VIERZON (18) : cimetière Ville

mercredi 1er décembre 2021
par  Philippe Landru

Cimetière non traité de manière exhaustive

La ville de Vierzon est issue de la fusion, en 1937, de quatre communes distinctes : Vierzon-Ville, Vierzon-Villages, Vierzon-Forges et Vierzon-Bourgneuf. Des cinq cimetières, celui de Vierzon-ville, créé en 1830, est le plus ancien et celui qui contient les figures notables de la ville. Parmi elles, un grand nombre de porcelainiers et d’industriels spécialisés dans la mécanique agricole.

- Maurice CARON (1896-1972) : résistant, il fut déporté à Neuengamme. Maire socialiste de Vierzon (1947-1959), il fut PDG du Berry républicain.

-  Charles CLIQUET (1891-1956) : résistant, il participa activement, dès juin 1940, au passage de clandestins en zone libre, notamment pour le compte du réseau d’évasion anglais du S.I.S. Pat O’Leary, spécialisé dans le rapatriement des pilotes ou celui de l’Organisation civile et militaire. Dénoncé, arrêté et torturé en 1943, puis envoyé à Buchenwald, il s’en évada et rejoignit les Alliés. Membre des Forces françaises de l’intérieur (FFI), Charles Cliquet fut nommé Compagnon de la Libération, au titre de la résistance intérieure.

- Le porcelainier François-Xavier DARMET (1843-1911), qui fut maire de Vierzon-villages.

- Le vétérinaire Jean-Baptiste FONTHENEAU (1783-1862), dont la stèle indique : Vétérinaire en chef de l’armée / Du prince Jérôme Bonaparte / En Westphalie / Ancien commandant de la Garde nationale de Vierzon / médaillé de Sainte-Hélène.

- L’industriel Célestin GÉRARD (1821-1885), pionnier du machinisme agricole. Il inventa un grand nombre de batteuses avant de construire, en 1861, sa première locomobile pour remplacer le manège d’animaux (bœufs ou chevaux) et faire fonctionner ses batteuses. De nombreux modèles sans cesse améliorés se succédèrent.

- Le constructeur de machines agricoles Louis-henri MERLIN (1824-1891).

- Le politicien Emile PÉRAUDIN (1865-1935) : maire de Vierzon en 1900, il fut député du Cher de 1924 à 1928, élu en tête de la liste du Cartel des Gauches, et inscrit au groupe républicain socialiste.

- Le porcelainier Pierre PÉTRY (1785-1837), qui eut deux enfants de sa domestique Catherine Hache alors qu’il était marié ! Il se remaria avec elle et ils reposent sous un double cercueil sous un linceul de marbre.

- Edouard VAILLANT (1840-1915), la « star » du cimetière ! Issu d’une famille aisée, ingénieur diplômé de l’École centrale en 1862, docteur ès sciences de la Sorbonne, docteur en médecine, il fréquenta à Paris Charles Longuet, Louis-Augustin Rogeard, Jules Vallès. Il découvrit les thèses de Joseph Proudhon, qu’il rencontra, et adhéra à l’Association internationale des travailleurs. La déclaration de guerre franco-allemande le contraignit à rentrer à Paris, abandonnant sa formation. Il participa ainsi à l’avènement de la République le 4 septembre 1870. C’est pendant le siège de Paris qu’il fit la connaissance d’Auguste Blanqui. Il fut à l’origine du Comité central républicain des Vingt arrondissements, participa aux soulèvements refusant les négociations d’armistice. Le 5 janvier 1871, il fut des quatre rédacteurs de l’Affiche rouge, qui appelait à la formation d’une Commune à Paris. Elu au Conseil de la Commune dans le XXe arrondissement, il devint délégué à l’Instruction publique. Il parvint à réorganiser les écoles primaires qui subissent la désaffection d’une bonne part des religieux. Il voulut instaurer la laïcité à l’école en interdisant l’enseignement confessionnel. Il tenta aussi de valoriser l’éducation des filles et l’enseignement professionnel, mais la répression versaillaise ne lui en laissa pas le temps.

Dès la fin de la Semaine sanglante, sans attendre sa condamnation à mort par contumace, en juillet 1872, il partit pour l’Angleterre, en passant par l’Espagne et le Portugal. À Londres, il entra au secrétariat de l’Internationale où il continua à militer dans la tendance blanquiste. Mais il rompit en 1872, trouvant que l’Internationale n’était pas assez révolutionnaire. De retour en France après l’amnistie de 1880, il tenta d’unir les courants du socialisme, mais la montée du boulangisme provoqua une nouvelle division avant même l’affaire Dreyfus et la question de la participation socialiste au gouvernement qui divisait Jean Jaurès et Jules Guesde. Dans la lutte entre les « révolutionnaires » et les « réformateurs », il adopta une position intermédiaire. À partir de 1893, il fut élu député et régulièrement réélu jusqu’à sa mort.

Dirigeant du Parti socialiste révolutionnaire, il participa en 1901 à la fusion avec le Parti ouvrier et l’Alliance communiste révolutionnaire au sein de l’Unité socialiste révolutionnaire, qui devint en 1902 le Parti socialiste de France. Le PSdF fut en 1905 une des deux composantes de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO), dont il devint le représentant à la Chambre : interventions en faveur des libertés communales, de la journée de huit heures, de l’extension des assurances maladie, chômage, invalidité. Il fut candidat de la SFIO à l’élection présidentielle de janvier 1913, et arriva troisième. Comme la grande majorité des socialistes, il se rallia à l’Union sacrée après l’assassinat de Jean Jaurès. Il fut inhumé dans sa ville natale de Vierzon.

- L’ophtalmologiste Emile VALUDE (+1930)


Merci à Nicolas Badin et à Patrice Billon pour les photos.


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samedi 29 octobre

Je suis en train de remettre à jour toutes les rubriques qui listent le plus exhaustivement possible le patrimoine funéraire de tous les départements. Tous les cimetières visités par moi (ou par mes contributeurs) y sont portés, mise-à-jour des couleurs qui n’étaient pas très claires dans les versions précédentes (le noir apparaissait vert), rajout de tombes depuis les visites, photos de tombes manquantes... N’hésitez pas à les consulter pour y trouver la version la plus globale du patrimoine. Ces rubriques représentent les listes les plus complètes que l’on puisse trouver sur le net du patrimoine funéraire français.

Contrairement aux articles, vous ne pouvez pas interagir sur les rubriques : aussi, si vous avez une information nouvelle à apporter sur un département, merci de laisser votre message en indiquant clairement le département et la commune concernée sur un article dédié uniquement à cela : Le patrimoine funéraire en France : classement par départements

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vendredi 14 février 2014

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