La Casa Azul (la Maison bleue) se situe dans le centre de Coyoacán, à Mexico. Il s’agit de la maison natale de l’artiste peintre Frida Kahlo, construite en 1904 et donnée en 1958 par le peintre muraliste Diego Rivera pour en faire un musée. Elle est surnommée « la maison bleue » en raison de la couleur de ses murs extérieurs et intérieurs.

En visitant cette maison, on entre dans l’intimité de l’artiste.

Dans cette belle demeure, l’artiste a vécu la plus grande partie de sa vie ; d’abord avec sa famille et des années plus tard, avec Diego Rivera. De même, de nombreux visiteurs mexicains et étrangers ont séjourné dans cet endroit, attirés par le couple d’artistes. En 1937, le président Lazaro Cardenás accorda l’asile politique à Léon Trotski qui fut hébergé avec sa femme dans la « Maison bleue » pendant deux ans, jusqu’en 1939. Une brève liaison que l’on dit passionnée se développa entre Trotski et Frida.

Le marxisme donnera la santé aux malades

Des peintures des deux artistes y sont conservées, par exemple l’Autoportrait à la robe de velours de 1926 ou Le marxisme donnera la santé aux malades de 1954. En outre, des œuvres d’art populaire, des sculptures précolombiennes, des photographies, des documents, des livres et des meubles y sont exposés.

Frida KAHLO (1907-1954), devenue une icône de la pop culture, est la peintre la plus emblématique du Mexique. Elle fut profondément marquée par la maladie et les drames corporels, qui devinrent la matière première de son œuvre : atteinte d’une poliomyélite à l’âge de 6 ans qui laissa sa jambe droite atrophiée, elle subit un terrible accident à l’âge de 18 ans : le bus dans lequel elle voyageait fut violemment percuté par un tramway. Elle fut transpercée par une barre métallique qui lui brisa la colonne vertébrale, le bassin et les côtes. Clouée au lit pendant de longs mois et condamnée à porter des corsets de plâtre, elle commença à peindre comme exutoire. Sa mère fit alors installer un miroir au-dessus de son lit à baldaquin pour qu’elle puisse utiliser son propre reflet comme modèle.

Dans ses nombreux autoportraits (55 sur les 143 tableaux qu’elle a peints), elle a transformé sa profonde douleur physique et émotionnelle en un langage visuel unique et universel.

Son style naïf et coloré puise abondamment dans la culture préhispanique et le folklore mexicain (animaux, végétation indigène, ex-voto traditionnels). Ses tableaux abordent sans tabou l’identité, le genre, la mortalité, ses fausses couches douloureuses, le handicap et la condition féminine.

Frida Kahlo s’est également distinguée par sa liberté d’esprit, ses amours passionnelles et ses fortes convictions politiques : en 1929, elle épousa le célèbre muraliste Diego Rivera. Leur relation passionnelle fut jalonnée d’infidélités réciproques, de divorces et de remariages. Fervente communiste, elle intégra le Parti communiste mexicain en 1928.

Aujourd’hui, elle est reconnue mondialement comme un symbole de résilience et une icône du féminisme.

Elle fut crématisée conformément à ses dernières volontés : immobilisée et alitée pendant une grande partie de sa vie, elle avait déclaré avec humour et fermeté : « Même dans un cercueil, je ne veux plus jamais rester couchée ! », ses cendres se se trouvent dans une urne précolombienne anthropomorphe en terre cuite représentant un crapaud, clin d’œil affectueux à son mari qu’elle surnommait affectueusement « el sapo-rana » (le crapaud-grenouille). Cette urne est posée sur une table de sa chambre. On lit souvent avec erreur qu’elles se trouveraient sur son lit, dans un masque enveloppé d’un châle : il s’agit en réalité de son masque mortuaire.