LECANUET Jean (1920-1993)

Abbaye Saint-Georges de St-Martin-de-Boscherville (76)
mardi 23 mars 2010
par  Philippe Landru

Agrégé de philosophie, professeur à Lille, catholique très pratiquant (il était membre de l’Opus Dei), il entra dans la Résistance en 1943. Député M.R.P. (1951-1955), puis sénateur (1959-1973) de la Seine-Maritime, il fut secrétaire d’État à la présidence du Conseil en 1955-1956. Président national du M.R.P. (1963-1965), il s’efforça de rassembler les divers courants centristes et se présenta à l’élection présidentielle de décembre 1965, où il obtint 15,57 % des voix, contribuant ainsi à mettre le général de Gaulle en ballottage. Il fonda en 1966 le Centre démocrate, qu’il présida jusqu’en 1976. Maire de Rouen à partir de 1968, député de la Seine-Maritime (mars 1973-juin 1974), il soutint la candidature de Valéry Giscard d’Estaing. Après l’élection de celui-ci, il fut nommé garde des Sceaux (mai 1974-août 1976), puis ministre d’État chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire (août 1976-mars 1977). En mai 1976, le Centre Démocratie et Progrès de Jacques Duhamel et le Centre démocrate fusionnèrent en un nouveau parti, le Centre des démocrates sociaux (C.D.S.), dont Jean Lecanuet devint le président. En février 1978, celui- ci entraîna le C.D.S. dans une alliance avec le parti républicain et le parti radical au sein de l’Union pour la démocratie française (U.D.F.), qu’il présida également. Réélu sénateur de la Seine-Maritime (depuis 1977), il fut aussi député au Parlement européen de 1979 à 1988. Il quitta la présidence du C.D.S. en février 1982, pour se consacrer à celle de l’U.D.F., qu’il assuma jusqu’en 1988. Élu député de la Seine-Maritime en mars 1986, il retrouva son siège au Sénat, où il devint président de la Commission des affaires étrangères et des forces armées.

Conformément à son vœu, Jean Lecanuet repose dans l’abbaye Saint-Georges de Boscherville, construite du XIIe et XIIIe siècle, un lieu qu’il prisait. Les arrêtés préfectoraux autorisant son inhumation ainsi que celle, plus tard, de son épouse dans un bâtiment public font l’objet de vives critiques, des défenseurs du patrimoine estimant qu’un homme politique n’avait pas sa place dans ce lieu.


Merci à Jean-François Husson pour les photos.


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