MASSY (91) : cimetière des Sablons

Visité en octobre 2009
dimanche 15 novembre 2009
par  Philippe Landru

D’un simple coup d’oeil, on remarque que l’excentricité n’est pas de mise dans ce cimetière aux allées impeccablement rectilignes. Aucun monument insolite, aucune oeuvre d’art ne viennent casser la monotonie des concessions.

Le monument aux morts central possède néanmoins une plaque commémorative qui n’est pas banale : il y est mentionné que lors d’une « soirée de la séance permanente de la Convention du 1er septembre 1792 », sous la présidence de Hérault de Séchelles, « la municipalité de Massy composée de deux cents citoyens actifs vient d’armer et équiper quarante cinq hommes qui partiront pour se rendre dans une de nos armées aux frontières ». L’Assemblée « ordonne qu’il sera fait mention du patriotisme de cette commune ».

Sur la partie droite du cimetière, à proximité de l’entrée, se trouve la tombe simple de l’historien Numa-Denys FUSTEL de COULANGES (1830-1889).

Issu d’une famille de Bretagne installée à Paris, les leçons de Guizot sur la Civilisation en France eurent une forte influence sur son avenir d’historien. Il soutint en 1858 une thèse sur l’historien grec Polybe et une thèse sur les Vesta, à un moment où les questions touchant les origines indo-européennes étaient très discutées. En 1860, il fut nommé professeur d’histoire à l’université de Strasbourg, où il mit en forme ses notes de cours qui feront la matière de La Cité Antique, où il démontra l’importance de la religion et des institutions familiales dans la formation des sociétés grecque et romaine. Obligé de quitter Strasbourg du fait de l’annexion de l’Alsace-Lorraine par les Allemands en 1870, il fut nommé maître de Conférences en 1870 à l’École Normale Supérieure, dont il fut le directeur en 1883. En 1875, il obtint une chaire de professeur à la Sorbonne et fut élu membre de l’Académie des sciences morales et politiques.

Après l’Antiquité, il se tourna vers l’histoire médiévale, d’une part pour montrer combien les institutions françaises n’ont pas grand chose en commun avec le droit germanique (la France est alors en plein conflit avec l’Allemagne) et d’autre part pour asseoir un certain nombre de ses intuitions méthodologiques. Dans l’Histoire des institutions de l’ancienne France (publiée à compter de 1874), qui couvre les périodes allant de la Gaule romaine jusqu’aux rois carolingiens, il s’est penché sur l’avènement du système féodal, principe fondamental de la génèse de l’Europe médiévale. Il fut le maître de l’historien Camille Jullian.

On classe Fustel de Coulanges, non seulement parmi les historiens majeurs du XIXe siècle, mais aussi parmi les meilleurs représentants de la littérature française de cette époque.


Commentaires

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MASSY (91) : cimetière des Sablons
lundi 5 juillet 2010 à 00h42 - par  BERING

Fustel est snobé en France,pas du tout dans les universités américaines et européennes ;il donna quelques cours à l’impératrice Eugénie , mais fut profondément républicain .

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MASSY (91) : cimetière des Sablons
lundi 5 juillet 2010 à 00h13 - par  BERING

Je voudrais préciser que FUSTEL de COULANGES est mort en 1889 & non en 1899,qu’il eut Emile DURCKHEIM pour élève ,lui inculquant ses principes méthodologiques,j’en suis d’autant plus fière que Durckheim est considéré dans le monde comme le père de la sociologie moderne. FUSTEL eut une chaire à la Sorbonne,il fut directeur de l’Ecole Normale Supérieure rue d’Ulm,tâche harassante(turpitudes administratives,querelles d’écoles ,rivalités de professeurs) qui l’épuisa,l’amaigrit et contribua à son décès prématuré à 59 ans. Cet homme féru d’ Histoire a ,en pleine guerre contre le Prusse,crié son amour pour la France et fut le premier à définir la notion de nation dans ses célèbres « Lettres à MOMMSEN, » (Professeur à Berlin,le 27 octobre 1870) dont je ne peux m’empêcher de citer un extrait :
« Les hommes sentent dans leur coeur qu’ils sont un même peuple lorsqu’ils ont une communauté d’idées,d’intérêts,d’affections,de souvenirs et d’espérances. Voilà ce qui fait la patrie. Voilà pourquoi les hommes veulent marcher ensemble,combattre,vivre et mourir les uns pour les autres. La patrie,voilà ce qu’on aime. Il se peut que l’Alsace soit allemande par la race et par le langage ; mais par la nationalité et le sentiment de la patrie elle est française. »....
Voilà pourquoi nous soutenons la guerre contre la Prusse.Bretons et Bourguignons,Parisiens et Marseillais, nous combattons contre vous au sujet de l’Alsace ;mais que nul ne s’y trompe ; nous ne combattons pas pour la contraindre, nous combattons pour vous empêcher de la contraindre."
Son oeuvre historique est considérable,del’Antiquité aux origines du Moyen-Age ;elle est toujours étudiée aux Etats-Unis ,pour son caractère novateur,et scientifique & mériterait bien plus de place dans les études médiévistes en France. Son nom figure dans de nombreux manuels d’Education civique,et son paraphe orne le plafond, aux côtés de ceux d’ hommes illustres de l’Histoire de France,de la station de métro RER St Michel-Notre-Dame.De nombreux lycées portent son nom.
Mon père avait 10 ans lors de la commémoration,ici même,du centenaire de sa naissance,en1930.FUSTEL était son arrière-grand-père en ligne directe.,mon père ne tenait pas en place,avec tous ces officiels à barbichette,jusqu’au Pt de la République.
J’ai entrepris de longues études d’Histoire,Géographie,de Sciences politiques,mon père et Fustel ,mon trisaÏeul, y sont sûrement pour quelque chose. Je suis très fière d’eux,mon père l’autodidacte au style incomparable,et Fustel,l’un des plus grands historiens du XIX°s,écrivain comparé à Sainte-Beuve pour la beauté de la langue.Que sa mémoire soit honorée,lui qui mourut à la tâche,était républicain et amoureux des civilisations.Sylvie Irène Edith

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