HAUTE-ISLE (95) : cimetière
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La petite église et le cimetière de Haute-Isle, dominant la vallée de la Seine qui est magnifique à cet endroit, est sans aucun doute l’un des plus beaux endroits d’Ile-de-France.
L’église troglodytique de l’Annonciation fut creusée dans la falaise de craie en 1670/1673 par le neveu de Boileau, Nicolas Dongois. Seul le petit clocher carré émerge du sol enherbé qui recouvre la falaise. Elle est désormais l’unique exemple d’un édifice religieux troglodytique en Île-de-France et est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1926.
À l’intérieur, une nef unique est voûtée d’un berceau en plein cintre. Elle est éclairée par quatre fenêtres taillées dans la roche. Le chœur, creusé dans le prolongement de la nef, est clos d’une clôture en bois, provenant pense-t-on de la chapelle du palais de justice de Rouen. Le retable en bois sculpté du XVIIe siècle s’insère harmonieusement dans cet univers austère et minéral. Lors de ma dernière visite, elle était en restauration mais semble réouverte aujourd’hui.
Le monument aux morts est lui aussi encastré dans une alcôve creusée dans la roche.
Le cimetière a su conserver une bonne partie de ses tombes anciennes. Pas de grandes vedettes ici, mais quelques poètes et peintres séduits par le cadre, qui s’étaient installées dans le village :
Un monument récent domine le lieu : Le docteur Gaudichard (1879-1955) découvrit le village dans les années 1930. Il y racheta plusieurs boves ( nom donné à ces excavations habitées que l’on trouve dans tout le village) souvent abandonnées depuis le XIXe siècle. Passionné du Haut Moyen Âge, il fit bâtir à proximité de l’église une maison d’inspiration architecturale mérovingienne. Il fit construire au cimetière l’évocation d’un portique mérovingien en ruines. Ce portique est donc un mémorial car il repose, en fait, à Châtellerault, dans le caveau de famille. Les sculptures des chapiteaux sont la copie de pièces de monnaies carolingiennes, romaines et grecques. D’autres membres de la famille semblent en revanche reposer ici.
Le poète Marc ANDRY.
Le poète et auteur dramatique Jean BERTHET (1911-2002), qui reçut le grand prix de la Société des poètes français en 1994 pour l’ensemble de son œuvre.
Une plaque en anglais encastrée dans la roche rappelle la présence dans ce village pendant plusieurs années du peintre anglais Romilly Fedden (1875-1939), et de son épouse, l’écrivaine américaine Katharine Waldo Douglas (1870-1939). Ils moururent tous les deux des suites d’un accident de train. Ils ne reposent néanmoins pas ici.
Le peintre paysagiste Emile-Louis FOUBERT (1848-1911), ancien élève de Bonnat et de Henri Lévy.
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