier et les enfants à apprendre quelque métier ou art pour gagner leur vie, de visiter les confrères malades, de faire ensevelir les pauvres trépassés, lesquels n’auront laissé aucun bien pour les aider à leurs funérailles et faire prier Dieu pour eux après leur décès. » Plus d’un siècle plus tard, le 12 mai 1783, Louis Charles du Plessis d’Argentré évêque de Limoges autorise la Confrérie à aménager son cimetière autour de leur Chapelle du Crucifix. Il n’était plus possible en effet, suite à l’ordonnance royale de 1776 qui prohibait les inhumations dans les églises et les chapelles, que les confrères soient enterrés dans la Chapelle Saint-Pardoux de Guéret.

Le 17 juillet 1900, entourés des membres de la Confrérie et des personnes ayant obtenu des concessions dans le cimetière sans être reçues dans la Confrérie, le commandant Louis Laroche lui-même membre de la Confrérie créait la « Société du Cimetière des Pénitents Noirs. » Cette société correspondrait d’ailleurs aujourd’hui davantage à l’appellation « d’association à but non lucratif ». Les statuts de la Société du cimetière des pénitents noirs stipulent que le cimetière est ouvert à tous sans distinction de confession.

Le cimetière de Guéret s’est établi autour du cimetière des Pénitents Noirs, vers 1840. Auparavant, l’ancien cimetière de Corbières, qui avait été édifié en 1743, se trouvait à l’emplacement du Lycée Pierre Bourdan.

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L’enclos (en rouge) correspond au cimetière des Pénitents noirs, entouré par le cimetière communal.

Le cimetière des Pénitents noirs


- Joseph-Edmond FAYOLLE (1815-1885) : avocat démocrate libéral, il fut député de la Creuse de 1848 à 1849, s’opposa au Coup d’Etat de Louis Napoléon Bonaparte et fut un temps emprisonné. Maire de Guéret en 1870, il fut encore sénateur du département de 1876 à sa mort. Il repose dans le tombeau de sa belle famille, dans lequel repose également son beau-père, André LEYREAU (1786-1865), qui fut maire de Guéret de 1815 à 1834, député bonapartiste en 1815, puis de 1831 à 1849, passant du centre Gauche à la Droite.

- Le dramaturge Paul GAVAULT (1866-1951), qui connut en 1903 un de ses plus gros succès avec l’adaptation d’une comédie musicales américaine rebaptisée La Belle de New York et créée au Moulin-Rouge. Il fut également scénariste pour le cinéma, et dirigea le théâtre de l’Odéon entre 1914 et 1921 à la suite d’André Antoine.

- Le peintre Silvain Paul Frédéric GRATEYROLLE (1849-), élève de Laurens, auteur de paysages et de portraits.

- Le peintre paysagiste Fernand MAILLAUD (1862-1948), il fit partie du groupe d’artistes postimpressionnistes et symbolistes qui s’était formé en 1891 autour de Paul Gauguin. Il fut également illustrateur, ébéniste et créateur de tapisserie. Dans le même caveau repose sa nièce qu’il adopta, la peintre Solange CHRISTAUFLOUR (1899-1952).


Le cimetière communal


- La poète Amélie BOUROTTE (1834-1890).

- Emile GOUÉ (1904-1946) : enseignant en sciences, sa carrière scientifique et universitaire se doubla d’une pratique régulière de la musique et une formation qu’il acheva sous la direction de Charles Koechlin. Albert Roussel l’encouragea lui aussi à la composition, et à partir de 1936 débuta une intense production que la guerre n’interrompit qu’à peine. S’inscrivant dans la lignée de l’école franckiste, opposé à l’esprit romantique, Émile Goué nourrissait une prédilection pour Bach et les musiciens de la Renaissance. Compositeur de son temps, Goué appréhenda parfaitement les évolutions du langage musical et développa sa propre technique qu’il nomma « simultanéité chromatique ». Fait prisonnier en 1940 dans un Oflag, son besoin viscéral d’enseigner se manifesta dès les premiers jours de captivité par un cours de physique dispensé à ses jeunes camarades afin de les aider à préparer leurs futurs examens. Parallèlement, il organisa des conférences d’initiation sur l’histoire de la musique des origines à nos jours auxquelles vinrent s’ajouter au fil des mois un cours d’harmonie et de contrepoint, un cours de fugue, vingt leçons d’esthétique musicale et d’histoire de la symphonie. Il se remit également à composer en détention. Rapatrié en mai 1945, très affaibli, il succomba en octobre 1946 dans un sanatorium.

- Le médecin Sylvain GUISARD (1806-1859), qui fut député de la Creuse de 1848 à 1849 mais qui s’opposa au coup d’Etat de Louis Napoléon.

- L’avocat Louis JARRIT-DELILLE (1825-1890), maire de Guéret de 1850 à 1864, qui fut un député de centre-Gauche du département de 1871 à 1876.

-  Le Compagnon de la Libération Henry KIRSCH (1912-1997) : engagé dans l’infanterie coloniale, il participa au ralliement du Tchad à la France libre et s’engagea immédiatement dans les Forces françaises libres. Il participa dès lors à toutes les opérations sous les ordres du colonel Leclerc : Tripolitaine, Tunisie, puis campagne de Normandie avec la 2DB.

- François Paul LAROCHE (1832-1904) : maire de Guéret, il fut sénateur de centre-Gauche de la Creuse de 1885 à 1894.

- André LEJEUNE (1935-2009), qui adhéra au début des années 1960 au Parti socialiste unifié (PSU). Il intégra ensuite le CERES de Jean-Pierre Chevènement et rejoignit le Parti socialiste où il fut proche d’Henri Emmanuelli. Il fut sénateur (1980-1981), député (1981-1993) puis à nouveau sénateur (1998 à sa mort) de la Creuse.

- Le vice-amiral Justin Bonaventure MORARD de GALLES (1741-1809), qui fit la chasse aux pirates barbaresques en Méditerranée, commande -quoiqu’aristocrate- les flottes de la jeune république, mais échoue en 1796 lors de l’expédition d’Irlande. Le Consulat le nomma membre du Sénat conservateur et il fut fait comte d’Empire. Son cœur repose au Panthéon de Paris.

- Le médecin républicain Jean MOREAU (1801-1889), élu en mai 1849 à l’Assemblée législative où il siégea avec la Montagne. Déporté en Algérie pour avoir protesté contre le coup d’Etat de Louis-Napoléon Bonaparte, il rentra dans la Creuse après l’amnistie de 1859, reprenant son activité de médecin. Il fut encore député radical de 1876 à sa mort.

- Le colonel et géographe François Elie ROUDAIRE (1836-1885), qui s’orienta vers une carrière scientifique au sein de l’armée. Affecté au Dépôt de la guerre en qualité d’officier géodésien, il fut envoyé en Algérie pour cartographier la colonie par les moyens de la géodésie et de la topographie. Opérant dans la province de Constantine, l’officier découvre la région des chotts dont il mesure le premier avec précision la profondeur. Fort de résultats nettement au-dessous du niveau zéro (jusqu’à – 40 m), et sans connaître la partie tunisienne, Roudaire acquit la conviction que la vaste dépression salée qui se prolonge jusqu’au golfe de Gabès correspondait au lit d’une mer asséchée connue au temps d’Hérodote sous le nom de baie de Triton. Dans un article écrit pour la Revue des Deux Mondes, « Une mer intérieure en Algérie », l’officier consolida son hypothèse et proposa de ramener la mer par un canal creusé dans le seuil de Gabès. Entre autres bienfaits, la masse d’eau introduite modifierait notablement le climat local et permettrait de refaire de la région un « grenier à blé ». Ferdinand de Lesseps, qui venait de triompher à Suez, adopta l’idée. Dans l’enthousiasme général, le gouvernement chargea Roudaire d’une série de missions de reconnaissance et de nivellement, mais le coût d’un canal long de 240 kilomètres découragea le gouvernement Le ministre des Travaux publics se déclara défavorable au projet de mer intérieure.

- L’historienne de l’art Gilberte VÉZIN (1904-1991) (L’adoration et le cycle des mages dans l’art chrétien primitif).


Source
Merci à Nicolas Badin pour les photos.


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vendredi 14 février 2014

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