DAMPIERRE-EN-YVELINES (78) : église et cimetières

visité en juin 2011
jeudi 26 juillet 2018
par  Philippe Landru

Trois sites funéraires nous attendent à Dampierre-en-Yvelines.

église Saint-Pierre


Paroisse dès le Xe siècle, Dampierre eut son église Saint-Pierre au XIIIe siècle dont subsistent le clocher et les premières travées de la nef. Le bâtiment a été modifié - et son orientation changée - en 1858 et 1859 par Hippolyte Blondel en raison de travaux d’élargissement de la route.

On peut voir dans la nef de l’église les inscriptions funéraires de Catherine Couturier (1621) et de Claude de la Jaille, capitaine du Château de Dampierre (1645).

Dans un pilier, à droite en entrant, est renfermée la main gauche de Charles-Louis d’Albert, duc de Luynes et de Chevreuse (1717-1771), qui fut gouverneur de Paris à partir de 1757.

En 1862, M. le duc de Luynes qui habitait le château voisin fit aménager le transept méridional par Debacq et Charles Garnier en une chapelle funéraire destinée à la sépulture de la famille de Luynes

Au milieu de la chapelle, sur une plaque de bronze ajourée, ménagée dans le plafond du caveau est gravée en latin l’inscription suivante : « Honoré d’Albert, duc de Luynes, a pour lui-même, pour les siens aujourd’hui vivants qui mourront et pour sa postérité pris soin de faire construire ce caveau, destiné à ceux auxquels la paix éternelle du Seigneur a été donnée ».

Adossé au mur de droite, se trouve un cénotaphe surmonté d’une belle statue de marbre blanc représentant la seconde femme du duc de Luynes, Adèle Amys du Ponceau (+1861). Cette statue est une œuvre de Jean-Marie Bonassieux.

Parmi d’autres membres de la famille reposent donc dans cette crypte :
- Honoré Théodoric d’ALBERT, duc de LUYNES (1802-1867), numismate et archéologue, qui fut député de Seine-et-Oise sous la Deuxième République et représentant à l’Assemblée nationale de 1843 à 1851. Il fut élu membre libre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1830. C’est lui qui commanda la chapelle funéraire familiale et qui y fit rapporter les restes de son grand-père, inhumé au Panthéon, qui suit
- son père Charles-Paul d’ALBERT, duc de LUYNES (1783-1839), qui fut membre de la Chambre des pairs sous la Première Restauration, de 1814 à 1815, puis de nouveau de 1815 à 1817.
- son grand-père, Louis-Joseph d’ALBERT, duc de LUYNES (1748-1807), militaire qui bien que gentilhomme, s’était joint au Tiers état lors de l’Assemblée constituante de 1789. Malgré ses titres et sa grande fortune, le duc de Luynes n’émigra pas, et se retira dans son château de Dampierre en 1792, où il vécut en dehors de la politique jusqu’au coup d’État du 18 brumaire. Nommé conseiller général de la Seine en 1800, puis maire du 9e arrondissement de Paris, il se rallia ensuite à l’Empire et fut nommé au Sénat conservateur en 1803. Il fut inhumé au Panthéon mais ses restes furent récupérés et déposés ici par son petit-fils.

Quelques tombes ont été conservées, vestiges de l’ancien cimetière, autour de l’église. On y trouve en particulier celle de Françoise Marie Félicité Ermessinde d’Albert Luynes de Chevreuse née Narbonne-Pelet (1785-1813), épouse de Charles-Paul d’Albert de Luynes (voir plus haut). En 1806, Napoléon Ier la nomma dame du Palais de l’impératrice Joséphine, mais elle garda un esprit d’indépendance et se montra fort critique envers « cette cour sortie des camps » selon le mot de Chateaubriand. En 1808, l’Empereur voulut attacher la duchesse au service de la reine d’Espagne assignée à Fontainebleau. Napoléon entendait bien avoir une informatrice dévouée auprès de la reine, mais Madame de Chevreuse refusa tout net le rôle d’espionne qu’on voulait lui faire jouer. Ulcéré par ce défi à son autorité, Napoléon imposa un dur exil à la duchesse, lui interdisant d’approcher Paris de plus de cent lieues. Après un passage en Normandie, en Dauphiné, en Touraine, Madame de Chevreuse arriva à Lyon, accompagnée de sa belle-mère, la duchesse de Luynes. Atteinte de tuberculose, elle y mourut rapidement. Elle fut inhumée au cimetière de Loyasse, ouvert quelques années plus tôt. La famille fit réaliser par le sculpteur Pierre-Marie Prost un monument funéraire qui fut en son temps considéré comme l’un des plus beaux du cimetière [1]. Ce monument funéraire fut déplacé dans l’enclos de l’église de Dampierre-en-Yvelines.

Quoiqu’abimé, c’est un tombeau ouvragé sur ses quatre cotés.

Son épitaphe proclame « Victime d’un sort funeste, la beauté, les dons de l’esprit et toutes les vertus dont elle fut dotée ne purent la garantir d’un trépas anticipé. Les tendres soins de Madame de Luynes sa belle-mère, la suivirent jusqu’à ses derniers moments ».

Contre l’église se trouve un monument commémoratif posé par Honoré de Luynes.

cimetière


C’est sans aucun doute à l’époque où Honoré de Luynes modifiait la configuration de l’église en construisant la chapelle funéraire de sa famille que l’ancien cimetière déménagea du pourtour de l’église pour son emplacement actuel, soit au début des années 1860.

Du nouveau cimetière, pas grand chose à signaler.

cimetière de Maincourt-sur-Yvette

En 1974, la commune de Maincourt-sur-Yvette a été rattachée à la commune de Dampierre par fusion-association, la nouvelle commune s’appelant Dampierre-en-Yvelines. Maincourt n’est donc désormais plus qu’un hameau de la commune de Dampierre-en-Yvelines, mais elle a conservé son ancien cimetière.

C’est ici que repose Claude GÉNIA (Evguenia Aranovitch : 1913-1979). Née en Russie, comédienne formée au théâtre (elle fit partie de la troupe de Dullin et dirigea le théâtre Édouard VII de 1958 à 1966), elle tourna également pour le cinéma et la télévision. Après une crémation au Père Lachaise, ses cendres furent déposées ici sous un tombeau coloré recouvert de mosaïques.


Merci à Jacky Allard pour la photo Genia.


[1Il était situé allée 81, 4ème secteur. L’emplacement de la tombe - toujours à Loyasse - a été retrouvé et remis en état en 1937, après des recherches demandées par le maire Edouard Herriot.


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vendredi 14 février 2014

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