SEPTEUIL (78) : cimetière

Visité en juillet 2008
jeudi 9 février 2012
par  Philippe Landru

Le cimetière de Septeuil se décompose en deux parties : c’est évidemment dans la partie ancienne que se trouvent les tombes dignes d’intérêt. Le site pittoresque de Septeuil attira au XIXe siècle une école de peinture dite « école de Septeuil », dont les principaux représentants furent Antoine Chintreuil, Jean Desbrosses et François Flameng. Assez naturellement, au même titre que Barbizon ou Chailly-en-Bière (même si les représentants de cette « école » sont bien moins connus), le cimetière du village accueillit plusieurs de ces artistes. C’est donc un cimetière à vocation artistique auquel vous conviera cette promenade.

- Le peintre Antoine CHINTREUIL (1814-1873), qui côtoya de nombreux peintres, parmi lesquels Corot, auprès de qui il apprit son métier et se prit de passion pour les paysages. Chintreuil fut un des premiers à planter son chevalet en pleine nature. Là, il peignit inlassablement des aubes givrées intimistes et des couchers de soleil flamboyants. Fondateur du Salon des Refusés, son travail autour de la lumière dont il transposa les impressions fugitives, prépara le chemin des impressionnistes. Un musée lui est consacré dans sa ville natale de Pont-de-Vaux. Ce peintre méconnu mérite d’être sorti de l’oubli car son oeuvre est magnifique. Dans le même tombeau repose son disciple, le peintre paysagiste Jean DESBROSSES (1835-1906). Il fut également l’élève de Ary Scheffer, et se spécialisa dans les paysages de montagne. C’est lui qui fit faire leur tombeau commun : l’ensemble est composé d’un bas-relief contenant plusieurs motifs symboliques (un chêne, une chouette, une couronne d’immortelles, une palette...) et de deux médaillons en bronze : celui de Chintreuil est signé C. Levé et celui de Desbrosses M.D.

- Le graveur et illustrateur Léopold FLAMENG (1831-1901), qui fut élu membre de l’Académie des beaux-arts en 1898. Connu pour ses eaux-fortes d’après Jan van Eyck, Leonardo da Vinci, Rembrandt, Ingres et Delacroix, il a illustré plusieurs ouvrages sur Paris ainsi que de nombreuses œuvres littéraires. Dans le même tombeau repose son fils, le peintre et graveur François FLAMENG (1857-1923). Ancien élève de son père, d’Alexandre Cabanel puis de Jean-Paul Laurens, il fut l’auteur de nombreux tableaux d’histoire et de portraits mondains qui lui apportèrent la notoriété. Il a composé pour la Sorbonne une suite de six grandes scènes décoratives retraçant l’histoire de l’Université de Paris. Il réalisa aussi les décorations murales du Palais de justice de Paris et, en partie, de l’Opéra-Comique. Professeur à l’école des Beaux Arts de Paris en 1905, il devint membre de l’Institut et du Comité des Artistes Français. Durant la première guerre mondiale, il rejoignit les missions aux armées, en qualité de peintre officiel : il fut ainsi un peintre de la guerre.

- Henri de GRAFFIGNY (Raoul Marquis : 1863-1934) : archétype du savant touche-à-tout exubérant, scientifique farfelu aux connaissances très vastes mais pas forcément très profondes, Raoul Marquis est avant tout un immense vulgarisateur : il fut l’auteur de plus de deux cent livres, la plupart sous le pseudonyme d’Henry de Graffigny, traitant de chimie organique, d’ascensions en dirigeable, mais constitués également de romans d’aventure, de comédies et pièces de Guignol, aux traités scientifiques et techniques (aviation, astronomie, radiologie...) en passant par des guides de mécanique et autres manuels d’expériences électriques amusantes... jusqu’à un surprenant Tout ce qu’il faut pour se mettre en ménage. Cet éclectisme alimentera le côté bouffon du personnage qu’il devint, immortalisé dans Mort à crédit. Louis-Ferdinand Céline fit sa connaissance en septembre 1916. Céline et Raoul Marquis parcoururent la Bretagne en 1918 pour une campagne de prévention de la tuberculose, puis se perdirent de vue. À la fin des années 20, Marquis fut brièvement chargé de cours à la Faculté des sciences de Paris, puis se retira à Septeuil où il se consacra à des expérimentations d’agriculture intensive.

- L’architecte Jean OLIVIER (1922-1992), qui fut Grand Prix de Rome.

- Ray SCHERDEL (1898-1977), surnommé sur la plaque de son tombeau défoncé « peintre bohème ».

- L’astrologue Marie-Louise SONDAZ, auteure de nombreux ouvrages sur l’astrologie.


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