MOUX (11) : tombeau d’Henry Bataille

visité en août 2012
vendredi 30 janvier 2015
par  Philippe Landru

Ce n’est pas au cimetière, mais sur un terrain assez improbable, à la périphérie du village et environné de pavillons périurbains, que se trouve le lieu de la sépulture d’Henry BATAILLE (1872-1922). Sans doute qu’à l’origine, l’endroit devait être encore plus isolé, donnant au site un caractère paysager. Désormais, il est à la limite de l’inadapté. Cependant, une grande sérénité émane de cette étrange composition.

Dramaturge et poète, il connut un énorme succès à son époque, et l’indifférence dans laquelle il est tombé n’en est que plus imposante. Il partagea successivement la vie de ses deux principales interprètes au théâtre, l’actrice d’origine belge Berthe Bady, puis Yvonne de Bray qui fut sa compagne jusqu’à sa mort. Son œuvre, jouée dans tous les théâtres parisiens a aussi trouvé sa place à Broadway, et au cinéma. L’œuvre de Bataille, nostalgique, se veut une critique virulente des mœurs et de la morale figée des classes aisées de la France de l’avant-guerre.

Son tombeau à est une fontaine de marbre Renaissance sur laquelle se trouve une reproduction du Transi de René de Chalon réalisée par le sculpteur animalier François Pompon. Il est placé devant la crypte familiale, derrière un enclos où sont placés différents poèmes de Bataille.

Au cours de la guerre 14/18, à la suite d’un bombardement de Saint Mihiel, le bruit avait couru qu’était détruit le « Sépulcre » oeuvre magistrale de Ligier Richer, sculpteur de la renaissance, et Henry Bataille, après avoir dans des vers de circonstance, flétri ce qu’on appelait alors la barbarie allemande, demanda que sur son tombeau fut élevé l’autre chef-d’oeuvre de Ligier Richer, le fameux « Squelette » qui domine le sépulcre de René de Chalons à Bar le Duc. Plus tard, le poème fut publié dans La divine tragédie. C’est de lui qu’est tiré « Diis ignotis » qu’on peut lire sur l’autre plaque de marbre gardant l’entrée de l’enclos funéraire. « Je voudrais me coucher devant le seuil, hors de la maison et seul, comme si j’étais le chien-gardien qui consulte les étoiles, interroge la nuit et la rosée. J’ai bien mérité cette place favorite. Une sorte de fontaine ou de baptistère soulèvera la dépouille du sol, afin que, hissé entre les troncs des pins, je puisse voir l’Aric. Dessus je désire que l’on mette la statue de Ligier Richer, une des plus belles oeuvres du génie français, qui exprime toute la spiritualité de la mort, toute la beauté de l’effort humain. Elle est déjà sublime à la place qu’elle occupe sur le tombeau de René de Chalons, Mais dehors, sous l’azur qu’elle visera plus droit, son allégorie paraîtra singulièrement accrue. Et je suis certain qu’elle mettra plus directement le ciel en relation avec la tombe ». Après une sépulture provisoire à Paris, l’inhumation eut lieu dans ce monument. La fontaine Renaissance est une reproduction de la fontaine de Beaune, à Tours.

De manière contemporaine, c’est ce même transi de Richier qu’utilisa la chanteuse Mylène Farmer lors de son concert au Stade de France.


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