ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)

Panthéon
lundi 25 février 2008
par  Philippe Landru

Ecrivain et philosophe genevois, il se lia après une jeunesse errante avec Diderot et collabora à l’Encyclopédie. Il exalta dans son œuvre (l’Emile, les Rêveries du promeneur solitaire, les Confessions...) les bienfaits d’un retour à la vie naturelle, la préservation de l’ingénuité de la sensation première, et le bonheur d’une vie campagnarde saine.

Accueillit dans le château de Louis-René de Girardin, il y mourut très rapidement et fut inhumé dans l’île des peupliers du parc à fabriques de son protecteur (actuelle commune d’Ermenonville dans l’Oise).

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Île des peupliers - tombeau de Rousseau de 1778 à1794.

Il fut transféré en 1794 dans la crypte du Panthéon, un endroit qu’à l’évidence il aurait détesté, et fut placé en face de celui dont il s’était plaint durant sa vie d’être la victime, Voltaire. Ce transfert fut l’un des actes symboliques les plus imbéciles de son histoire.

Une main tenant une torche semble sortir de son sarcophage, sur lequel est inscrit Ici repose l’homme de la nature et de la vérité.


Commentaires

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ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)
samedi 27 juin 2020 à 13h24 - par  Sophie C.

Le pire dans cette histoire, est que Rousseau et Voltaire ne se sont jamais rencontrés de leurs vies. Cependant, certains historiens estiment que peut-être Rousseau à rencontré brièvement Voltaire, vers 1748-1749, d’après les Confessions de Rousseau, mais rien n’est prouvé.
Sinon, la querelle entre les deux hommes n’était que littéraire. Si ils se seraient rencontrés, il est probable qu’ils se seraient parlés en gens éduqués des lumières, avec amabilité et courtoisie. Cette querelle rappelle la querelle Sartre-Camus, qui était du vent aussi, mais les deux se connaissaient réellement.

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ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)
mardi 23 juin 2020 à 19h34 - par  M.Dekker

Il est très vraisemblable que les restes de Rousseau et Voltaire ne sont pas au Panthéon. : en 1814, lors de la première chute de Napoléon, avant son retour pour les 100 Jours en 1815, Paris était dans le chaos, et dans l’anarchie, livrée à des milices de royalistes, ou d’autres gens, peux scrupuleux. Certains Royalistes ne pardonnaient pas le viol et le saccage des sépultures royales de Saint Denis, une vingtaine d’années plus tôt, et il est plus que probable, et avéré, que les sépultures de Rousseau et Voltaire furent profanées, d’autant plus que à l’époque, avec la chute de Napoléon, ils avaient largement le temps pour le faire. Et ce n’était pas le cercle très conservateur des partisans de la restauration de la monarchie, et de Louis XVIII qui allaient empêcher cela. Bien au contraire. Le récit du mélange des restes de Rousseau et Voltaire sur un terrain vague est du reste malheureusement très connu. En cherchant bien, vous trouverez même les noms de ceux qui y participèrent.
Depuis, la vérité est un tabou, surtout depuis la IIIème République en 1870. En fait, le mieux serait de ne pas savoir la vérité. Pour les plus sceptiques, il est toujours possible de considérer comme des cénotaphes les monuments érigés pour les deux hommes au Panthéon, ça n’empêche pas la présence de la reconnaissance officielle et nationale de la France d’être très présente.

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mercredi 24 juin 2020 à 15h36 - par  Frédéric

Soit c’est probable, soit c’est avéré, mais pas les deux en même temps…

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ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)
mardi 28 janvier 2020 à 17h56 - par  S.Phap

Si vous vous renseignez bien, vous découvrirez un récit daté de 1814-1815, soit, lors des débuts de la première restauration, ou des royalistes, hostiles à la révolution, fous furieux sortirent les ossements de Rousseau et Voltaire, ils mélangérent les ossements des deux, avec de la chaux vive, et des excréments, et entérérent le tout dans un terrain vague Parisien. Cette anecdote est assez connue des historiens. Les deux tombeaux du Panthéon seraient vides, ou remplacés par d’autres ossements. à vérifier...

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ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778)
vendredi 19 octobre 2012 à 02h04 - par  Un professeur de culture générale

Mais de quel droit violer ce qu’on sait être les dernières volontés d’un mort qui fut un homme aussi illustre ?? Le Panthéon, et face à Voltaire ! Il a dû se retourner ds sa tombe... Quel sacrilège de sa mémoire (bien que là où il est, il s’en moque comme de l’an 40). Remarquez, vu l’époque de foldingues que ns traversons, il vaut mieux qu’il ne voit pas le massacre... :-O