AVIGNON (84) : cimetière Saint-Véran

visité en avril 1998
jeudi 27 octobre 2011
par  Philippe Landru

L’histoire du cimetière Saint-Véran d’Avignon est similaire en tous points à celle de tous les grands cimetières urbains d’une bonne partie de l’Europe : constat de l’inadaptation des petits cimetières paroissiaux, interdiction (non respectée) d’y inhumer à partir de la fin du XVIIIe siècle, prise de conscience de la nécessité d’un grand cimetière...


L’histoire du lieu


Le cimetière Saint-Roch

C’est en 1791 que naquit « l’ancêtre » de Saint-Véran, à savoir Saint-Roch. Le terrain occupait un espace limité de 4500 mètres carrés à 150m des remparts (s’y trouve désormais le talus du chemin de fer derrière l’hôtel de police). L’innovation était peu évidente : la municipalité n’avait fait que réaménager un cimetière abandonné appelé Champfleury qui avait été utilisé pour inhumer des pestiférés. En réalité, Saint-Roch suscita rapidement des critiques : on dénonça l’aspect glauque du lieu, le peu d’investissement des Avignonnais en terme d’ornements, mais également les crues fréquentes du Rhône ou les exhalaisons méphitiques se répandant vers la ville en cas de vent du midi. Certains notables lui préférèrent une « annexe » réalisée sur la partie ouest du Rocher des Doms (leurs restes furent transférés en 1844). Dernier point, et non des moindres : le cimetière s’avéra très rapidement trop exiguë. la municipalité chercha alors un autre terrain.

C’est en 1817 qu’elle acheta la parcelle qui allait devenir Saint-Véran, ce qui en fait la plus ancienne ville provençale a posséder un cimetière monumental (avant Toulon, Aix et Marseille ; Arles mis à part). La bénédiction officielle du cimetière eut lieu dès 1818 : il fallut néanmoins attendre 1822 pour que les premiers enterrements s’y pratiquassent, le cimetière étant « loin » et les Avignonnais privilégiant Saint-Roch.

Le cimetière Saint-Roch ne ferma ses portes qu’en 1824 : on procéda alors à une vaste campagne d’exhumations et, en 1833, les restes disposés dans des caisses furent solennellement transférés dans le nouveau cimetière (certains « particuliers » procédèrent à l’exhumation individuelle des leurs, comme il sera signalé sur les fiches des personnalités du lieu).

Le cimetière Saint-Lazare

Ainsi naquit le cimetière Saint-Lazare : c’est ainsi que s’appelait à l’origine Saint-Véran, avant qu’on ne le change par assimilation avec l’appellation du quartier où s’élevait un monastère de bénédictines créé sous l’invocation de ce saint, et détruit par les troupes de François Ier en 1536. Il était bien plus petit qu’aujourd’hui, un simple quadrilatère comprenant l’actuelle carré 2 et une partie des carrés 1,3 et 16 ! L’ancienne entrée, supprimée en 1840, donnait sur la route de Lyon, c’est pourquoi les plus vieux tombeaux se concentre dans cette partie désormais excentrée du cimetière.

Ce nouveau cimetière fut quasiment autant critiqué que Saint-Roch, dont il était chargé de pallier les défauts : même crues du Rhône, infiltrations permanentes des eaux d’arrosage dérivées du canal du Vaucluse, exiguïté des lieux… furent dénoncés dès l’origine. Comme ce fut le cas dans de nombreuses villes françaises, les travaux pour moderniser réellement le lieu n’eurent lieu qu’à la moitié du XIXe siècle. La surface fut sextuplée, passant à sept hectares, tandis que l’entrée monumentale fut construite à son emplacement actuel, flanquée de deux pavillons. Le cimetière fut enclos de murs, son sol fut exhaussé, puis divisé en carrés numérotés de 1 à 16. Le pourtour du cimetière fut réservé aux concessions perpétuelles (le but était également que les tombeaux plus imposants servent de contrefort aux murs). Certains carrés furent réservés aux inhumations gratuites, à savoir des fosses communes vidées tous les cinq ans. L’une des particularités d’Avignon, par rapport à d’autres villes de France à la même époque, et en raison de son histoire particulière, fut sa difficulté à accepter les protestants en tant que « communauté » ayant droit à une partie du cimetière. Un projet en ce sens fut vite enterré en 1837. Dans les faits, l’usage existait de les regrouper dans un quadrilatère comprenant l’angle du mur sud-ouest et une partie du carré 11 qui lui fait face. A partir de 1850, le cimetière avait gagné la physionomie globale qu’il a gardé depuis.

Le cimetière Saint-Véran

Le cimetière connut des agrandissements : les carrés de 17 à 20 furent conçus en 1893, et c’est dans cette partie que fut dressé la « sentinelle des morts » et, après la guerre, le mausolée destiné à abriter les restes des soldats avignonnais. Vinrent ensuite d’autres extensions en 1912, 1926 puis 1938.

“Ce cimetière vu en juin est l’un des plus beaux que j’ai visité, plein d’oiseaux, de soleil, d’ombrages épais, de profondes verdures et d’une variété d’arbres où j’admirai les pins maritimes mêlés aux pins d’Alep, étreints de lierres vigoureux et d’immobiles cyprès. Quel repos, quelle paix.” Cette réflexion de Maurice Barrès marque l’entrée du cimetière.

Le cimetière Saint-Véran s’étend aujourd’hui sur 14 hectares et abrite quelque 10 000 sépultures, dont 6 000 perpétuelles. Son site plat, dépourvu des accidents qui donnent du charme, lui donne un air sévère atténué par les arbres centenaires, qui constituent un véritable arboretum des essences méditerranéennes. On peut y suivre toute l’évolution funéraire des deux siècles qui nous précèdent. Les œuvres d’art sont globalement assez peu nombreuses dans le cimetière cependant.


Curiosités


- Face à l’entrée du cimetière, une roche portant plaque rend hommage « aux tailleurs de pierre et marbriers qui ont façonné ce cimetière ».

- Au cœur du cimetière s’élève un monument en mémoire des harkis.

- Quelques tombeaux patrimoniaux de personnalités locales :

  • Le tombeau des Sœurs de la Croix, orné d’une Vierge à l’enfant par Augustin-Joseph Cerri.
  • L’étonnant tombeau de l’abbé Moutonnet : au pied d’un Christ en croix réaliste sculpté sur la dalle, un dragon, gueule ouverte, tord sa queue.
  • La tombe de l’horloger André Ducommun (1845-1905) auquel la ville donna la concession de l’éclairage électrique, puis celui des tramways, se signale par un haut-relief de bronze représentant la fée électricité, œuvre de Félix Charpentier.
  • La tombe de Clément Fanot (1809-1892) se signale par une grosse cloche : le sonneur de Saint-Didier qui reprit l’harmonie du carillon, perdue depuis la Révolution, et à qui Roumanille donna la notoriété en en faisant le héros de sa Campano mountado. Beaucoup vinrent l’écouter : on dit qu’il fut, pour Hugo, le modèle de Quasimodo !
  • La chapelle néoclassique du philanthrope Sixe Isnard (1793-1845). Elle était ornée d’un buste en plâtre vernissé, qui a malheureusement disparu récemment.
  • Le tombeau d’un personnage avignonnais fort oublié : le docteur Arnaud de Fabre « médecin des pauvres » (1839-1907).
  • A même le gazon du carré 20 se dresse une femme drapée tenant une couronne d’immortelles. Cette Douleur de Jean-Baptiste Hugues ornait auparavant le tombeau déplacé d’un maire d’Avignon, Eugène Millo. Elle rend hommage au fils de ce dernier, tué sur le front en 1917.
  • A quelques mètres de cette Douleur se dresse, devant le Mausolée destiné aux morts pour la France, la Sentinelle des morts, œuvre de Charpentier.
  • La Douleur de la tombe Gros, œuvre de Félix Devaux.
  • Le serrurier Baret repose sous un amoncellement de pierres formant monticule, où sont scellés une roue dentelée et une lampe.
  • L’étonnante tombe de l’ouvrier Dominique Servent (+1877), un lampiste de 32 ans représenté se reposant allongé sur son tombeau et appuyé sur son coude, ses outils à ses pieds. On ignore l’auteur du monument.

- Une jeune avignonnaise morte à douze ans se nommait… Guillaume Tell !

- Les photos d’enfants morts ne sont pas rares dans le monde latin, mais celle de ce petit défunt veillé par sa mère priant est saisissante.

- La tombe Puig reproduit un lit.

- Étonnante composition de la tombe Pascal, réalisé par une femme ayant perdu son époux et son jeune fils de 9 ans : un bas-relief, un prie-Dieu et un banc de prières recouvert d’un drapé !


Célébrités : les incontournables...


- Pierre BOULLE
- John Stuart MILL
- Christian RANUCCI
- Marie-Maurille de SOMBREUIL

Les peintres Joseph-Marie CHAIX (1780-1850) et Jean-Antoine COUSIN (1788-1875) furent inhumés dans ce cimetière, mais plus rien ne subsiste de leur concession.

Avignon développa une école de peinture et de sculpture dynamique de « petits maîtres provençaux », dont de nombreux représentants reposent dans ce cimetière. Si leurs œuvres figurent en bonnes places au musée Calvet, leur audience est moindre à l’extérieur du Comtat. Nous citerons cependant la présence dans ce cimetière de Emile AVON (1841-1920), Albert BALMIER (1857-1931), Louis Alexandre BELLADEN (1871-1920), Alfred BERGIER (1881-1971), Lina BILL (Louis Bonnot : 1855-1936), Jean-Pierre BOUDIN (1827), Gabriel BOURGES (1843-1908), Clément BRUN (1865-1920), Jean-Baptiste BRUNEL (1844-1919), Gabriel BRUNET (1835-1869), Paul CAZOT (1882-1963), Antoine CHANTRON père et fils, Pierre CHATELET (1875-1936), Victor CRUMIÈRE (1895-1950), Fernand DEVÈZE (1895-1962), Jean-Paul DOULIOT (1788-1834), Claude FIRMIN (1864-1944), Jules FLOUR (1864-1921), Laurent GENIN (1895-1974), Paulette MARTIN (1905-1988), Rémy MAYAN (1877-1961), Henri MAUROU (1842-1908), François OMER (1885-1950), Auguste PALUN (1844-1932), Pierre PIQUET (1827-1878), Léon POISSON (1877-1935), Auguste ROURE (1878-1936), Marius ROUX-RENARD (1870-1936), Pierre VARET (1870-1939), Gustave VIDAL (1895-1966), Antoine Saturnin VINCENT (1877-1951), Charles VIONNET (1853-1923)

Parmi les sculpteurs locaux, qui travaillèrent en particulier dans ce cimetière, et qui reposent à Saint-Véran, nous mentionnerons la présence de : Joseph BONEFILLE (1828-1896), Léopold BULLA (1871-1948), Jules DARD (1888-1974), Gaston DÉPREZ (1872-1941), Félix DEVAUX (1873-1921), Louis ÉCKÉS (1862-1925), Henri ENDIGNOUX (1875-1948), Pierre-Joseph FERRIER (1829-1899), Alfred TOURRETTE (1872-1956), Paul TRANCHIMAND (1885-1917) et Lucien VERNET (1848-1928)


... mais aussi


- Amans Joseph Marie de ROBERT, 3ème marquis d’AQUÉRIA de ROCHEGUDE (1782-1865) : aristocrate royaliste, il fut député du Vaucluse de 1827 à 1830 puis démissionna pour protester de la chute de Charles X.

- L’architecte Louis ASTRUC (1822-1876), qui travailla pour l’essentiel dans le Vaucluse et en Ardèche.

- Théodore AUBANEL (1829-1886) : imprimeur et poète d’expression provençale, il fut avec Roumanille et Mistral l’un des trois piliers du Félibrige. Il se fit connaître par ses recueils de poésies, La mióugrano entre duberto et Li fiho d’Avignoun. Son ultra catholicisme entra en opposition avec son sens de la sensualité, qui lui fut d’ailleurs reproché par les autorités religieuses.

- L’historien et archéologue Fernand BENOIT (1892-1969), désigné en 1943 comme conservateur du musée Borély à Marseille. La mise au jour des docks romains dont il organisa les fouilles lui permit de créer in situ le musée des docks romains et de mettre en valeur les cryptes de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Il fut avec le commandant Cousteau le pionnier de l’archéologie sous-marine. Egalement auteur de nombreux ouvrages sur la Provence et le Comtat, il fut reçu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1958.

- L’architecte André-Jean BOUDOY (1841-1884) : ancien élève de Charles Garnier qui l’influença beaucoup, il oeuvra beaucoup à Avignon, en particulier dans ce cimetière où plusieurs mausolées sont de lui.

- L’architecte Léopold BUSQUET (1878-1954).

- L’homme de lettres Denis Casimir CASSAN (1810-1883), auteur d’une œuvre populaire en provençal. Il fut l’ami des Félibres.

- Germain CASSE (1837-1900) : socialiste et fervent opposant au Second empire, il fut député de la Guadeloupe de 1873 à 1889 et gouverneur de la Martinique de 1889 à 1891. Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze par Jean-Pierre Gras.

- Le général d’Empire Joseph CHABRAN (1763-1843), qui servit Napoléon jusqu’en 1808 et devint gouverneur de Barcelone. Il devint après la fin de son service maire de Cavaillon. Inscrit sur l’Arc de Triomphe de Paris, son nom fut donné à un quartier de Draguignan.

- Le saint-simonien Victor COURTET (1813-1867), précurseur de Gobineau et théoricien de l’inégalité des races.

- Alexandre DURAND SAINT-AMAND (1808-1864) : républicain rallié à l’Empire, il connut une belle carrière préfectorale : il fut successivement préfet du Nord de 1848 à 1849, de la Creuse de 1849 à 1851, de l’Hérault de 1851 à 1853, puis du Vaucluse de 1853 à sa mort. Il mourut des suites d’une chute de cheval. Comme le rappelle son épitaphe, il avait demandé à être inhumé dans ce cimetière.

- Le général Jean-Urbain FUGIÈRE (1852-1813), qui eut un bras arraché lors de la bataille d’Aboukir mais fut sauvé par Larrey. Il fut fait commandant de la succursale des Invalides d’Avignon par Napoléon, et garda ce poste jusqu’à sa mort. D’abord inhumé à Saint-Roch, il fut transféré en 1832 dans le parc de l’hôtel de la succursale, avant un ultime transfert en 1850 à cet emplacement. Sa plaque, sans doute d’origine, a souffert des multiples déménagements.

- L’historien et archéologue Sylvain GAGNIÈRE (1905-1997). Maitre de recherche au C.N.R.S., il prit la direction des antiquités préhistoriques de Provence et Corse de 1946 à 1971. Conservateur du Palais du Roure et du Palais des Papes d’Avignon, ses travaux de restauration et d’aménagements lui donnèrent l’occasion de multiples découvertes. Il publia le résultat de ses recherches en vingt-sept ouvrages de 1962 à 1991.

- Le tribun Alphonse GENT (1813-1894), à la carrière très chaotique : avocat, franc-maçon notoire, il fut élu député du Vaucluse en 1848 et multiplia les provocations et les duels. Ame du complot républicain de Lyon en 1851, il fut condamné à la déportation aux îles Marquises. Ce furent ensuite les années d’errances : Chili, Espagne…, avant de revenir en France à la faveur de la chute de l’Empire. Nommé préfet des Bouches-du-Rhône par Gambetta, il fut à nouveau député du Vaucluse de 1871 à 1881, puis sénateur de 1882 à 1894. Le buste qui orne sa tombe, ornée d’une massive Marianne, est de Louis Demaille.

- L’avocat Pierre Louis Frédéric GERMANES (1817-1889), qui fut député du Vaucluse de 1847 à la Révolution de 1848. Il siégea par la suite comme premier président de la cour de Bastia.

- Le notaire Paul GIERA (1816-1861), il fut également un poète de langue provençale et l’un des sept primadié, c’est-à-dire membres fondateurs du Félibrige avec Frédéric Mistral, Joseph Roumanille, Théodore Aubanel, Jean Brunet, Anselme Mathieu et Alphonse Tavan.

- Frédéric Régis GRANIER (1806-1894), qui fut député du Vaucluse de 1848 à 1851, puis sénateur de ce même département de 1876 à 1882.

- Pierre GRIVOLAS (1823-1906) : ancien élève d’Ingres, Delacroix, Flandrin et Charles Comte, il participa au Salon à partir de 1864. Peintre de la Renaissance provençale, il s’inspira largement des poèmes de ses amis félibriges. Il quitta ensuite ce folklore pour mener une recherche sur la lumière.

- Charles GUILBERT D’ANELLE (1820-1893) : ancien élève d’Horace Vernet et de Paul Delaroche, il débuta au Salon de Paris en 1845. Peintre d’histoire comme ses maîtres à ses débuts, il s’orienta progressivement vers la peinture des vitraux. Son buste en bronze, par Alphonse Guérin, a disparu.

- Le poète Paul MANIVET (1856-1930), auteur de Sonnets, qui repose dans un tombeau anonyme.

- Agathe MOTTET « Madame de Rambaud » (1764-1853) : « berceuse » du Dauphin (Louis XVII), elle lui fut attachée de sa naissance à août 1792. Elle refit parler d’elle en 1833 lorsqu’elle fut convaincue que Naundorff était son ancien protégé. Non seulement elle fit tout pour le faire reconnaître, mais elle fut pour ce dernier une puissante caution. Les confidences qu’elle lui fit et les souvenirs qu’elle évoqua permirent à Naundorff de se forger un passé crédible auprès de ceux qu’il allait solliciter. Elle fut inhumée à Arramon, dans le Gard, où elle était née, avant d’être transférée à Avignon en 1891. Son époux, Benoît de Rambaud, était mort dès 1789 au Sénégal où il avait été envoyé. Il fut inhumé au cimetière européen de Saint-Louis du Sénégal.

- L’homme de lettres Alexis MOUZIN (1846-1931), qui partagea son activité littéraire entre œuvres en français et poésies provençales. Il fit représenter, non sans succès, certaines de ses pièces (L’empereur d’Arles). Il fut majoral du Félibrige.

- Les architectes Florent (1830-1896) et son fils Alix Marius (1873-1934) OLAGNIER, qui travaillèrent sur Avignon.

- Le chirurgien Paul PAMARD (1802-1872), qui fut maire de la ville de 1853 à 1865 (il en modifia l’architecture et modernisa Avignon) et député du Vaucluse de 1861 à 1870. Sa tombe, édifiée par l’architecte André Boudoy, est ornée d’un médaillon en marbre par Augustin Armand.

- L’architecte Eugène PASCAL (1824-1884), qui travailla sur Avignon et en particulier sur le cimetière (tombeau Durand Saint-Amand, Stuart Mill…). Sa tombe représente une effigie sculptée de son fils et de son épouse, décédés en 1876 et 1877, et réalisée par Jean-Barnabé Amy.

- Eugène PONCET (1791-1866), qui fut maire de la ville de 1843 à 1847 puis de 1852 à 1853, il fut en outre député du Vaucluse de 1837 à 1843.

- Le peintre Pierre RASPAY (1748-1825), qui laissa des peintures religieuses assez froides mais aussi des scènes pittoresques de la rue avignonnaise. Il repose dans un très beau tombeau néo-classique, qui se trouvait à l’origine dans un site isolé, et qui fut rapporté à Saint-Véran au milieu du XIXème siècle.

- Le lithographe François RENOYER (1887-1953).

- Esprit REQUIEN (1788-1851) : botaniste, paléontologue et malacologue, il fut un des plus célèbres naturalistes du XIXe siècle. Il fut le fondateur du musée d’histoire naturelle, comme le rappelle l’inscription sur son tombeau. Il repose dans un tombeau imité de celui de Scipion, orné de deux génies sculptés par les frères Brian.

- L’architecte Joseph Prosper RENAUX (1793-1852), qui oeuvra essentiellement dans la région (Arles, Orange, Saint-Paul-Trois-Châteaux…).

- Paul SAÏN (1853-1908) : élève de Gérôme, il exposa sans interruption au Salon de 1879 à 1907. Son œuvre fut éclectique : marines, portraits, paysages normands ou sarthois... Les Parisiens connaissent de lui les représentations qu’il fit d’Avignon et de Villeneuve-lès-avignon pour la fresque de la Gare de Lyon présentant les villes de Paris à Marseille. Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze par Félix Charpentier.

- Georges de SEYNES (1876-1922) : ancien élève de Marmontel, Massenet et Fauré, ce pianiste ami de Cortot publia des œuvres théâtrales et des drames lyriques. Avec lui repose son père, le peintre Léonce de SEYNES (1827-1904), paysagiste proche de l’école de Barbizon.

- Le négociant Charles Simon SOULLIER (1763-1841), qui fut maire d’Avignon de 1820 à 1828 et député du Vaucluse de 1816 à 1823, où il siégea avec la Majorité.

- L’impresario Johnny STARK (Roger Stark : 1922-1989) s’occupa de pas mal de vedettes (Hallyday, Line Renaud, Hugues Auffray…), mais il restera indissociablement lié à la chanteuse Mireille Mathieu qu’il « créa » de toutes pièces au prix de nombreux renoncements de la part de sa protégée. Il repose dans le caveau de famille Mathieu, où Mireille le rejoindra très certainement.

- L’architecte Michel TOURTET (1858-1926), qui travailla sur tout le Vaucluse.

- L’architecte Louis VALENTIN (1845-1920).

- L’architecte Emile VAUDREMER (1829-1914), qui fut l’auteur d’un grand nombre de bâtiments publics à Paris et en France. Parmi ses nombreuses réalisations, on citera la prison de la Santé, l’église Notre-Dame-d’Auteuil, l’église Saint-Pierre-de-Montrouge, ou le lycée Buffon à Paris, mais aussi les lycées Champollion de Grenoble ou Michelet de Montauban. Il était membre de l’Académie des Beaux-Arts.


Un très bon guide, que j’ai utilisé pour dresser l’histoire du cimetière : MAUREAU A. & MERINDOL R. Le cimetière Saint-Véran d’Avignon, Les amis du Palais du Roure,2000


Commentaires

Logo de Georges CHARLIER
AVIGNON (84) : cimetière Saint-Véran
vendredi 8 septembre 2017 à 20h12 - par  Georges CHARLIER

Bonjour,
Auriez-vous des informations sur Antoine Henri Maurou 1842-1908 ? Il habitait 3 place du Palais à Avignon, son épouse s’appelait Eugénie Marie Louise Vidal née en 1847 (repris ci dessus dans votre site à personnes célèbres ).
Il s’agit du frère de mon arrière arrière grand père Jean-Baptiste Jacques Paul Maurou Lithographe d’Avignon bien connu .
Paul Maurou était élève de Guibert d’Anelle directeur de l’école de dessin d’Avignon.
Il a été chef de l’atelier de lithogravure aux beaux arts de Paris de 1906 à 1929.
Il a créé la société des artistes lithographes Français en 1884.
Il était vice président de « La Cigale » Société Parisienne d’écrivains et d’artistes méridionaux.
Dans ses amis , Théodore Aubanel, Roumanille et Mistral qui était le parrain de ma grand mère.
Je suis intéressé par toutes les informations concernant mes ancêtres « MAUROU » d’Avignon.
J’ai des textes de ces personnes écrits en provençal à l’attention de mon aïeul Paul que j’aimerais qu’on me traduise ? !
Si vous avez la possibilité de contacter des personnes désireuses de m’aider, vous pouvez leur donner mon adresse mail.
Merci d’avance de votre bonne coopération.

Site web : is
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samedi 9 septembre 2017 à 15h05 - par  Pincettes

@Georges Charlier, pour la traduction, je vous suggère de vous adresser au Felibrige d’Aix-en-Provence
Je pense qu’ils devrait être intéressés par vos documents.
04 42 27 16 48
contact@felibrige.org
(lien vers le site ci-dessous)

Logo de Bon Olivier
Tombe Famille Puig
jeudi 15 septembre 2016 à 09h02 - par  Bon Olivier

Bonjour,

Juste une question sur la tombe de la Famille Puig, celle représentant un lit, le dernier nom est-il Louise Bon née Puig, (je n’arrive pas à lire sur la photo même en agrandissant). Il s’agirait dans ce cas-là de mon arrière-grand-mère, décédée en 1975. Merci pour votre réponse, cela me permettrait de pouvoir retrouver certains de mes aïeux.

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jeudi 15 septembre 2016 à 11h24 - par  Bon Olivier

@ Philippe Landru, merci pour votre réponse

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jeudi 15 septembre 2016 à 10h19 - par  Philippe Landru

@Bon Olivier : il s’agit bien de votre arrière-grand-mère. Il semblerait qu’y reposent également ses parents et ses grands-parents.

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AVIGNON (84) : cimetière Saint-Véran
mardi 21 juin 2016 à 17h13 - par  Tony Shaw

J’y suis allé hier et la concierge a dit qu’il est interdit de prendre des photos, qu’elle ne savait pas pourquoi, mais qu’il fallait s’adresser au directeur pendant la semaine. Elle m’a donné son numéro de téléphone, mais enfin ça vaut vraiment pas la peine. Quelle déception !

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Que deviennent les très anciennes tombes ?
samedi 26 janvier 2013 à 18h55 - par  Martine

La partie la plus ancienne du cimetière représente un lieu de calme et de sérénité d’où l’on entend les bruits de la ville de manière feutrée.
Mais les tombes sont chacune de véritables oeuvres d’art.
Que deviennent ces anciens tombeaux lorsque le « repos éternel » prend fin ?
Est ce que le lobby des marchands de marbre prend le dessus ? C’est à dire détruit on ces anciennes tombes pour en ériger de nouvelles toutes neuves ?
NE peut on pas, comme pour les maisons, les céder à une nouvelle famille ?
Hélas je me doute de la réponse.

MC

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mardi 25 novembre 2014 à 13h41 - par  jmp

Chère Martine, vous avez posé la bonne question ! Il faudrait réfléchir à la création d’un musée lapidaire !!

AVIGNON (84) : cimetière Saint-Véran
vendredi 20 avril 2012 à 18h53

Est-ce normal Philippe qu’il y ait 2 fois le même tableau sous le nom de Pierre Grivolas et également sous le nom de Pierre Raspay ?

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?