SALLAUMINES (62) : cimetière de Lens-Est

Visité en janvier 2016
dimanche 3 juin 2018
par  Philippe Landru

Premier paradoxe, qu’il faut prendre en compte si vous voulez le visiter : le cimetière Est de Lens se trouve sur la commune de… Sallaumines ! Il est vrai que les communes du bassin minier forment une vaste agglomération (Douai-Lens) dans laquelle les populations ne se pensent pas forcément à l’échelle communale.

Le cimetière s’inscrit pleinement dans son environnement, offrant des vues sur les terrils.


Curiosités


- Une borne interactive à l’entrée du cimetière permet de retrouver rapidement la localisation des tombes recherchées.

-  Au sein du cimetière se trouve un cimetière allemand : il contient près de 15.646 corps de soldats allemands, et 2 russes. Dans ce cimetière repose Paul Mauck, l’un des plus jeunes engagés allemands, il avait 14 ans, et tomba le 7 juin 1915. La nécropole militaire fut ouverte à l’automne 1914 par les troupes allemandes. Il reçut rapidement le nom de cimetière de Lorette ou encore cimetière du XIVe corps d’armée. Au début de la guerre, les Allemands enterrèrent les corps des militaires tués au combat sur les pentes de Lorette mais devant leur nombre croissant, une fosse commune est ouverte ici. Le 13 juin 1915, une statue représentant l’Archange Michel fut érigée dans l’allée centrale. Elle porte cette inscription en allemand : Aux héros tombés glorieusement pendant les luttes autour de Lorette – La 28e division d’infanterie. D’autres statues furent érigées par la suite. En 1926, après un accord passé avec les autorités militaires françaises, le Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge (Commission allemande des sépultures de guerre qui est une association privée) entreprend la reconstruction et l’entretien du cimetière militaire. Celui-ci est entièrement repensé : fini les statues imposantes, le nouveau cimetière sera plus humble, plus discret. Pour marquer les tombes individuelles, le VDK utilise des croix de bois portant une plaque de zinc.
À Lens, les croix en bois sont remplacées par d’autres en petit granit belge en 1977 et le cimetière totalement réaménagé. A l’extrémité, un mur composé de pierres de granit suisse forme un fond quasi-uniforme à l’ombre de quelques ifs. Une simple barrière en fer forgé sépare les cimetières militaire allemand et civil français. La sobriété a remplacé le sentiment de puissance que représentaient les imposants monuments.

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Monument Imbrasse


Célébrités : les incontournables...


- Emile BASLY
- Maurice GARIN


... mais aussi


- Emilienne MOREAU-ÉVRARD (1898-1971) : issue d’une famille de mineurs, elle est l’une des rares femmes à avoir été faite Compagnon de la Libération. En 1915 déjà, alors que les Allemands occupaient la ville de Loos-en-Gohelle , elle aida les troupes britanniques qui avaient lancées une attaque pour reprendre la ville. Elle leur donna des informations sur les positions ennemies leur permettant de les prendre à revers. Elle mit en place dans sa maison un poste médical et participa même aux combats. Elle devint, à 17 ans, l’héroïne de Loos et elle fut citée à l’ordre de l’armée par le général Foch. Elle fut reçue par le président de la République, Raymond Poincaré, puis à Londres par le roi George V. On utilisa alors son image pour entretenir le moral de la population et des troupes. Le Petit Parisien fit paraître son histoire. Militante au sein de la SFIO, elle épousa en 1932 Just ÉVRARD (1898-1972), responsable fédéral du Pas-de-Calais et frère de Raoul Évrard, député du même département de 1919 à 1936. Lui-même fut membre de l’Assemblée consultative provisoire à Alger puis à Paris (novembre 1943-août 1945), délégué par le Parti socialiste SFIO (il était alors secrétaire national du parti pour l’Outre-Mer). Il fut député, sans discontinuité, de 1945 à 1962. Partisan du soutien au retour de Charles de Gaulle en 1958, farouchement anti-communiste, il fut battue par Jeannette Prin (PCF) lors des législatives de 1962, notamment du fait de la présence d’un candidat gaulliste qui se maintint au second tour.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, en 1940, Emilienne fut mise en résidence surveillée par les autorités allemandes à Lillers, chez sa mère. Fin 1940, elle entra en résistance aux côtés de son mari. Elle utilisa plusieurs pseudonymes. Traquée par les Allemands, elle échappa plusieurs fois à l’arrestation et parvint à rejoindre Londres en août 1944. Elle continua ensuite à militer en tant que membre du Comité directeur de la SFIO de 1945 à 1963. Elle occupa également les fonctions de conseillère honoraire de l’Assemblée de l’Union française de 1947 à 1958. À l’aube de la Cinquième République, elle abandonna ses activités publiques et publia ses mémoires. Elle repose avec son époux.

- Elie REUMAUX (1838-1922), qui fut nommé en 1866 ingénieur en Chef de la Société des Mines de Lens. Après la mort d’Edouard Bollaert auquel il succéda en 1898, il poursuivit l’oeuvre commune, faisant des Mines de Lens un véritable monument industriel. En 1916, les Allemands organisent la destruction systématique de celles-ci. Il mourut en tombant d’un train ! Le médaillon en bronze qui orne sa tombe est d’Hippolyte Lefèbvre et la tombe réalisée par l’architecte Louis-Marie Cordonnier.

- Alfred RICHART (1860-1922), qui fonda en 1903 la FRSM (Fédération Régionale des Sociétés Musicales), la plus ancienne des Fédérations Musicales de France. Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze.

- Le footballeur Henri TRANNIN (1919-1974), qui occupa le poste de directeur sportif du RCL. Il fut un des précurseurs dans les méthodes de détection et de formation des joueurs et créa des écoles de foot. La tribune « ouest » du Stade Félix-Bollaert porte son nom.


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vendredi 14 février 2014

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