ROYAN (17) : cimetière des Tilleuls

jeudi 24 mai 2012
par  Philippe Landru

C’est en 1850 qu’ouvrit le cimetière des Tilleuls, remplaçant l’ancien cimetière qui se trouvait près de l’église Saint-Pierre, fermé et désaffecté cette même année. Aujourd’hui, il est le cimetière ancien de la ville.

Quelques vieilles chapelles de notabilités locales apportent un caractère certain à cette nécropole. La blancheur minérale l’emporte clairement sur la végétation, ici peu présente.


Curiosités


- La tombe du canonnier Ballentine se signale par les pyramides de boulets de canon qui portent la chaîne d’un imposant mausolée. On y apprend qu’il « mourut au feu » à la forteresse de Royan en 1884. Volonté patriotique de raviver le feu guerrier très ans après la guerre : il eut droit à des obsèques nationales alors qu’il était mort des suites de l’explosion accidentelle d’un fortin !


Célébrités : les incontournables...


- André LAGARDE


... mais aussi


- Janine AUTRÉ : sa tombe indique que cette jeune fille de 25 ans, décédée à une date inconnue, fut « danseuse étoile de l’Opéra de Nice et du Théâtre impérial de Stockholm ».

- Marcel BAUDEZ (1877-1940), qui consul général à Shanghai dans les années 30 (il y laissa son nom à un hôpital) avant d’être envoyé à Mexico. Inhumé à Montpellier, cette tombe n’est pour lui qu’un cénotaphe.

- Edouard Alexandre BRAQUET (1874) : « aéronaute-gymnasiarque » parisien, ce bateleur avait créé un spectacle d’acrobaties aériennes. Suspendu à un trapèze accroché à un ballon captif à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du sol, l’audacieux enchaînait les figures les plus invraisemblables sous les yeux du public. Le 9 août 1874, après un départ incontrolé du ballon, il resta accroché par la ceinture à l’aérostat. Le cordon céda peu à peu, s’allongea, se rompit. Braquet vint s’écraser au sol, aux pieds des spectateurs terrifiés. Sa tombe est toujours présente dans le cimetière.

- Sébastien FAURE (1858-1942) : anarchiste français, il devint en 1894 le tuteur de Sidonie Vaillant après l’exécution de son père, Auguste Vaillant. En 1895, il fonda, avec Louise Michel, le journal Le Libertaire. Lors de l’affaire Dreyfus, il fut l’un des leaders du combat dreyfusard. En 1904, il crée près de Rambouillet une école libertaire dénommée « La Ruche ». Il commença à diffuser des tracts pacifistes et antimilitaristes contre la guerre, appelant à la désertion parmi les troupes. Il fut l’auteur en 1934 de l’Encyclopédie anarchiste, composée de plus de 3000 pages, qu’il écrivit avec divers militants anarchistes de l’époque (il ne publia que trois des quatre tomes prévus). En 1936, il s’engagea dans la guerre civile espagnole. Pédagogue, il laissa également un grand nombre d’ouvrages.

En 1993 à l’initiative de la Libre Pensée girondine et du groupe Sébastien Faure, sa tombe fut restaurée. Une plaque en marbre noir reprenant l’épitaphe d’origine « A Sébastien Faure le grand orateur libertaire et libre penseur, ses compagnons d’aujourd’hui pour ceux de demain, 14 juillet 1942  », fut apposée.

- Frédéric GARNIER (1836-1905) : maire de Royan de 1871 à 1904 (c’est sous son mandat que la ville se développa vraiment), il fut député de cette Charente qu’on disait à l’époque « Inférieure » de 1889 à 1903, puis sénateur de ce même département de 1903 à sa mort.

- Jean GOULY (1799-1881) : c’est une catastrophe fort connue qui apporta une gloire certaine à ce jeune matelot : il était en 1816 sur la frégate « La Méduse » dont on connaît la tragique destinée au large de l’Afrique de l’Ouest. Jean Gouly dut son salut à une chaloupe providentielle, moins célèbre que le fameux radeau immortalisé par Géricault, mais qui eut le mérite de le mener ainsi que ses camarades d’infortune à bon port. Il devint par la suite inspecteur des Balises, profession certes moins glorieuse mais certainement plus rassurante.

- Le peintre et sculpteur Marcel Emmanuel KIEN (1907-1985), dont la tombe « semi-pyramidale » est surmontée d’une oeuvre de sa création.

- Le baron Pierre de SAINT-MART (1885-1965) : haut fonctionnaire colonial, il fut nommé en mars 1939 gouverneur intérimaire de l’Oubangui-Chari. Le 29 août 1940, il rallia ce territoire à la France libre en se heurtant à l’opposition absolue du commandement militaire de la région. Il administra les territoires de l’Oubangui-Chari avec la plus grande compétence, développant les cultures (coton), les infrastructures (routes, ponts), la fidélité des indigènes, et versant à la France libre plus de cinq millions pour son armement. Il fut fait Compagnon de la Libération dès 1942, et devint en 1943 Gouverneur général de Madagascar.


Merci à Nicolas Badin pour les photos.


Commentaires

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ROYAN (17) : cimetière des Tilleuls
dimanche 12 octobre 2014 à 18h36 - par  Bernadette Bessodes

Après avoir contacté récemment la conciergerie du cimetière Saint-Lazare de Montpellier où est inhumé Marcel BAUDEZ, ce dernier, consul général à Sanghai de 1936 à 1939, était né le 2 octobre 1878 et décédé le 21 novembre 1941.

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mardi 28 juin 2016 à 16h28 - par  Chevallier

Je confirme pour Marcel Baudez, les dates de naissance et décès que possèdent son petit-fils sur son livret à Montpellier et dates qui figurent avec copie des actes dans son dossier Légion d’honneur à la Chancellerie.
D’autre part une exposition permanente a été inaugurée en 2005 à la Maison de Montpellier à Chengdu (jumelée avec Montpellier) exposant des objets personnels de Baudez.

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dimanche 12 octobre 2014 à 21h37 - par  MARRY Ghislain - EVIGNY (Ardennes)

Je confirme les dates de décès et de naissance de Marcel BAUDEZ.
Celui-ci est bien décédé le 21 novembre 1941 à l’âge de 63 ans.

(Source : « Gallica - le Figaro du 25 novembre 1941 » )

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vendredi 14 février 2014

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