SENLIS (60) : cimetière

Visité en mars 2013
lundi 14 juillet 2014
par  Philippe Landru

Visite du cimetière de Senlis sous un temps bas et humide de mars... Ca n’aide pas à l’ambiance ! Ceci étant, le site du cimetière est totalement sans âme : longues allées, quasiment pas de végétation...

Si vous trouvez Alain Souchon, il s’agit évidemment d’un homonyme !

Quelques éléments de patrimoine funéraire cependant.

- Comme dans bien d’autres cimetières, un calvaire est au centre d’un rond-point où furent inhumés les figures ecclésiastiques de la commune.

- Le cimetière a conservé une assez grande quantité de tombeaux anciens. Parmi eux, quelques -rares- oeuvres.

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Tombe de l’architecte Fabien Morin (1893-1976)
La sculpture est antérieure.
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Tombe de l’adjudant Jean Pater
L’avion Caudron dans lequel il était s’écrasa en 1940 sur une montagne en raison des mauvaises conditions météo. L’équipage avait l’intention de rejoindre les FFL sous couvert d’une mission vers Perpignan.
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Un beau médaillon sur la tombe du prêtre Pierre Constant Baguet, signé H. Sobre (1888)

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L’obélisque de Jean-Baptiste Deshais
Capitaine des armées napoléoniennes, sa tombe retranscrit, de Jemmapes à Wagram, toutes les batailles auxquelles il participa.

- Une tombe familiale évoque un drame : celle du maire de Senlis Eugène Odent (1855-1914). Arrêté par les Allemands, il fut exécuté avec six autres otages le 2 septembre 1914 à Chamant, petite commune des environs. Son exécution ainsi que les incendies de la gare et d’une partie du village, ont été largement diffusées par la presse nationale pour témoigner de la barbarie allemande.

- On trouve dans ce cimetière la tombe de Louise-Célina de Junquières (1806-1875), marquise de Giac, qui tint en son domaine de Valgenceuse, à Senlis, un salon littéraire : elle y reçut Alfred de Vigny, Gérard de Nerval, grand admirateur qui la cite dans ses écrits, puis Alexandre Dumas et Alexandre Dumas fils. Un médaillon semblait orner sa tombe, mais il a disparu.

- La grande figure du lieu est l’un des plus grands pianistes du XXe siècle : György CZIFFRA (1921-1994). Hongrois naturalisé français en 1968, son père lui donna ses premiers cours de piano à l’âge de quatre ans. A neuf ans, il intégra la prestigieuse Académie Franz Liszt de Budapest, ce qui lui valut le titre du plus jeune élève de l’établissement. Il fut alors formé par István Thomán et Ernő Dohnányi. Enrôlé durant la guerre avec les troupes hongroises sous commandement nazi, il reprit l’étude du piano cinq ans plus tard auprès de György Ferenczy. En 1950, opposé au régime communiste hongrois, il tenta de traverser la frontière clandestinement. Il fut fait prisonnier politique pendant 3 ans, puis mena une carrière d’interprète virtuose à travers de nombreux concerts en Hongrie. En 1956, lors de l’Insurrection Hongroise, Cziffra fuit le pays pour exiler en Autriche où il demanda l’asile politique et partit pour la France.

Installé à Paris, il rencontra le succès avec ses interprétations de Liszt, Chopin, Beethoven, Ravel, Rachmaninov et bien d’autres. En 1981, suite à la mort de son fils, chef d’orchestres, ses concerts se firent de plus en plus rares.

Il fut un formidable restaurateur de festivals : outre celui de la Chaise-Dieu, il acheta à Senlis un local qui se révéla être d’une histoire étonnante : l’église Saint Frambourg. Ce fut le berceau de la fondation qui porte son nom. Cette histoire assez riche, que l’on peut retrouver sur ce site, explique sa tombe : un bas-relief représentant le pape Sylvestre II (de la sculptrice Maria de Faykod), et l’épitaphe suivant « ... de la Chaise-Dieu à la chapelle royale Saint-Frambourg de Senlis... ». Avec lui repose son fils, le chef d’orchestre Gÿorgy Cziffra Jr (+1981) qui se suicida.


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vendredi 14 février 2014

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