DORMOY Marx (1888-1941)

Cimetière Saint-Paul de Montluçon (03)
mardi 17 mai 2011
par  Philippe Landru

Fils du premier maire socialiste de Montluçon, il rejoignit très tôt les rangs socialistes et devint à son tour maire de sa ville natale à partir de 1926. Député (1921) puis sénateur (1938) de l’Allier, membre de l’aile modérée de la SFIO, il fut nommé sous-secrétaire d’État à la présidence du Conseil dans le premier gouvernement du Front populaire, puis succéda au ministère de l’Intérieur à Roger Salengro, au lendemain du suicide de ce dernier. Il conserva ce portefeuille dans le troisième cabinet Chautemps (juin 1937-mars 1938), puis dans le second cabinet Blum (mars-avril 1938). À ce poste, il se vit reprocher l’attitude des forces de police qui, lors de la fusillade de Clichy (mars 1937), ouvrirent le feu sur des ouvriers, ce qui lui valut l’hostilité virulente des communistes. Surtout, il engagea une lutte sans merci contre l’organisation clandestine d’extrême droite, la Cagoule. Cette dernière, regroupant les plus extrémistes des Croix-de-feu, tenta au moyen d’attentats — pour lesquels elle chercha à faire accuser les communistes — à soulever l’armée afin de renverser la République. La dénonciation de ce complot par Marx Dormoy et surtout son action énergique permirent la découverte de nombreuses caches d’armes, l’arrestation des principaux responsables et l’anéantissement de la Cagoule.

Ayant fait partie de la quarantaine de députés socialistes qui refusèrent de voter le 10 juillet 1940 les pleins pouvoirs constitutionnels au maréchal Pétain, il fut démis de son poste de conseiller général de l’Allier et assigné en résidence surveillée à Montélimar par le gouvernement de Vichy, il mourut assassiné par d’anciens militants de la Cagoule qui voulaient se venger de l’homme qui avait démantelé leur organisation.

Son nom a été donné à un très grand nombre de rues et d’établissements en France sous des édilités socialistes. Une station du métro parisien le porte également.


Merci à Bruno Pignon pour la photo.


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