GRÉCO Juliette (1927-2020)

Montparnasse - 7ème division
vendredi 8 janvier 2021
par  Philippe Landru

Née à Montpellier, d’une mère bordelaise et d’un père corse, elle garda de son enfance le souvenir d’années aussi dures que dorées. Son père quitta rapidement la maison, laissant derrière lui sa femme et deux fillettes. Durant la Seconde Guerre mondiale, leur mère était capitaine dans la Résistance, ce qui valut aux fillettes de vivre chez leurs grands-parents. Se retrouvant seule à Paris, elle fut hébergée et prise en charge par la comédienne Hélène Duc, son ancienne professeur de français. S’habillant des vêtements des garçons de la maison, les seuls disponibles, et d’une paire de chaussures donnée par une amie d’Hélène Duc, Alice Sapritch, elle inventa ainsi le style Saint-Germain !

Elle commença sa carrière dans l’après-guerre, dans un Paris libéré où la toute jeune femme séduisit alors, par sa beauté et son esprit, les intellectuels et artistes de Saint-Germain-des-Prés. Sur scène, Juliette Gréco chanta d’abord Raymond Queneau ou Jean-Paul Sartre à qui elle dut ses premiers succès, Si tu t’imagines... et La Rue des Blancs-Manteaux.

En 1949, disposant d’un riche répertoire, elle participa à la réouverture du cabaret Le Bœuf sur le toit. Elle rencontra cette année-là Miles Davis, avec lequel elle eut une liaison. Elle rencontra le comédien Philippe Lemaire, sur le tournage du film Quand tu liras cette lettre de Jean-Pierre Melville, et l’épousa en 1953 : elle en divorça après la naissance d’une fille trois ans plus tard. Dès 1954, ce fut la consécration avec un premier passage à l’Olympia. Elle élargit au fil du temps son répertoire avec Prévert, Desnos, Vian, Kosma, Charles Aznavour (qui signa Je hais les dimanche), ou encore Léo Ferré (Jolie môme).

En 1957, elle se rendit à Hollywood pour y interpréter quelques rôles pour des réalisateurs prestigieux tels que Orson Welles. Elle y eut une relation orageuse avec le producteur Darryl F. Zanuck. De retour à Paris, elle enregistra une dizaine de chansons de Serge Gainsbourg, à l’époque quasi inconnu, dont la Javanaise.

En 1965, son rôle dans la série Belphégor fit grimper sa popularité. C’est à cette époque qu’elle rencontra Michel Piccoli qu’elle épousa. Sa carrière marqua le pas dans les années 70, mais elle revint au début des années 90 avec deux albums. En 2004 sortit Aimez-vous les uns les autres ou bien disparaissez, album sur lequel travaillèrent notamment Benjamin Biolay, Art Mengo, Bernard Lavilliers et Christophe Miossec.

Elle avait épousé en ultime noce Gérard JOUANNEST (1933-2018), son pianiste depuis la fin des années 60, avec lequel elle repose désormais. Il fut l’accompagnateur de Jacques Brel à partir de 1958, puis son compositeur à partir du moment où ils écrivent ensemble Ne me quitte pas. De la collaboration et de l’exceptionnelle amitié de ces deux hommes, d’autres morceaux suivirent : Marieke, Ces gens-là, Bruxelles, Madeleine, Les vieux, Mathilde, La chanson de Jacky, La chanson des vieux amants

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Merci à Romain Djr pour le complément photo


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