BRY-SUR-MARNE (94) : église Saint-Gervais-Saint-Protais

visité en octobre 2010
samedi 20 novembre 2010
par  Philippe Landru

L’église Saint-Gervais-Saint-Protais de Bry fut construite au XIIe, puis reconstruite en 1610, comme l’atteste l’inscription conservée dans la nef. Elle est connue pour une curiosité unique au monde : celle de posséder le dernier diorama subsistant de Daguerre.

Le diorama

Le principe du diorama, inventé par Louis Daguerre, est celui d’une très grande toile peinte des deux côtés et animée par des jeux de lumière venant de face ou de l’arrière, qui donnent alternativement des effets différents, permettant de créer un spectacle animé à partir d’une image fixe. Celui de Bry-sur-Marne est l’unique exemplaire de la main de Louis Daguerre subsistant. Il fut offert en 1842 par son auteur. Il représente le chœur d’une église gothique peint en trompe l’oeil, donnant l’illusion que l’église de Bry se poursuit au-delà du chevet. La lumière naturelle entrant par une verrière zénithale et probablement des ouvertures latérales donnait notamment l’illusion que des bougies s’allumaient et s’éteignaient.

Longtemps dissimulé derrière un rideau, plusieurs restaurations ont désormais permis de le présenter au public.

L’église

L’obscurité domine lorsqu’on y pénètre : sur les murs figurent plusieurs plaques commémoratives, ainsi que des pierres tombales jadis encastrées dans le sol. Ce sont des écuyers (Nicolas Paillot, mort en 1700), des fermiers généraux du roi (Charles Carré de Lorme, mort en 1760), dont les plaques retranscrivent les mentions d’usage : on offre sa vie à Dieu, on expose ses donations, en particulier celle établissant les messes pour le repos de son âme.

A gauche du maître-autel, une plaque triangulaire est plus imposante. On peut y lire : « Ci git / haut et / puissant seigneur / Etienne de Silhouette / ministre d’état / ancien / contrôleur / général des finances, / seigneur de Bry / sur marne / dès sa jeunesse, /la voix publique le désigna pour / les grandes places. / celles qu’il obtint furent le prix / de ses travaux / ou un hommage rendu à son mérite. / Philosophe religieux, sçavant modeste, / riche, bienfaisant, / il fut les délices de ses amis / et la ressource des malheureux / il mourut le vingtième jour / de janvier de l’année MDCCLXVII, âgé / de cinquante sept ans,cinq mois et / vingt six jours. il fut inhumé auprès / de haute et puissante dame / Anne Jeanne Antoinette Astruc, / son épouse,décédée le treizième jour / de juin de l’an MDCCLXV, dans la / quarante deuxième année de / son age./ un même esprit les avait / unis pendant leur vie, / la même tombe les réunit après / la mort. / Priés dieu pour le repos / de leur Ames ».

C’est effectivement dans cette église que fut inhumé le châtelain local, Etienne de SILHOUETTE (1709-1767). Chancelier de la maison d’Orléans, puis contrôleur général des finances de Louis XV en 1759. C’est lui qui inventa l’impôt sur les signes extérieurs de richesse (impôt sur les portes et fenêtres). Il voulut restaurer les finances en taxant les privilégiés et les plus riches. Il devint si impopulaire, que son nom fut attaché à ce qui était mesquin ou inachevé, évoquant l’état auquel ses mesures réduisaient ceux qu’elles touchaient. C’est ainsi que furent appelés « silhouettes » les portraits tracés puis découpés d’après l’ombre du visage, à la mode à l’époque.

Le cimetière de Bry se trouvait autour de l’église jusqu’en 1828.


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