55 - MEUSE
SAINT-MIHIEL (55) : cimetière des Abasseaux
A l’origine, le cimetière paroissial entourait l’église Saint-Etienne alors que les Bénédictins inhumaient, à partir du XIIe siècle, dans l’église abbatiale, dans la cour au sud ainsi qu’au nord, à l’emplacement du jardin du presbytère actuel ; les ordres religieux inhumaient dans leur couvent ; l’hôpital dans un cimetière placé à l’angle de la rue Morguesson, les lépreux étaient quant à eux à proximité de la chapelle Sainte-Agathe, hors la ville. Le cimetière de la ville fut délocalisé à son emplacement actuel au début du XVIe siècle. Il ne cessa de s’agrandir par la suite pour atteindre sa taille actuelle.
Curiosités
– On a conservé dans ce cimetière un très grand nombre d’anciens tombeaux, parfois ouvragés, en faisant un agréable conservatoire de l’art funéraire ancien.
– 2 médaillons sur la tombe Baudot signés Ernest Bussière.
Célébrités : les incontournables...
Aucune
... mais aussi
– Dans l’un des tombeaux de l’alignement de la famille Rouÿn-Audéoud repose le
général René AUDÉOUD (1854-1909). Il servit en Indochine, au Sénégal, à Madagascar et au Soudan avant d’être chargé en 1887 par Joseph Gallieni d’explorer le Baoulé dans le haut Sénégal pour rallier les Bambaras à la France contre Ahmadou. Lieutenant-colonel, nommé gouverneur par intérim du Soudan français (1897), il participa aux dernières campagnes contre Samory, dirigea le siège de Sikasso en avril 1898 et les opérations qui aboutirent à sa capture.
– Le général Charles Joseph BOYà d’ABAUMONT (1762-1832), officier ayant mené les armées révolutionnaires puis impériales, qui fut fait baron d’empire en 1808. Il fut, pendant les Cent-Jours et de 1819 à 1822, maire de Saint-Mihiel.
– Le général Nicolas BLAISE (1812-1870), affecté au 2ème bataillon de zouaves, qui
fut tué lors du siège de Paris en 1870 à Ville-Evrard. Sa tombe, érigée grâce à une souscription, est ornée de son buste et de deux soldats, un fantassin et un zouave en grandeur nature, en fonte peinte. C’est une œuvre de Martin Pierson. Une rue du 11ème arrondissement de Paris honore sa mémoire.
– Le dessinateur, peintre et sculpteur Dante DONZELLI (1909-1999), fils du peintre
et sculpteur Duilio Donzelli, avec lequel il travailla dans la réalisation de nombreux monuments aux morts, la restauration de fresques, de statues, de décors d’église… Les Donzelli ont participé à la reconstruction artistique de la Meuse : sur 180 églises détruites puis reconstruites après la Grande Guerre, ils ont peint de très nombreuses fresques d’inspiration Renaissance et byzantine. Il était le grand-père de la réalisatrice Valérie Donzelli.
– Le magistrat Charles-Emmanuel DUMONT (1802-1878), qui se passionna pour l’histoire de la région et qui fut l’auteur de vingt volumes d’histoires consacrées à Saint-Mihiel et Commercy.
– La peintre de fleurs et aquarelliste Germaine GLORIA (1888-1962), qui fut également connue comme décoratrice, illustratrice et affichiste (elle travailla notamment avec Paul Colin au Salon d’Automne).
– Le colonel François Alexandre GROSJEAN (1747-1823), qui fit les campagnes révolutionnaires puis impériales. En 1808, l’Empereur l’autorisa à exercer l’emploi de chef d’équitation des troupes à cheval dans le royaume d’Italie.
– Le magistrat Jules HONNORÉ (1836-1886), qui fut sénateur de la Meuse de 1879
à sa mort. Avec lui repose son fils Pol (1867-1948), qui fut préfet du département.
– Le géomagnéticien Henri LARZILLIÈRE (1933-1997), qui mena des expérimentations en Terre Adélie.
– Laurent LECLERC (1768-1844), qui fut député de la Meuse de 1824 à 1827.
– Jean-Joseph MARQUIS (1747-1822) : Député en 1789 (il fut signataire du Traité du jeu de paume), membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-cents, il fut encore député au Corps législatif de la Meuse de 1811 à 1815. Il fut également Préfet de la Meurthe de 1800 à 1808.
– L’épicier Jean-Baptiste SAUCE (1755-1825), qui entra dans l’histoire de manière
imprévue. En juin 1791, en l’absence du maire, député à l’Assemblée nationale, ce procureur-syndic était le premier magistrat de la commune de Varennes-en-Argonne. Dans la nuit du 21, c’est pour protéger les voyageurs de la vindicte des patriotes en attendant les ordres officiels, qu’il accueillit à son domicile la baronne de Korff et sa suite (en fait Louis XVI, sa famille et quelques fidèles qui fuyaient la France). Il traita ses hôtes avec le respect dû à des voyageurs de passage mais, face à l’incertitude de leur identité, sans leur accorder les égards dus communément aux personnes de sang royal.
Il vérifia les passeports qui semblaient en règle et s’apprêtait à laisser repartir la berline, mais Jean-Baptiste Drouet l’en empêcha. Leur véritable identité fut finalement découverte. À la reine qui espérait obtenir le soutien de madame Sauce au nom d’une certaine solidarité féminine, l’épicière répondit : « Madame, vous vous souciez des intérêts de votre mari ; souffrez que je me soucie des intérêts du mien ». Jean-Baptiste Sauce termina sa vie comme greffier en chef du tribunal de Saint-Mihiel puis comme greffier de la cour de justice criminelle du département de la Meuse.
Son fils aîné, Jean-Baptiste SAUCE (1775-1859), resta célibataire et entra comme soldat au bataillon de la Meuse en 1792. Il fit les campagnes de la Révolution et de l’Empire. Sa tombe, ornée des attributs militaires, se trouve à proximité de celle de son père.
– L’aviateur Robert THIÉRY (1895-1925). Engagé volontaire en 1914, il accomplit de
nombreuses missions de reconnaissance photographique et de bombardement. Démobilisé en 1919, il devint pilote à la Compagnie des messageries aériennes. En 1920, il entra chez Breguet. Avec Dieudonné Costes, il tenta un raid en ligne droite vers le Golfe Persique. Décollant d’Étampes, ils rencontrent du mauvais temps au-dessus de l’Allemagne. L’avion perdit de l’altitude et accrocha les arbres dans la région de Fribourg-en-Brisgau. Costes fut blessé, mais Thiéry, grièvement blessé, mourut sans avoir repris connaissance.
