Béthune (62) : cinq bonnes raisons d’aller au cimetière Nord de son vivant

Article de www.lavoixdunord.fr - 30 octobre 2014
vendredi 31 octobre 2014
par  Philippe Landru

Cinquante nuances de gris : dans la pierre et le marbre des tombes du cimetière Nord de Béthune, c’est l’histoire de la ville qui se raconte, à condition de savoir la décrypter. André Delhaye, des Amis du musée, nous le prouve. Hélas, les visites guidées sont rares dans ce cousin honnête du Père-Lachaise. Pourquoi donc ?

1. Back to my roots

Catorive, le berceau de Béthune, est à côté. Le canal aussi, qui a porté à terre des générations de bateliers. Ça se lit dans la pierre gravée d’ancres de marine. Et jusque dans la céramique, que le thème a inspirée. Ici et là aussi, des pigeons. Passion : colombophilie.

2. On croise du beau monde...

Les industriels et les maires reposent ici ; des méconnus comme Charles Chartiez, élu pendant la IIe Guerre mondiale, ou l’emblématique Éloi Boidin, premier nommé et non élu après la Révolution française. Il faut s’arrêter devant le monument le plus imposant du cimetière, celui de la famille Dellisse-Engrand : un sarcophage de marbre ceint d’une colonnade.

Près de l’entrée, Oscar Dupuich (1879-1888) repose sous une colonne brisée. « Pour un jeune, ce serait signe de mort prématurée. Ici, je vois un signe franc-maçonnique. » Plus loin, un carré sobre rappelle que des sœurs ont enseigné en ville, notamment celles de l’ordre de la Providence de Rouen. Le long de l’allée centrale, la famille Viez (distillerie, margarine...) a fait ériger une pleureuse à la mémoire du fils, César, pilote aviateur tué en 1918. La famille Hennion a une vue imprenable sur la minoterie qui, avant de se reconvertir en appartements, était sa propriété.

3. ... mais aussi des originaux

Grâce à la borne interactive, allez faire connaissance avec Martial Bar. Une dernière demeure charmante habillée de plaques en céramique, clin d’œil à la vocation tardive de cet ancien commissaire-priseur. Le lit éternel de Marcel Malbrancq, lui, recense les titres de gloire de son locataire, dont le moindre n’est pas d’avoir reçu la Légion d’honneur. Anecdote : « Il était passé à la télé, chez Jacques Martin, et était venu avec ses médailles en disant qu’il ne lui manquait que la Légion d’honneur. » Appel entendu. Un médaillon sculpté est l’œuvre « du mari de sa petite-fille. Il avait renoncé à sa carrière de médecin pour devenir artiste. » Aristide Delannoy aussi mérite un bonjour : dessinateur de presse, caricaturiste, il fait partie des personnages émérites de Béthune.
Et qui sait que le cimetière Nord héberge un soldat de Napoléon, le lieutenant-colonel Pierre Izard ? Ne cherchez pas en revanche la tombe de Canut Vromant. Membre de la bande à Pollet, il fut décapité avec ses pairs en 1909 mais son corps a disparu. Dans l’ossuaire peut-être ?

4. On se jette des fleurons

Il n’y a qu’à soulever une céramique pour lire la marque : Foubert, un fleuron niché dans le quartier de la Pierrette. Un savoir-faire exporté dans le monde entier.

5. On traverse deux guerres

Et même trois car André Delhaye est sûr qu’« il reste une tombe de 1870 ». Parmi les alignements du Commonwealth, des Allemands dorment sous l’herbe tendre d’une paix retrouvée. La particularité du carré militaire de 14-18 ? Il fut le premier, car près du front. Au début, les croix étaient de bois et on couvrait les corps de chaux, en cas d’épidémie. Dans une autre allée, on salue la mémoire d’Henri Fouant, 20 ans. «  Il est mort à la libération, en septembre 1944. Il jouait aux échecs avec sa sœur et a voulu regarder par la fenêtre les Allemands qui partaient. L’un d’eux a tiré... »


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