NOTRE-DAME-DE-CLÉRY (45) : basilique

visité en juillet 2020
samedi 10 avril 2021
par  Philippe Landru

https://youtu.be/DVNH7pBk4E0?t=9

La basilique Notre-Dame de Cléry-Saint-André est l’église paroissiale de la communauté catholique de Cléry, elle est à la fois collégiale, chapelle royale et basilique mariale en raison de la dévotion à Notre-Dame qui s’y est développée.

L’origine de l’église proviendrait de la découverte d’une statue de la Vierge sur le site, à laquelle sont attribuées des vertus miraculeuses à l’origine d’un pèlerinage. Afin d’accueillir les pèlerins, Philippe IV le Bel décida d’y faire bâtir une collégiale vers 1300.
L’église fut détruite en 1428 durant la Guerre de Cent Ans par les troupes anglaises, seul le clocher carré subsiste côté nord. Durant une bataille contre les Anglais, à Dieppe, Louis XI, alors dauphin de France, fit le vœu de rebâtir une église à Cléry s’il triomphait ; le projet fut mis en œuvre en 1443 par Charles VII et Jean de Dunois qui fondèrent la nouvelle église. La reconstruction du nouvel édifice par Louis XI, à la suite de sa victoire de Dieppe en 1443, s’étala de 1449 à 1485 et fut réalisée sous la direction de Pierre Chauvin et Pierre Le Page. À cette occasion, le roi fit don de la Sainte Épine et d’une relique de saint André.

Les péripéties du tombeau de Louis XI

En 1483, Louis XI et Charlotte de Savoie, son épouse, morte quelques mois plus tard, furent inhumés dans la basilique. Un tombeau (à l’origine mausolée en bronze et statue du roi en cuivre doré émaillé représenté en chasseur priant) est alors réalisé par l’orfèvre Conrad de Cologne et le canonnier Laurent Wrine, moulé d’après une sculpture de Colin d’Amiens. En 1562, durant les guerres de Religion, le tombeau du roi et la statue de la Vierge furent détruits par les protestants à la suite de la prise de la ville d’Orléans par les armées du prince de Condé. Le plomb des cercueils fut découpé en lanières pour être fondu.

En 1622, Louis XIII fit construire une nouvelle sépulture en marbre plus modeste (le roi était représenté les mains jointes dans son manteau de sacre) qui fut à son tour détruite à la Révolution française (seuls la statue moderne du roi et les quatre anges furent préservés par Alexandre Lenoir à Paris dans son Musée des monuments français).

Au XIXe siècle, l’architecte François-Narcisse Pagot et le sculpteur Romagnési reconstituent un nouveau mausolée après le rapatriement des sculptures du Musée des monuments français en 1818. Le monument fut démonté en 1868 puis replacé en 1896 sur un monument dessiné par Alexandre Lenoir et adapté par le sculpteur Libersac, monument qui figure aujourd’hui dans la nef de l’église.

Au sol, à proximité du tombeau, se trouve le caveau primitif où furent inhumés le roi et son épouse. Il fut retrouvé en 1889 seulement. Seuls la base d’un crâne scié et une mâchoire, attribués à Charlotte de Savoie ; une voûte crânienne sciée, une mâchoire et un fragment de la partie nasale attribués à Louis XI, demeurent dans ce caveau. Le reste des ossements disparut en 1792 après le passage des révolutionnaires.


Plus loin, une dalle gravée marque l’emplacement du cœur de leur fils, le roi Charles VIII, redécouvert en 1873.

A proximité se trouve la tombe de Tanguy IV du Chastel (+1477), qui servit le duc François II de Bretagne avant de devenir conseiller de Louis XI.

Dans la sacristie - ancienne chapelle de Villequier - qui se signale par une magnifique porte fut édifiée en 1450 repose André de Villequier (+1454), qui fut capitaine des gardes de Charles VII.

Dernier élément funéraire, et non des moindres, la chapelle Saint-Jean-Baptiste fut construite en 1483 par l’architecte Simon du Val pour Jean de Dunois et sa famille qui y sont inhumés.

DUNOIS (1403-1468) était le fils naturel de Louis Ier d’Orléans, le duc dont l’assassinat déclencha la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, le « bâtard d’Orléans » s’engagea dans les rangs des Armagnacs et prit parti pour le roi Charles VII. Lors du siège d’Orléans (1428-1429), en l’absence de ses deux demi-frères, le duc Charles d’Orléans et le comte Jean d’Angoulême retenus prisonniers des Anglais, il devint le chef militaire de la maison d’Orléans, rameau de la dynastie royale des Valois. Il s’illustra ainsi en tant que compagnon d’armes de Jeanne d’Arc. Il reprit par la suite les villes de Chartres et de Paris aux Anglais : il reçut de ce fait en 1439 le titre de grand chambellan de France avec les honneurs de prince légitime, et domina alors le Conseil du roi. En 1444, le roi le nomma son lieutenant général ; à peine revêtu de cette haute dignité, il expulsa les Anglais de la Normandie par la victoire de Formigny, et le siège de Caen en 1450, puis conquit la Guyenne, occupée aussi par les Anglais. Ses relations avec Charles VII, puis avec son fils Louis XI, connurent des vicissitudes.

Une plaque indique les membres de sa famille inhumés ici, à savoir :
- Dunois et son épouse Marie d’Harcourt
- Jean (1443-1453), leur fils
- François Ier d’Orléans-Longueville (1447-1491), leur second fils, et son épouse Agnès de Savoie, sœur de l’épouse de Louis XI
- François II d’Orléans-Longueville (1470-1512), frère du précédent, mort sans postérité
- Louis Ier d’Orléans-Longueville (1480-1516), frère du précédent

Au sol, une dalle gravée marque la tombe de Dunois et de son épouse. Un des vitraux (XIXe siècle) comporte un médaillon le représentant.


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vendredi 14 février 2014

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