LAVAL (53) : Jardin de la Perrine

Visité en décembre 2012
samedi 19 janvier 2013
par  Philippe Landru

En plein coeur de la ville de Laval, le jardin de la Perrine est un vaste espace acquis par la mairie en 1885 lorsque son propriétaire le perdit au jeu !
Il est à la fois un lieu de promenade, de jeux pour les enfants, une réserve botanique (la ville y installa une roseraie en 1920), un enclos pour quelques animaux que les badauds peuvent nourrir...

Il est aussi pour Laval un lieu d’exposition du patrimoine local : outre la présence de nombreuses statues, d’anciennes fontaines démontées et remontées ici, le parc contient le Musée des beaux-arts puis et un espace dédié au navigateur Lavalois Alain Gerbault ainsi qu’une réplique de son bâteau le Firecrest.

C’est ainsi qu’en 1947, on décida d’y rapatrier la tombe du plus célèbre des Lavalois : le douanier ROUSSEAU (Henri Rousseau : 1844-1910).

Son emploi à l’octroi de Paris lui conféra le surnom de « Douanier ». Son entrée dans la vie artistique fut relativement tardive, et c’est seulement en 1886 que sa renommée s’accrut lors de la participation au Salon des Indépendants. Le public n’appréciait guère sa manière de peindre. Son manque d’apprentissage fut fatidique à la notion de perspective ; il pensait selon les lois de la bidimensionalité... Henri Rousseau répartit la couleur de façon uniforme, ce qui a pour conséquence d’isoler encore plus les objets les uns des autres.

Chaque forme est vue séparément, en régle générale de face, et ses contours sont nets. Pour peindre, Henri Rousseau s’évertua à reproduire ce qu’il voyait (simple réalité visible), et essaya de faire coïncider ce qu’il voyait avec ce qu’il savait des faits. Il chercha à être précis et tenta de faire ressortir le plus possible le détail. Concernant les tableaux relatifs à l’évocation de la jungle, Henri Rousseau trouva l’inspiration au Jardin des Plantes de Paris, et se servit d’un album « Bêtes Sauvages ».

Petit à petit, il se fit reconnaître et estimer par les peintres avant-gardistes tels qu’André Derain ou Henri Matisse. Il se lia d’amitié avec Robert Delaunay, Alfred Jarry, Guillaume Apollinaire, puis avec Pablo Picasso.

Il mourut de gangrène à la jambe à l’hôpital Necker. Sept personnes assistèrent à son enterrement, dont Paul Signac, président de la Société des Indépendants. Il fut inhumé au cimetière de Bagneux dans une concession trentenaire. En 1947, il fut transféré à Laval.

Il repose sous une pierre tombale sur laquelle l’épitaphe gravée est signée d’Apollinaire, et dit ceci : Nous te saluons Gentil Rousseau / tu nous entends Delaunay sa femme Monsieur Queval et moi / Laisse passer nos bagages en franchise à la porte du ciel / Nous t’apporterons des pinceaux des couleurs et des toiles / Afin que tes loisirs sacrés dans la lumière réelle / Tu les consacres à peindre comme tu tiras mon portrait / La face des étoiles.

Le médaillon en bronze, daté de 1890, est signé de Pierre Braeke (et pas de Constantin Brancusi, comme on peut le lire parfois !).


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