CHIAPPE Jean (1878-1940)

Cimetière des Sanguinaires d’Ajaccio - cénotaphe à Passy- 8ème division
vendredi 6 mai 2011
par  Philippe Landru

Entré au ministère de l’Intérieur après des études de droit, il fut directeur de la Sûreté générale de 1924 à 1927. Il obtint ensuite le poste de Préfet de police en 1927, poste où il réprima les manifestations communistes, et cultiva des amitiés parmi les milieux d’extrême-droite dont l’Action française et Maurice Pujo, et l’hebdomadaire nationaliste Gringoire, dont le directeur, Horace de Carbuccia, était son gendre. Très populaire parmi les milieux conservateurs, il le fut également des policiers pour leur avoir amélioré les conditions de travail et de vie.

Plusieurs gouvernements successifs tentèrent vainement de déloger ce haut fonctionnaire proche de l’extrême-droite. Les socialistes ayant mis comme condition au gouvernement la révocation du préfet, le radical Édouard Daladier, nouveau président du Conseil, le démit le 3 février 1934, l’accusant également d’avoir freiné l’instruction de l’affaire Stavisky, homme qu’il connaissait. Pour éviter l’apparence d’un décision partisane, Daladier lui proposa le poste de résident général au Maroc, que celui-ci refusa. Les ligues organisent alors une grande manifestation de soutien le 6 février 1934, qui dégénéra vite en émeute contre la République et le gouvernement, et entraîna la chute de Daladier, affaibli par la démission des ministres de centre-droit en soutien au préfet de Police.

Jean Chiappe fut élu en juin 1935 président du Conseil municipal de Paris. Aux législatives de 1936, son élection à Ajaccio fut invalidée, mais il se fit élire député de la Seine et rejoignit le groupe conservateur des Indépendants républicains. Il ne prit pas part au vote donnant les pleins pouvoirs au maréchal Pétain le 10 juillet 1940, qui le nomma haut-commissaire de France au Levant.

C’est dans l’avion qui le menait au Liban et en Syrie, piloté par le célèbre Henri Guillaumet, qu’il fut abattu accidentellement au large de la Sardaigne, par l’aviation italienne ou la Royal Air Force engagées dans une bataille aéronavale.

Contrairement à ce qui est écrit dans la quasi totalité des sites Internet, Jean Chiappe ne repose pas au cimetière de Passy. Les sources ne sont pas très clair sur le sujet : certaines disent que son corps ne fut jamais retrouvé, d’autres qu’il repose au cimetière des Sanguinaires d’Ajaccio (où il y a bien une tombe à son nom). Son épouse repose en revanche au cimetière de Passy (tombe Lemaire de Villers) et c’est la raison pour laquelle elle fit de sa tombe le cénotaphe de son mari (il est bien indiqué « à la mémoire de... »). Ce cénotaphe est orné d’une statue implorante.


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