SCHEFFER Ary (1795-1858)

Montmartre - 22ème division
jeudi 7 février 2008
par  Philippe Landru

Peintre français d’origine hollandaise, il fut l’un des plus importants représentants de l’école romantique en France. Son œuvre reste néanmoins atypique dans la mesure où elle ne possède ni la violence, ni le mouvement qui caractérisèrent Delacroix ou Géricault. Peintre religieux avant tout, son protestantisme l’amena à représenter des scènes de l’évangile : mystique, on dit de lui qu’il fut un « romantique froid ».

De fait, sa peinture rappelle à certains égards celles des préraphaélites religieux. Il fut également un portraitiste renommé. Très lié au régime de Louis-Philippe (il enseigna l’art à ses enfants), la Révolution de 1848 marqua pour lui la fin de la reconnaissance et des honneurs.

Sa maison parisienne, située en plein cœur du quartier de la Nouvelle Athènes, est devenue en 1987 l’actuel Musée de la vie romantique.

Bien des choses sont à dire sur sa chapelle funéraire familiale : tout d’abord qu’elle est également la dernière demeure d’Ernest Renan qui avait épousé la nièce du peintre. Elle abrite aussi la dépouille de sa fille unique, Cornelia Scheffer-Marjolin (1830-1899), qui fut peintre et sculpteuse.

L’intérieur de cette chapelle est très riche : Ary Scheffer réalisa le gisant de sa mère, Cornelia Lamme (1771-1839) : il s’agit ici d’un moulage de l’original, conservé au musée Ary Scheffer de Dordrecht, aux Pays-Bas.

Sur les parois, des peintures sur lave reproduisent des œuvres du peintre : elles sont de Cornelia Marjolin.

L’extérieur de la chapelle est également orné d’un bas-relief en marbre inspiré de l’Ange pleurant de Ary Scheffer.

Enfin, comme le rappelle la plaque de droite à l’intérieur du mausolée, c’est dans cette chapelle qu’avait été inhumé le dictateur vénitien Daniele Manin (1804-1857), qui lutta contre les Autrichiens et devint président de la République de Venise en 1848. Contraint à l’exil, il se réfugia à Paris où il mourut, ce qui explique sa présence ici. Ses cendres furent rapatriées triomphalement à Venise en 1868.


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