NOGENT-SUR-MARNE (94) : cimetière
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Le cimetière actuel de Nogent-sur-Marne fut précédé par trois nécropoles : le premier, qui fonctionna jusqu’en juin 1826, disparut complètement en 1842. Le second, à l’angle de l’actuelle rue Théodore Honoré, fonctionna de 1827 à 1873 (à son emplacement, se trouve l’actuelle école primaire Paul Bert).
De 1873 à 1889, les morts de Nogent furent inhumés dans ce qui est désormais l’actuel cimetière du Perreux, qui se trouve en face.
Lorsque Le Perreux fut érigé en commune en 1887, il fallut un nouvel enclos pour Nogent : cet actuel cimetière fut créé en 1889 pour faire face à cette séparation, de l’autre côté de la rue de la Paix. Paradoxalement, le cimetière de Nogent-sur-Marne se trouve donc sur le territoire du Perreux, au lieu dit ’trou de la Borne’. 150 concessions y furent transférées, raison pour laquelle on trouve des dates de décès bien antérieures aux dates d’inhumations.
Curiosités
Au milieu des divisions militaires se trouve un monument dédié aux combattants indochinois morts pour la France lors des deux guerres mondiales et de celle d’Indochine. Il fut inauguré en 2003, à la place d’un premier monument qui avait été édifié en 1933. Les caractères chinoi signifient « Nous sommes venus du bout du monde , en Europe, pour nous engager pour une juste cause ». La stèle voisine fut élevée à la mémoire des morts de l’armée vietnamienne en 1955-1975.
En 1919, dans ce cimetière fut élevée une kouba. Dans les pays de tradition islamique, la kouba est un petit édifice qui vient signaler la tombe d’un pieux personnage. Ce monument, aujourd’hui disparu, honorait le dévouement et la mort, au cours de la Première Guerre mondiale, de soldats musulmans provenant de l’espace colonial français. Peu entretenu dans les années qui suivirent, ses vestiges furent finalement détruits en 1982. Celle-ci devrait être prochainement reconstruite. A proximité de son emplacement se trouvent les tombes de tirailleurs sénégalais et de combattants d’Afrique du Nord.
Le médaillon sur la tombe de la jeune Magdelaine Rameau, morte à 19 ans en 1920, réalisé par Max Blondat.
Le tombeau Ringuenet, volute minérale.
Célébrités : les incontournables...
André GAILLARD
TCHANG TCHONG-JEN
... mais aussi
Emile ARMET de LISLE (1853-1928) : industriel, il hérita en 1878 d’une fabrique de quinquinas. Installée à Nogent-sur-Marne, cette usine était perçue comme la plus importante dans sa spécialité. Très vite, il s’intéressa aux travaux des Curie. Dès le départ, des relations serrées se nouèrent entre lui et le laboratoire des Curie. En 1904, il se lança grâce à eux dans la production industrielle du radium.
André BAZIN (1918-1958) : critique cinématographique, il fut l’un des fondateurs des Cahiers du cinéma et a exercé une grande influence sur l’ensemble de la critique française et plus particulièrement sur les réalisateurs de la Nouvelle Vague.
La comédienne Joelle BERNARD (Josette Petot : 1928-1977), qu’on surnomma « la Ginette Leclerc des années 50 » : elle enchaîna effectivement des rôles de garces durant ces années, et si elle joua au cinéma et au théâtre jusqu’à sa mort, elle ne parvint jamais a obtenir un rôle déterminant qui lui aurait permis de sortir de la spirale des seconds rôles.
L’affichiste Paul COLIN (1892-1985) : peintre et décorateur, il fut l’un des plus grands affichistes français. Révélé en 1925 par son affiche pour la Revue nègre, qui contribua à lancer la carrière de Joséphine Baker, il travailla pendant près de quarante ans pour le spectacle, créant non seulement des affiches mais aussi de nombreux décors et costumes. Son style, très Art déco au début, devint rapidement très personnel et impossible à faire entrer dans une catégorie : la justesse synthétique de ses portraits, la force d’évocation de ses affiches pour les grandes causes en firent un maître de la communication visuelle dont l’œuvre reste aujourd’hui exemplaire et très actuelle.
Le fabricant d’éventails Georges DUVELLEROY (1856-1930).
Le peintre Maurice GUY-LOE (1898-1991) : peintre français, il fut l’élève de Fernand Cormon et de Raphaël Collin. Profondément marqué par une Première Guerre mondiale qui se prolongea pour lui en Orient jusqu’en 1920, il exécuta à son retour divers métiers qui lui permirent de subsister. Lauréat de la fondation américaine Blumenthal en 1922, il put enfin se consacrer librement à son art et réaliser de nombreuses décorations murales dans des lieux publics (lycée Janson-de-Sailly, église Saint-Ferdinand-des-Ternes…) aussi bien que chez des particuliers, en France, en Angleterre et aux États-Unis. En même temps se manifesta chez Maurice Guy-Loë une autre vocation qui finit par l’accaparer totalement : le soutien des artistes. À cette fin, il suscita d’abord la création d’une « Association Blumenthal » puis dirigea « L’Entr’aide des Artistes » pendant l’Occupation allemande. Il fonda enfin, en 1944 à Nogent-sur-Marne, une Maison nationale des Artistes qu’il œuvra à perfectionner, en l’agrandissant et en la dotant d’installations professionnelles.
Peter HUTH (1936-2013), le « dentiste des stars » mais également des footballeurs, ayant été chef du protocole de la Fédération française de football, puis de la FIFA, de 1996 à 2006. Il était le père du réalisateur James Huth. On sourira devant sa plaque-épitaphe !
La famille d’architectes NACHBAUR : Georges (1842-1921) et se deux fils Albert (1879-1933) et Georges (1884-1977), qui s’illustrèrent dans l’art nouveau. Plusieurs villas étonnantes de Nogent portent leur signature.
Roland NUNGESSER (1925-2011) : élu député gaulliste en 1958, mandat qu’il conserva jusqu’en 1997, il occupa tour à tour les fonctions de secrétaire d’Etat au Logement (1966-1967), à l’Economie et aux Finances (1968), puis ministre de la Jeunesse et des Sports (1968) dans le gouvernement. Il était le neveu du célèbre aviateur Charles Nungesser, qui s’était abîmé dans l’Atlantique en 1927 en tentant de rejoindre les Etats-Unis en avion. Roland Nungesser a été à la tête du département lors de la seule période où la droite en a détenu la majorité.
L’architecte et sculpteur Henri-Nicolas PELLÉE (1896-1987).
Le Compagnon de la Libération Julien ROGER (1919-1945) : engagé à 17 ans dans Marine, il se distingua sur tous les fronts (Gabon, Syrie, Italie puis en France). Il fut tué au combat sur le coup d’une balle dans la tête. D’abord inhumé au cimetière divisionnaire de la 1ère DFL à l’Escarène dans les Alpes-Maritimes, il fut réinhumé en 1949 à Nogent-sur-Marne dans le Val de Marne.
Gérard SEKOTO (1913-1993) : ce peintre, poète et musicien sud-
africain, qui s’était établi en France en 1947, est relativement méconnu dans le monde francophone, alors qu’il est considéré en Grande-Bretagne et en Afrique du Sud comme un précurseur de la peinture sud-africaine noire contemporaine.
L’architecte Bernard SIRVEN (1949-1995).
Le Compagnon de la Libération Gérard THÉODORE (1920-2012), qui participa au sein des FFL aux campagnes d’Afrique puis du Proche-Orient où il fut amputé. Il devint après la guerre inspecteur Général de l’Insee.
Marie VASSILIEFF (1884-1957) : boursière des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, elle vint à Paris en 1907, pour un simple voyage d’études et s’y installa de façon définitive. Après avoir suivi les cours d’Henri Matisse, elle créa en 1910, avec d’autres compatriotes, l’Académie russe. Cette Académie devint l’un des centres artistiques les plus marquants de la capitale et fonctionna jusqu’à la révolution russe de 1917. En outre, elle tint durant la guerre « cantine ouverte » où les artistes désargentés venaient manger pour quelques sous : s’y rejoignaient Picasso, Gris, Max Jacob, Modigliani ou Braque... Dans cet entourage des artistes les plus novateurs de l’époque, Marie Vassilieff élabora tout au long de sa vie un univers pictural personnel. Ses qualités essentielles de peintre, la précision du dessin, la rigueur des compositions et le sens aigu des couleurs, furent mis au service de sa fantaisie et de sa créativité. Ainsi ses œuvres se teintèrent au cours des années de connotations symboliques ou mystiques suivant les thèmes abordés. Les créations propres de Marie Vassilieff appartiennent essentiellement au style cubiste, ses tableaux les plus intéressants sont des portraits de danseurs aussi bien que des portraits de ses amis, Jean Cocteau, Picasso et Matisse. On la connaît aussi pour ses pièces de mobilier décoratives et ses portraits de poupées et ses œuvres restent très populaires.
Merci à Herbert pour les photos des tombes Bazin, Bernard et Vassilieff
Merci à Nicolas Badin pour les photos Nungesser, Huth, Gaillard et Théodore
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