SĂPÎNŢA : le cimetière joyeux (cimitirul vesel)

Visité en août 2004
samedi 21 juin 2008
par  Philippe Landru

Săpînţa se trouve dans la région du Maramureş au nord de la Roumanie, à environ 20 kilomètres de Sighetu Marmaţiei , le long de la rivière Tusa et de la frontière Ukrainienne.

Petit village, son cimetière est unique au monde. Durant une quarantaine d’années, le poète et artisan local Stan Ioan Patraş (1909-1977) a conçu, sculpté dans le chène et peint les stèles des tombes du cimetière de son village, exprimant dans cet art naïf les caractéristiques des défunts, leur métier ou leurs activités principales mais aussi leurs qualités ou leurs défauts. Ne manquant pas d’humour, il décida de pimenter ses écrits d’un ton tantôt poétique, tantôt moqueur, parfois grinçant. Les alcooliques, les coureurs de jupons, les feignants, les perfides ou les belles-mères envahissantes sont épinglés avec humour. Qualités et travers de chacun se retrouvent publiquement affichés à jamais…L’épitaphe qu’a attribuée l’artiste à chaque personne , courte et parfois humoristique, signale les grands moments de la vie, les espoirs ou les desillusions.

Ce lieu rassemble aujourd’hui plusieurs centaines de tombes qui retracent la vie quotidienne du village. Ainsi, dans ces couleurs vives où domine le bleu profond, le cimetière unique et fleuri de Săpînţa expose les multiples activités de cette communauté humaine de l’extrème nord de la Roumanie et exhalte la vie plutôt que la mort. On raconte que c’est un Français qui lui donna son qualificatif de « cimetière joyeux ».

Tout naturellement, la tombe du créateur est en bonne place dans le cimetière.

L’oeuvre de Stan Patras est aujourd’hui poursuivie par Dumitru Pop, un de ses élèves.

Les tombes les plus anciennes sont devenues très pâles, alors que les récentes ont des couleurs chatoyantes.

La plupart reproduisent les métiers des défunts : c’est bien toute la vie du village qui défile.

Certaines scènes évoquent des épisodes plus tragiques : des accidents de la route concernant généralement de jeunes enfants, des défunts tués à la guerre ou encore des victimes d’accidents. Une scène reproduit même la mort d’un berger tué par un Hongrois.

Quelques unes laissent plus dubitatifs quant à leur interprétation.

Tout naturellement, le monument aux morts du village, à l’entrée du cimetière, a été réalisé dans la même veine.

Le cimetière de Săpînţa donne ses lettres de noblesse à l’art naïf et populaire.


Commentaires

Logo de Jouja
SĂPÎNŢA : le cimetière joyeux (cimitirul vesel) Superbe tous les cimetières sont des musés, celuis ci aussi un musée d’art
mardi 23 novembre 2010 à 20h34 - par  Jouja

J’ais été épaté par les peintures et l’idée même de consacrer sa vie à embellir les demeures des morts. Là plus qu’ailleurs l’art est ephémère autant que ceux qui l’entretiennent après nous, car quelle différence pour une oeuvre d’art d’être au Louvre, à l’Hermitage ou dans un petit cimetière du nord de la Roumanie, elle est sous la garde des vivants, en une longue chaine. Tous les maillons sont faibles, mais la chaine tient, vaille que vailles.

Navigation

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?