MELLO (60) : cimetière

Visité en mars 2013
mercredi 13 mars 2013
par  Philippe Landru

Le cimetière de Mello est tout en longueur, le long de la route, et assez modeste car il ne s’agit pas d’une grande commune. A l’intérieur d’un insolite enclos de buis se dissimulent quelques tombes des curés du lieu.

La tombe qui nous intéresse ne risque pas de se louper : elle se caractérise par un énorme buste en bronze.

Il s’agit de la tombe d’Alexandre MARTIN, plus connu sous le nom « d’ouvrier Albert » (1815-1895), le plus méconnu -et fort injustement- des membres du gouvernement provisoire de 1848.

Fils de cultivateur, mécanicien de formation, il fonda à Lyon en 1832 La Glaneuse, un journal républicain condamné très vite par le gouvernement. Il réitère en 1840 à Paris la création d’un nouveau journal républicain, L’Atelier, et ce sans cesser son activité d’ouvrier. Quand éclata la Révolution de février 1848, il prit les armes. Porté par sa réputation d’écrivain révolutionnaire et de travailleur ainsi que par son amitié avec Louis Blanc, il fut nommé au sein du gouvernement provisoire. Il fut nommé représentant du peuple à l’Assemblée constituante dans le département de la Seine mais quitta son poste après quelques jours. Il fut en réalité très vite évincé par les républicains modérés. Le 15 mai, une violente manifestation populaire provoqua une réaction de la Garde nationale. Albert, qui était à sa tête, fut arrêté et emprisonné à Vincennes.

Il fut déporté à la citadelle de Belle-Île, où il reste quatre ans, puis incarcéré à la prison de Tours pendant cinq ans. Amnistié en 1859, il travailla à Paris comme inspecteur du matériel et de l’outillage de la Compagnie parisienne du gaz, mais se tint à l’écart de la vie politique. En 1870, le gouvernement de la Défense nationale le nomma à la commission des Barricades, mais il fut battu en 1871 aux élections à l’Assemblée nationale. En 1879, il essaya une dernière fois de se faire élire au Sénat, mais sans succès. À sa mort en 1895, le gouvernement lui accorda des obsèques nationales et lui fit élever son monument funéraire. Il était le dernier survivant du gouvernement provisoire de 1848. Une rue de Paris porte son nom (XIIIe arrondissement).

Son mausolée est donc surmontée d’un gros bustes en bronze (qui n’est pas sans faire penser à ceux de ces collègues Arago ou Ledru-Rollin). Il s’agit d’une oeuvre du sculpteur Auguste Seysses.


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