BRIALY Jean-Claude (1933-2007)

Montmartre - 15ème division
lundi 4 février 2008
par  Philippe Landru

Engagé dans une carrière militaire, il bifurque finalement pour la comédie et apparaît à 20 ans dans les courts métrages de la Nouvelle Vague de Jacques Rivette et de Jean-Luc Godard, entamant une carrière de cinquante ans, jouant avec tous les réalisateurs du moment (l’un de ses rôles les plus emblématiques fut sans doute Le Beau Serge de Chabrol).

Acteur pour le théâtre comme pour le cinéma ou la télévision, il réalisa plusieurs films (Eglantine, les Malheurs de Sophie...). Directeur du théâtre des Bouffes-Parisiens depuis 1987, auteur de deux romans, les nécrologies qui fleurissent soulignent toutes l’élégance de l’homme, sa mémoire et son goût pour l’histoire de sa profession, son caractère mondain et sa grande générosité.

A l’annonce de son décès, les dépêches précisèrent qu’il serait inhumé au cimetière Montparnasse. Pour les habitués des cimetières, l’annonce était étonnante : nous savions depuis des années qu’il avait réservé sa place à coté de Marie Duplessis, la Dame aux Camélias, où il s’était fait aménager une tombe assez composite. Il fut finalement bien inhumé à Montmartre : l’annonce un peu rapide, relayée par des médias assez ignorants finalement, avait peut-être pour but de décourager les paparazzi en les entraînant sur une fausse piste (je suis près à parier que beaucoup ont attendu en vain à Montparnasse). Il repose donc bien à la droite de Marie Duplessis : sa tombe est actuellement peu visible tant les fleurs sont nombreuses.

Il avait demandé à ce que ses funérailles soient faites dans la plus stricte intimité, ce qui est tout à fait respectable. Une pleïade de célébrités s’y rendirent, ce qui est logique : ils étaient ses collègues de travail et ses amis. Mais la société du spectacle sait reprendre ses droits : toutes les couronnes portent le nom de leurs expéditeurs, et c’est donc un véritable bottin artistique qui s’offre aux visiteurs ... toujours ce même paradoxe aux funérailles de vedettes, entre désir d’anonymat et de respect de la peine réellement éprouvée, et exhibitionisme des égos !!!

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A gauche, Marie Duplessis, à droite Brialy écrasé par les couronnes de fleurs.

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septembre 2007 : les couronnes ont disparu. La division retrouve son calme...


Retour au cimetière Montmartre


Commentaires

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BRIALY Jean-Claude (1933-2007)
samedi 11 mai 2013 à 16h29 - par  didoudestpaul

C’est toujours avec un souvenir ému que je pense à Mr BRIALY.... nous nous étions rencontrés plusieurs fois à Angers lorsqu’il était directeur du Festival d’Anjou et moi étudiant. Accessible et fort sympathique, je n’avais pas imaginé qu’il disparaisse si tôt. J’étais à Paris, le quartier de l’Ile St Louis était bloqué et bouclé.... A peine nouvellement élu, le président de la république était annoncé pour la cérémonie.... Moi avec une rose, j’ai tenté de m’infiltrer mais en vain, je n’avais pas le sésame pour franchir les contrôles, le seul carton d’invitation en ma possession était une fort belle photo.... j’était très ému et triste de sa disparition, en colère aussi d’être si prês mais trop loin de lui... Un CRS m’a gentiment laissé passé pour que je puisse confier la rose à « une invitée » en témoignage de ma grande admiration. En repartant, dans le quartier et après que le convoi fut parti, j’ai croisé Claude Rich et son épouse, accablés, avec lesquels j’ai pu discuter en exprimant mes regrets de cette « privatisation ». Bien entendu, je peux comprendre cette volonté de funérailles en toute intimité, mais cela me semble très difficile à comprendre lorsqu’on a demandé et mérité l’amour du public.

lundi 13 mai 2013 à 19h38

Merci de ce message. Je suis un peu nostalgique... Didou

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dimanche 12 mai 2013 à 00h17 - par  Kay Harpa

DidouestPaul, si cela peut te consoler, sa tombe est toujours impeccable et les plantations régulièrement changées. Chaque fois que je vais à Montmartre, je vais le saluer lui et Alphonsine. Je fais brûler des bâtons d’encens « car les fleurs sont périssables ». Fort heureusement, nos très chers artistes sont tout à fait en paix à Montmartre : Jean-Claude, Michel Berger, François Truffaut, ........ et même Dalida, si célèbre et tant exposée, ne subissent aucun dommage.
Ton témoignage m’a touchée. Salutations, Kay Harpa (sur Flickr)

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BRIALY Jean-Claude (1933-2007)
dimanche 18 mars 2012 à 20h22 - par  laurent motard

pour répondre au message concernant cet étonnement , la réponse est toute simple : lorsqu’on est une vedette, une star,une personnalité connue et reconnue tel que jean claude brialy, on peut donc aisément choisir son emplacement pour l’éternité....
rien de plus simple, mais ce n’est bien évidemment pas à la portée du commun des mortels..

repose en paix jean claude, là où tu es chacun sait le bien que tu as fait ici sur terre pour jacques et bien d’autres depuis disparus...

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dimanche 18 mars 2012 à 21h10 - par  cp

Point la peine d’être « puissant ». Le cimetière breton un peu embouteillé où reposent mes grands-parents paternels ayant fait l’objet d’une « reprise » des sépultures abandonnées, ma mère, en parfaite santé mais prévoyante, avait remarqué la libération de la tombe voisine. Elle poussa avec insistance mon père à écrire au maire pour gracieusement pouvoir prendre une option, au cas où.

Mon père s’exécuta, incrédule, moqueur, mais pour lui faire plaisir. Nous n’imaginions pas que cette tombe, ma mère allait aussi vite l’occuper.

Pour paraphraser Michel Simon dans « Drôle de Drame », à force de penser à des choses terribles, elles finissent par arriver.

BRIALY Jean-Claude (1933-2007)
lundi 5 décembre 2011 à 19h39

je suis toujours très étonné que certains puissent choisir leur emplacement.... comment peuvent-ils réussir à obtenir certains emplacements fort convoités et bien évidemment pas au fin fond de Pantin....