L’ISLE-ADAM (95) : église Saint-Martin

mardi 8 février 2011
par  Philippe Landru

La commune de l’Isle-Adam est intimement lié à l’histoire des princes de Conti, qui transformèrent ce domaine en un lieu fastueux durant l’éclatant XVIIIe siècle. Paradoxalement, un seul de ses princes repose dans la commune : on peut voir son monument funéraire dans l’église paroissiale Saint-Martin. Comme nous le verrons, l’épopée de son corps, qui survécut aux profanations révolutionnaires, mérite d’être contée.

Louis-François de BOURBON-CONTI (1717-1776). Filleul de Louis XV, il devint prince de Conti et seigneur de l’Isle-Adam à la mort de son père en 1727. Il fit ses premières armes au début de la guerre de Succession de Pologne. En 1744, Conti fut mis à la tête d’une armée de 30.000 hommes pour faire campagne avec les Espagnols contre le roi de Sardaigne. En 1745, il prit le commandement de l’armée du Bas-Rhin. Un an plus tard, il commandait en chef sur les frontières d’Allemagne, s’emparant de Mons et de Charleroi. Un grave dissentiment ayant éclaté avec le maréchal de Saxe, le prince de Conti remit son commandement et se retira sur ses terres de l’Isle-Adam, domaine qu’il agrandit par plusieurs acquisitions. En 1749, grâce à l’appui du Roi, il fut nommé Grand Prieur de France dans l’Ordre des Chevaliers Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Dès lors, il habita le Temple, à Paris, jouissant de certains privilèges et d’importants revenus. Tous les lundis, le Prince y réunit, dans des soupers fameux, diverses célébrités. Il fit de son château de l’Isle-Adam un palais féerique, un centre d’attractions avec des fêtes de jour et de nuit qui attirèrent de nombreuses personnalités. Ami des Lumières, il protégea Jean-Jacques Rousseau en l’hébergeant dans son château de Trie, accorda une pension à Beaumarchais. Ses relations avec Louis XV furent toujours assez difficiles. Si le Roi estimait son cousin à la fois pour ses qualités en matière politique, militaire et juridique, il redoutait ses ambitions et son attitude frondeuse vis-à-vis de l’absolutisme. Détesté par la marquise de Pompadour, la carrière de Conti fut brisé par l’arrivée de la favorite à Versailles. Épuisé par toutes sortes d’excès, il mourut dans l’impénitence (il reçut la visite de l’archevêque de Paris ; mais ne voulut pas entendre parler de religion).

Son corps fut embaumé et son coeur retiré et placé dans une urne funéraire. Le 6 août au soir le cercueil et l’urne furent transportés à l’Isle-Adam où ils furent inhumés dans un caveau provisoire, effectué en toute hâte sous le choeur de l’église. L’année suivante, au jour anniversaire de sa mort, son cercueil fut transféré dans la crypte de la chapelle funéraire que son fils venait de faire construire par l’architecte attitré de la maison de Conti, Jean-Marie Morel. Pendant la Révolution, la chapelle fut profanée, mais le cercueil ne fut pas touché car non retrouvé.

La dépouille du prince Louis-François de Bourbon-Conti repose sous une dalle de marbre blanc au milieu de la chapelle (voir plus bas). En face de l’autel s’élève un mausolée en marbre bleu turquin, constitué d’une pyramide traitée en bas relief. Sur un large socle en marbre, une statue en plâtre représentant une femme agenouillée dans une attitude de douleur, placée à cet endroit en 1811. Exécutée par le sculpteur Moitte, cette allégorie de la piété remplaça une statue en bronze représentant le Génie de la vie, enlevée à la Révolution en même temps que les ornements de bronze du mausolée.


On a retrouvé le prince de Conti


Article du Parisien en date du 25 juillet 2010

Il reposait là depuis plus de deux siècles à l’abri des regards. Le caveau du prince de Conti, l’ambitieux cousin de Louis XV, a été mis au jour à l’église Saint-Martin à L’Isle-Adam où il avait été inhumé en 1776. C’est durant l’imposant chantier d’installation du chauffage au sol dans l’église, classée aux monuments historiques en 1941, que la découverte a été faite. Trois caveaux découverts « Il fallait retirer toutes les dalles et creuser sur une trentaine de centimètres, explique Stéphane Le Bechennec, des services techniques de la mairie. C’est sous les gravats que nous avons ainsi découvert trois caveaux. » Deux vides, sous le chœur de l’église et dans la chapelle de la Vierge et un troisième sous la chapelle de Conti, dans l’aile nord de l’édifice, qui renfermait une surprise historique. Sous les lourdes dalles du tombeau, un cercueil posé sur des trépieds en acier recouvert d’un tissu bien conservé. Au-dessus, tout simplement posé, un cœur en velours, lui aussi dans un bon état. C’est la sépulture du prince Louis-François de Bourbon-Conti. Mort à Paris en 1776, embaumé et transporté à L’Isle-Adam, l’illustre personnage avait d’abord été inhumé sous le chœur de l’église avant d’être transféré dans la chapelle funéraire à l’extrémité nord de l’église. C’est là qu’il vient d’être retrouvé malgré le saccage de la chapelle à la Révolution. Si sa présence était connue, son emplacement exact était incertain. Le caveau refermé, les travaux peuvent désormais continuer.

En cliquant ici, le film de la découverte du tombeau


Photo : Wikipedia.
Source : fr.topic-topos.com


Commentaires

Logo de P.P.L. BERTHELOT
Eglise Saint-Martin , découverte du tombeau du Prince de Conti .
lundi 10 décembre 2018 à 02h04 - par  P.P.L. BERTHELOT

Bonjour . Remarquable et émouvante découverte . J’avais moi même apporté ma contribution à ce type de découverte en permettant d’identifier le tombeau du porte-arquebuse du roi Louis XV dans la crypte de la cathédrale de Dax , il y a maintenant quelques années . Les personnes qui découvrent le cercueil du prince de Conti dans la vidéo , semblent étonnés de sa conception . Il n’y a là rien d’étonnant en réalité . La figuration de cette sépulture , en particulier cette croix , sans doute blanche à l’origine, sur fond rouge (tout comme le coeur) se trouve en rapport avec son rang de Grand Prieur de l’Ordre de Malte que le prince Louis-François de Bourbon Conti avait obtenu du Pape Benoit XIV le 16 avril 1749. L’Ordre de Malte avait alors comme emblème cette croix blanche rectiligne sur fond rouge . En héraldique on disait ’’à la croix latine d’argent sur fond de gueules’’ . C’est en fait un peu comme un étendard cloué sur le dessus du cercueil , rien de plus . L’Ordre de Malte était héritier de celui des chevaliers de Rhodes , lui même issu de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem , dont l’habit était rouge à la croix blanche . A l’origine de l’Ordre , la croix était blanche à huit pointes sur un habit noir . Le prince de Conti exerça principalement son mandat de Grand Prieur de l’Ordre de Malte au sein du Temple de Paris , l’ancienne commanderie et maison mère de l’Ordre des Templiers , dont il fut le propriétaire à partir de 1756 . Comme l’a aussi très justement précisé une personne dans la vidéo , il était également le Grand Maître de l’Ordre du Temple depuis 1741 , mais ceci dépend d’une histoire qui ne regarde pas ordinairement le commun des mortels . Bien à Vous . . .

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vendredi 14 février 2014

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