L’ISLE-ADAM (95) : cimetière

Visité en octobre 2009
jeudi 22 septembre 2011
par  Philippe Landru

Parmi les multiples richesses patrimoniales de l’Isle Adam, le cimetière ne dépare pas. Comme partout, l’ancien cimetière paroissial se tenait sur les flancs de l’église locale, à savoir l’église Saint-Martin, jusqu’à ce que le « nouveau » cimetière ouvre ses portes en 1832. Ici comme ailleurs, on rapporta de l’ancienne nécropole quelques tombeaux, mais la plupart des restes disparurent lors du transfert.


Curiosités


- C’est dans l’ancien cimetière de l’isle-Adam, que Rosalie Fragonard, la fille du célèbre peintre Jean-Honoré Fragonard, avait été inhumée. Elle y avait séjournée pendant près de 9 ans au château de Cassan pour profiter du « bon air » car elle était atteinte d’une forme de tuberculose. Décédée en 1788 à l’âge de 18 ans, elle fut donc enterrée dans le cimetière qui se trouvait à l’époque autour de l’église Saint-Martin. On a évidemment perdu toute trace de sa présence.

- La chapelle funéraire construite par le philanthrope Victor Chantepie en 1868 pour servir de caveau provisoire pour les pauvres de la commune en attendant de leur trouver une sépulture définitive. Lui même ne repose pas ici mais dans la chapelle de l’hôpital qu’il avait fondé dans la commune.

- Le médecin Jean-Baptiste Kapeler (1780-1852), qui était médecin-chef de l’hôpital Saint-Antoine à Paris, possède la chapelle la plus imposante du cimetière, de style byzantin. Il est vrai que c’est lui qui avait fait don du terrain sur lequel se trouve désormais le cimetière.

- L’obélisque du curé Jean-Baptiste Grimot (+1885) est orné d’un médaillon en marbre par Auguste Robert.

- Au détour de la promenade se voit un vieux calvaire ruiné, qui fut un ancien obélisque. Il s’agit de l’unique vestige de l’ancien cimetière de Nogent.

- Insolite dans un tel lieu : un édifice aux allures de chapelle murée n’est autre que les anciennes toilettes publiques du cimetière désaffectées ! L’architecture générale de ces anciennes toilettes épouse le style des chapelles environnantes.


Célébrités : les incontournables...


- Georgette PLANA


... mais aussi


- Charles Jacques BOSSION (1776-1821) : médecin de l’Isle-Adam et de sa région, il marqua Balzac lors de ses séjours à l’Isle-Adam chez le maire Villers-la-Faye, de 1817 à 1822. Touché par l’humanité de celui-ci, il le fit revivre sous le nom de Benassis dans son roman Le docteur de campagne. Lorsque le médecin mourut prématurément, Balzac vint assister à ses funérailles. Il fut inhumé dans l’ancien cimetière et transféré après 1832 dans l’actuel. Lors de mon passage en 2009, la stèle était difficilement lisible.

- Le sculpteur Jean-Louis BOZZI (1860-1946), dont on peux admirer les oeuvres dans plusieurs musées. Sur sa stèle était placé un buste en bronze, représentant « le Temps » sous les traits d’un vieillard à la barbe flottante, tenant en main une faux. La base de la sculpture portait cette inscription « Le temps régulateur de l’immense nature  ». Sur les autres faces, sortant du bronze des hauts reliefs de petites dimensions symbolisaient les trois phases de la vie : le Sourire - l’Idéal - Vers la fin. Malheureusement cette pièce, réalisée par l’artiste en 1925, a été dérobée depuis.

- Pierre Charles André DAMBRY (1796-1869) : notaire, maire de l’Isle-Adam de 1834 à 1869, il fut également député de 1859 à sa mort. Il siégea avec la Majorité dynastique. Il fut un grand rénovateur de l’Isle-Adam.

- L’historien Eugène Léopold DARRAS (1848-1941), qui publia de nombreux ouvrages sur l’histoire locale. Il fut également membre et président de plusieurs sociétés savantes du Vexin.

- Le pharmacien Maximilien DEHAUT (1786-1865), inventeur de pilules laxatives qui portèrent son nom et connurent leur succès en leurs temps.

- l’illustrateur et affichiste Jean DROIT (1884-1961) : après avoir passé la plus grande partie de sa jeunesse en Belgique, il débuta dans la carrière artistique à Bruxelles, vers 1908. Ses premières expositions l’imposèrent très vite à l’attention des critiques et du public belges. Enrôlé durant la guerre, il devint lieutenant et retranscrivit par ses affiches et dessins les horreurs des tranchées : il publia dans l’Illustration des œuvres exécutées au front et réalisant plusieurs affiches pour l’Emprunt. Il poursuivit ensuite sa carrière à Paris : il illustra de nombreux livres, exposa régulièrement à la Nationale des Beaux-Arts et au Salon des humoristes, multiplia portraits, affiches (dont celle des Jeux Olympiques de 1924) et compositions décoratives. L’une de ses dernières oeuvres fut la décoration murale d’un groupe scolaire de l’Isle-Adam. Jean Droit consacra en outre une grande partie de sa vie active au scoutisme dont il fut l’un des pionniers sur le continent européen, aux mouvements de jeunesse et à l’étude et à l’exaltation de la nature qui lui inspirèrent plusieurs livres et quantité d’articles. Il était le père de l’académicien français Michel Droit, qui repose lui au cimetière de Passy.

- Le peintre Jules DUPRÉ (1811-1889) : ancien élève de Diéboldt, il fut fort apprécié pour ses paysages, et considéré souvent comme l’un des précurseurs de l’impressionnisme. Il était issu de cette génération de peintres qui, à partir de 1830, formèrent autour de Théodore Rousseau l’école de Barbizon, l’une des tendances du courant réaliste.

- Le peintre et illustrateur Léon FORT (1870-1965), également auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire de la ville.

- Jacques FRANCKI (Jacques Franchi : 1920-1987) : peintre de l’eau et de la lumière, il affectionna les grandes étendues marines des côtes de Bretagne, le calme des bords de la Loire et la douceur des ciels d’Ile de France se reflétant dans l’eau tranquille de l’Oise.

- Pierre GALTIER (1878-1944) : peintre d’origine provençale, il se fixa à Parmain et peignit les sites de la région, tout en réalisant un nombre important de gravures.

- Le général Charles-Auguste-Mathias HORIX de VALDAN (1810-1883), il fut en novembre 1870 chef d’état major général à l’armée de Paris pendant le siège de la capitale. C’est en cette qualité qu’il fut chargé au début de l’année 1871 de la douloureuse mission d’aller à Versailles pour discuter les conditions de l’Armistice et signer la capitulation de Paris. Sa tombe étant à l’abandon faute de descendants, l’association « Les Amis de L’Isle-Adam » a fait placer une plaque commémorative juste au dessus de sa tombe.

- Édouard KNECHT (1789-1870) : lithographe d’origine allemande, neveu de l’inventeur de ce procédé, il fut l’un des principaux introducteurs de la lithographie en France. Il s’installa à Paris en 1818 et mit en fonctionnement sa première presse.

- Béatrice MALLET (1896-1951) : peu connue du grand public, elle fait partie, avec quelques autres (Germaine Bourret...) des personnalités incontournables pour quiconque s’intéresse au monde de l’illustration, en particulier celui des cartes humoristiques. D’origine anglaise, elle se fit connaître en tant qu’illustratrice, tant pour les publicités que pour les livres d’enfant. Son style est reconnaissable entre tous : des enfants potelés, aux bonnes joues (publicité Petit bateau). Elle était l’épouse du peintre et illustrateur Hervé MALLET (1895-1939) avec lequel elle fut inhumée. On l’enterra avec ses pinceaux et un paquet de cigarettes. Leur tombe était à l’abandon quand elle fut retrouvée par des amateurs qui interpellèrent l’association “Les Amis de l’Isle-Adam”. Sauvée, la tombe fut restaurée et une plaque commémorative fut apposée en mai 2010.

- Le peintre Louis RENET-TENER (Louis Renet : 1845-1925) : d’origine normande, disciple et ami de Corot, Jules Dupré et Daubigny, il exposa au Salon pour la première fois en 1870. Il peignit de nombreuses régions mais c’est surtout L’Isle-Adam qui inspira bon nombre de ses toiles.

- Le capitaine des armées napoléoniennes Pierre Nicolas TOUTANT (1769-1835), qui prit part à presque toutes les campagnes jusqu’en 1812 dans le même régiment. Le 17 Floréal An VII, il monta le premier à l’assaut de Saint-Jean-d’Acre et planta le drapeau français sur une tour, action qui lui fit décerner un fusil d’honneur par Bonaparte. Sa tombe a disparu. L’association « Les Amis de L’Isle-Adam », pour rappeler le souvenir de ce soldat, a fait placer sur le mur du cimetière, à hauteur du carré militaire, une plaque commémorative.

- Louis-Philippe de VILLERS-LA-FAYE (1749-1822) : ecclésiastique (forcé par sa famille et sa naissance aristocratique), il fut maître de l’Oratoire du comte d’Artois avant d’émigrer sous la Révolution (il en profita pour se défroquer). Revenu en France, il devint maire de L’Isle-Adam en 1813, fonction qu’il occupa jusqu’en 1815, puis de 1816 à 1821. En août 1817, il reçut le jeune Balzac qui cite L’Isle-Adam dans de nombreux ouvrages de La Comédie humaine, et qui y revint régulièrement jusqu’à la mort de Villers-la-Faye. Sa vieille stèle armoriée est difficilement lisible.



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vendredi 14 février 2014

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