AJAT (24) : cimetière

visité en août 2020
jeudi 27 août 2020
par  Philippe Landru

Le cimetière d’Ajat sera pour le taphophile l’occasion d’honorer Suzanne LACORE (1875-1975).

Institutrice en Dordogne, de 1894 jusqu’à sa retraite en 1930, elle mena son activité politique en parallèle avec sa carrière d’enseignante. Elle publia des brochures, rédigea des articles pour les journaux et à prononça des discours pour défendre, entre autres, les droits des femmes et des enfants. Elle y mit, en particulier, l’accent sur les bienfaits exercés par l’École maternelle, démontrant pourquoi il importe qu’un enfant reçoive une éducation dès son plus jeune âge. Dans le domaine de la protection de l’enfance, ses efforts, en vue d’améliorer la prise en charge des jeunes délinquants, ont préparé la voie à l’abolition, en 1945, des maisons de correction.

En 1906, en entrant à la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), elle devint une socialiste militante de tendance guesdiste. Après la scission de Tours, elle resta fidèle à la SFIO et fit progressivement la synthèse entre le socialisme dogmatique de Jules Guesde et celui, plus humaniste, de Jean Jaurès. Elle s’attacha à reconstruire le parti en s’occupant, entre autres, de la question féminine, participant en 1931 à la création du Comité national des femmes socialistes (CNFS), dont elle fut l’une des figures marquantes. Le 4 juin 1936, elle devint l’une des trois femmes ministres du gouvernement de Front populaire avec Cécile Brunschvicg et Irène Joliot-Curie, à une époque où les femmes ne pouvaient ni voter, ni être élues. Elle fut nommée sous-secrétaire d’État chargée de la Protection de l’enfance.

Durant son mandat ministériel, outre une réforme de l’Assistance publique, Suzanne Lacore conçut un vaste ensemble de mesures relatives aux enfants déficients, aux enfants défavorisés et aux loisirs. Elle institua les « visiteuses sociales » et créa des sessions de formation destinées aux jeunes travailleuses. Elle fit aussi prendre des mesures de soutien en faveur des enfants abandonnés.

Elle mourut centenaire. Dans le village, on peut encore voir la maison où elle habita (plaque) et un petit musée lui est consacrée à la mairie.

J’ai été en revanche très étonnée de constater que rien ne signale sa présence sur la tombe de famille, pas même son identité (j’ai du avoir confirmation de sa présence dans le tombeau par la mairie) [1] ; sans compter que son lieu d’inhumation n’est absolument pas médiatisé. Contrairement à Cécile Brunschvicg et Irène Joliot-Curie, qui appartenaient à la haute bourgeoisie parisienne, il est vrai que le profil se Suzanne Lacore était plus humble. En ces temps où la reconnaissance du rôle des femmes dans la société se fait entendre, il serait bon qu’un hommage plus manifeste lui soit rendu sur cette tombe.


[1Il existe deux tombeaux Lacore au cimetière : le tombeau Lacore-Masseboeuf, dans lequel repose sa nièce Angèle, et le grand caveau Lacore-Laganne, dans lequel repose Suzanne.


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