SCEAUX (92) : église St-Jean-Baptiste et Jardin des félibres

Visité en mars 2006
mercredi 31 décembre 2008
par  Philippe Landru

La petite église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Sceaux date du XIIIe siècle, mais fut très remanié au XVIe, puis au XVIIIe siècle. On trouve à l’intérieur un certain nombre de plaques funéraires et épitaphes intéressantes.
-  L’un d’elle, daté de 1896, précise « Ici devant ont été déposés respectueusement les restes de XXII corps trouvés dans le sol de l’église au moment des travaux exécutés pour l’installation du calorifère ».
-  Une autre plaque funéraire est celle de Pierre Courtois, garde à cheval des plaisirs du roi, qui recommande son âme et Dieu et prescrit un certain nombre de messes à sa mémoire.
-  Néanmoins, la plaque la plus intéressante est celle de Louis Auguste de BOURBON, duc du Maine (1670-1736) et de sa famille. Fils de Louis XIV et de Madame de Montespan, il fut élevé par la veuve Scarron, future Madame de Maintenon, et fut légitimé par le roi en 1673, ce qui entraîna son installation à la Cour. On lui fit épouser Madame de Charolais, Anne-Louise Bénédicte de Bourbon-Condé (1676-1753), petite fille du Grand Condé. Bâtard du roi, il chercha durant toute la vie de son père à s’imposer face aux ambitions du duc d’Orléans. Louis XIV le fit prince du Sang, mais il n’était pas dupe, sachant qu’à sa mort, son fils ne serait plus rien. De fait, en 1715, Philippe d’Orléans fit casser le testament et devint régent. Quelques mois plus tard, le duc du Maine prit part à une conspiration visant installer Philippe V d’Espagne, ou l’un de ses fils, sur le trône de France, en cas de décès de Louis XV. Le complot fut éventé et le duc et la duchesse du Maine furent enfermés pendant un temps. Il ne joua plus de rôle politique par la suite, vivant à l’écart dans sa propriété de Sceaux. Son épouse fut quant à elle connue pour les réceptions qu’elle donna au château de Sceaux, auxquels furent invités les philosophe des Lumières.
Ils furent inhumés en cette église avec l’un de leurs fils, Louis Charles de BOURBON (1701-1775), qui hérita des possessions et titres de son père mais qui mourut sans postérité.

La plaque indique :
"Ici reposent les cendres de très haut, très puissant et très excellent prince Louis Auguste de Bourbon, duc du Maine, prince légitimé de France, par la grâce de Dieu, prince souverain de Dombes, duc d’Aumale, comte d’Eu, commandeur des ordres du roi, lieutenant général de ses armées, colonel général des Suisses et Grisons, gouverneur et lieutenant général pour sa majesté, dans ses provinces du haut et bas languedoc, grand maître et capitaine général de l’artillerie de France. Décédé en son château de Sceaux le XIV mai MDCCXXXVI (1736), âgé de LXVI (66 ans)
De très haute, très puissante, et très grande princesse Louise Bénédicte de Bourbon, princesse du Sang son épouse. Décédée à Paris le XXIII janvier MDCCLIII (1753) âgée de LXXVII (77) ans.
Et de très haut, très puissant et excellent prince Louis Charles de Bourbon, comte d’Eu, leur fils, décédé à Sceaux le X juillet MDCCLXXV (1775) âgé de LXXIII (73) ans IX mois moins XI jours
".
C’est une plaque armoriée (De France au bâton péri en barre pour le duc ; au bâton péri en bande (armes des Condé) pour la duchesse. Le tout accosté de drapeaux, de canons et de boulets symbolisant la charge de Grand-Maitre de l’Artillerie du duc du Maine).
Sous l’ancien régime, cette plaque était disposée à plat au milieu du choeur, au-dessus du caveau seigneurial. retrouvée en morceaux lors des fouilles de l’église au XIXe siècle, elle a été replacée dans l’église, puis expulsée par un curé qui ne voulait pas de plaque concernant un batard dans son églie. Restaurée (elle était cassé en plusieurs morceaux), elle fut replacée dans l’édifice en 1957 par les soins de la municipalité et du musée de l’Ile-de-France.

Dans le petit jardin des félibres attenant à l’église se trouvait la tombe de

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Jean-Pierre CLARIS de FLORIAN (1755-1794). Ecrivain français, petit-neveu de Voltaire par alliance, il se fit connaître par ses fables. Il fut élu à l’Académie française en 1788. Soupçonné pour ses relations avec l’Ancien Régime lors de la Révolution française, il se réfugia à Sceaux. Il fut arrêté en 1794. Remis en liberté le 27 juillet, il mourut peu après, à l’âge de trente-neuf ans, des suites de sa détention.
Les fables de Florian sont d’une très grande qualité, trop oubliées de nos jours. Sans le savoir, tout le monde le connaît pourtant un peu : de son oeuvre sont en effet tirées un grand nombre d’expressions françaises : Pour vivre heureux, vivons cachés, Chacun son métier, les vaches seront bien gardées, Rira bien qui rira le dernier ou encore l’expression Eclairer la lanterne.

Il reposait au pied d’une colonne surmonté d’un buste daté de 1837, d’après l’oeuvre de Devéria. La Société des Cigaliers et des Félibres de Paris, tous originaires comme Florian du midi de la France et l’estimant comme leur précurseur, viennent chaque année en pèlerinage le premier dimanche de juin depuis 1879 au tombeau de leur compatriote. C’est ainsi que fut aménagé le petit jardin des félibres, faisant de Sceaux, selon la formule, la cité le plus méridionale de l’Ile-de-France.

La restauration récente de l’église nécessita son transfert, a priori définitif, à l’ancien cimetière de Sceaux où il se trouve désormais dans un tombeau contemporain, identifié par l’ancienne plaque de sa tombe (voir plus haut) restaurée.


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