CÉRILLY (03) : cimetière

dimanche 24 juillet 2022
par  Philippe Landru


Le moins que l’on puisse dire, c’est que la commune de Cérilly a mis en valeur le patrimoine funéraire de son petit cimetière : on aimerait que ce soit le cas partout ! On y trouve non seulement un plan qui localise les sépultures dignes d’intérêt, mais également deux plaques qui présent les rapides notices biographiques des personnalités locales.

Comme c’est souvent le cas dans les petits cimetières ruraux de l’Allier, les tombes sont disposées de manière très distantes sur le terrain.

- Joseph de BEAUCAIRE (1807-1879) : veneur et maître d’équipage en forêt de Tronçais, cette figure locale fut musicien traditionnel et joueur de musette. Il mena grand train et dépensa sans compter ; ses terres devant être vendues les unes après les autres. Il termina sa vie dans la pauvreté, après avoir tout dilapidé.

- L’historien local Georges BODARD (1862-1941).

- Dans deux tombeaux contigus de la famille Chevalier reposent :

  • Le général Georges CHEVALIER (1854-1938), qui fut , directeur du génie au ministère de la Guerre de 1910 à 1917. A ce titre, il fut efficace à fournir aux armées les approvisionnements immenses de matériel de toutes catégories. En liaison avec le maire de Cérilly, il organisa à partir de 1915, en forêt de Tronçais et Civrais, des cantonnements militaires avec scieries où environ 500 hommes travaillèrent en permanence pour fournir du bois.
  • Jacques CHEVALIER (1882-1962), son fils, professeur de philosophie et disciple de Bergson. Il fut secrétaire d’État à l’instruction publique, puis à la famille en 1940-1941. Arrêté par les FFI en 1944, il témoigna au procès du maréchal Pétain au sujet des négociations franco-britanniques. Condamné en 1946 à vingt ans de travaux forcés, il fut gracié l’année suivante. Il se retira alors à Cérilly pour se consacrer à la rédaction de ses travaux philosophiques, notamment sa monumentale Histoire de la Pensée.
  • L’historien François CHEVALIER (1914-2012), fils du précédent, qui fut le premier Français spécialiste de l’Amérique Latine. Il fut directeur de l’Institut français d’Amérique latine à Mexico de 1949 à 1962, dirigea l’Institut français d’études andines de Lima et fut directeur de la Casa de Velasquez de 1967 à 1979. En 1970, il fut nommé professeur à la Sorbonne.

- Jean-Baptiste DEFOULENAY (1817-1908) : maire de Cérilly, il fut est député de l’Allier de 1876 à 1881, siégeant au centre-gauche. Son corps fut déplacé ultérieurement dans le caveau familial du nouveau cimetière.

- L’explorateur François PERRON (1775-1810), qui participa à une expédition vers les Terres Australes jusqu’en Nouvelle-Hollande à bord des vaisseaux Le Géographe et Le Naturaliste. Avec Charles-Alexandre Lesueur, également membre de l’expédition, il constitua une immense collection de plus de 100 000 spécimens dont 2 500 d’espèces nouvelles. En 1805, il fut élu membre correspondant de l’Institut. Il fut l’auteur d’Observations sur l’anthropologie (1800), et de certaines parties du Voyage de découvertes aux Terres Australes, pendant les années 1800, 1801, 1802, 1803 et 1804. Il reposa dans ce cimetière jusqu’en 1842, où ses restes furent transférés sous un monument à sa mémoire sur la place qui porte son nom à Cérilly. Une « plaque cénotaphe » le signale cependant dans le cimetière.

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Tombeau Féron, place Féron.

- Le poète Charles-Louis PHILIPPE (1874-1909), qui fut aussi critique littéraire, conteur, chroniqueur et romancier. En 1908, il fut l’un des fondateurs de La Nouvelle Revue française (NRF) et l’auteur de Bubu de Montparnasse. Il faisait partie du « groupe de Carnetin » — du nom d’une maison louée en commun, près de Lagny, sur la Marne — avec Francis Jourdain, Marguerite Audoux, Léon Werth et Léon-Paul Fargue. Il se lia d’amitié avec André Gide et Valery Larbaud, vécut très modestement, et mourut prématurément d’une typhoïde compliquée d’une méningite. Il repose sous un buste d’Antoine Bourdelle, avec pour épitaphe Les grosses âmes peuvent parcourir le monde en y trouvant des joies / mais les âmes délicates ont beaucoup à souffrir.


Merci à Thierry Bord pour les photos.


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samedi 29 octobre

Je suis en train de remettre à jour toutes les rubriques qui listent le plus exhaustivement possible le patrimoine funéraire de tous les départements. Tous les cimetières visités par moi (ou par mes contributeurs) y sont portés, mise-à-jour des couleurs qui n’étaient pas très claires dans les versions précédentes (le noir apparaissait vert), rajout de tombes depuis les visites, photos de tombes manquantes... N’hésitez pas à les consulter pour y trouver la version la plus globale du patrimoine. Ces rubriques représentent les listes les plus complètes que l’on puisse trouver sur le net du patrimoine funéraire français.

Contrairement aux articles, vous ne pouvez pas interagir sur les rubriques : aussi, si vous avez une information nouvelle à apporter sur un département, merci de laisser votre message en indiquant clairement le département et la commune concernée sur un article dédié uniquement à cela : Le patrimoine funéraire en France : classement par départements

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vendredi 14 février 2014

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