FONTAINE-CHAALIS (60) : abbaye de Chaalis

visité en mars 2013
samedi 25 décembre 2021
par  Philippe Landru

L’abbaye royale de Chaalis est une ancienne abbaye cistercienne située à Fontaine-Chaalis, au centre de la forêt d’Ermenonville. Elle fut fondée en 1136 par le roi de France Louis VI le Gros et confiée aux moines de l’abbaye de Pontigny, posséda un très grand nombre de dépendances sous la forme de granges monastiques qui contribuèrent à lui assurer des revenus colossaux. Au XVIIIe siècle, de nouveaux bâtiments conventuels furent construits. Après sa vente comme bien national pendant la Révolution et la destruction de l’abbatiale, le domaine fut transformé au XIXe siècle en résidence de chasse. Nélie Jacquemart, grande collectionneuse, en fit l’acquisition et le légua à l’Institut de France, avec les œuvres d’art qui y étaient conservées.

Le domaine contient actuellement les ruines de l’ancienne abbatiale et du cloître, l’ancienne chapelle abbatiale et ses fresques de la Renaissance, une roseraie et un parc, ainsi que le musée Jacquemart-André et ses collections de peintures, sculptures et arts décoratifs qui sont installées dans le château.

l’abbatiale

La construction de l’abbatiale gothique commença sans doute à la fin du XIIe siècle. En 1217, l’abbé Adam est le premier enterré dans le chœur, achevé lors de la dédicace de l’église en 1219. À la suite des destructions, il subsiste de nos jours en élévation les grandes arcades de l’extrémité nord du transept, quelques fenêtres hautes, l’escalier des matines, qui permettait d’accéder depuis le dortoir à l’abbatiale. La sacristie est la seule pièce toujours existante, prolongée par une petite partie du mur entre le bas-côté et le cloître. Subsiste aussi toujours la tour pinacle, haute de 34 m, qui, outre son rôle d’arc-boutant, permettait d’accéder au dortoir des moines, à la chambre de l’abbé, à la salle du trésor et tout au sommet à une salle de guet.

Autrefois riche en tombes, elles ont toutes disparu mais leur forme et leur disposition sont connues grâce aux relevés du début du XVIIIe siècle. Treize évêques de Senlis, du XIIIe siècle, qui ont tous été moines à Chaalis, ont été enterrés dans le chœur de l’abbatiale, adossés aux murs du chevet. La tombe d’Adam de Chambly était disposée au centre du sanctuaire, fabriquée en cuivre jaune. Dix autres, en pierre, étaient disposées autour du chœur, recouvertes d’un gisant et disposées dans des enfeus surmontés d’un pignon. D’autres tombes du XIVe au XVIe siècle, dont celles de quatre abbés, étaient présentes dans le chœur et la nef de l’église.

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Tombeau monumental de Guérin, évêque de Senlis, située contre le chevet du chœur, vers 1227.
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Tombeau d’Adam de Chambly, évêque de Senlis, située au centre du chœur, vers 1258.
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Cénotaphe de Gilles Mallet (+1411) et de sa femme, dans une chapelle de la nef. Il fut le premier garde de la Librairie royale de 1369 à sa mort, institution installée alors au Louvre et dont les locaux étaient surnommés Tour de la Librairie. Il se fit sans doute inhumer en l’abbaye de Bonport, mais fonda une messe perpétuelle en l’abbaye de Chaalis.
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Dalle funéraire de Jean Le Fel et Robert de la Tourotte, abbés de Chaalis, vers 1523.

La chapelle abbatiale Sainte-Marie


Cette chapelle réservée aux offices privés de l’abbé fut construite entre 1245 et 1255 : son style est similaire à celui d’autres saintes-chapelles de l’époque, comme la Sainte-Chapelle du Palais de la Cité ou celle du château de Saint-Germain-en-Laye. L’ensemble a été lourdement restauré entre 1875 et 1881. Des gargouilles, dessinées furent installées en haut des murs gouttereaux et du pignon.

En 1541, l’abbé Hippolyte d’Este commanda probablement à son compatriote Le Primatice la réalisation de peintures pour les murs de sa chapelle. Ces fresques furent achevées en 1544. Un doute subsiste encore sur la part attribuée à la main du maître et à celles de ses assistants, les spécialistes n’étant pas d’accord sur le sujet.

Dans la chapelle actuelle se trouvent quelques tombeaux, dont certains venus d’Italie à la suite d’un achat de la collectionneuse, tel que celui de Melchiorre Baldassini, provenant de la basilique Saint-Augustin de Rome et datant de 1525.

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Tombeau de Melchiorre Baldassini, XVIe siècle

C’est également ici que fut inhumée à sa demande Nélie JACQUEMART (1841-1912), sous une pierre tombale supportant son gisant sculpté par Denys Puech, commandé par l’Institut en 1925.

Issue d’un milieu modeste, Nélie Jacquemart fut dès son enfance protégée et prise en charge par Mme de Vatry qui la mit à la peinture. Elle y montra rapidement des qualités et réussir à les exprimer à une époque où être femme et peintre n’allait pas de soi. Elle obtint trois années de suite la médaille du Salon de Paris. À partir de 1870, devenue une portraitiste recherchée, elle vécut de son art et vit devant son chevalet s’asseoir quelques grandes figures de l’époque comme Adolphe Thiers.

Elle épousa en 1881 Édouard André qui la fit accéder à la bourgeoisie. Elle abandonna la peinture pour une vie mondaine et partagea une passion : collectionner les œuvres d’art. À sa mort, elle légua l’ensemble de ses biens, œuvres et propriétés à la Fondation de France. Cela permit la création à Paris du musée Jacquemart-André, et dans l’Oise du musée situé dans les restes de l’ancienne abbaye de Chaalis.

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Son gisant en bronze la représente allongée, appuyée sur le coude, et une palette et des pinceaux à la main.

Et Edouard ANDRÉ (1833-1894) dans tout ça ? Il ne repose pas avec son épouse.
Issu d’une riche famille de banquiers qui participa au financement de la modernisation de la France et des grandes entreprises du régime impérial, il devint officier, participa aux campagnes d’Italie et du Mexique avant de démissionner de l’armée en 1863 à l’âge de 30 ans. C’est alors qu’il entreprit de constituer une collection de tableaux, de meubles et d’objets d’art. Il succéda à son père comme député du Gard (1864-1870).
Après la chute du Second Empire, il s’engagea dans la Garde nationale en 1871. Il négocia, avec les Rothschild, la contribution que la France devait verser à l’Allemagne après la capitulation et réunit en peu de temps la somme nécessaire. En 1868, il commanda à l’architecte Henri Parent un hôtel particulier de proportions grandioses sur un terrain de 5 700 m2 situé 158 boulevard Haussmann : le futur musée Jacquemard-André. Il fut inhumé dans le caveau de famille, dans la 40ème division du Père Lachaise.


Source : Wikipedia


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