SOULTZMATT (68) : cimetière militaire roumain

visité en août 2024

le cimetière militaire de Soultzmatt est la plus grande nécropole roumaine en France. Lieu emblématique de la mémoire roumaine, ce site rassemble les dépouilles de 693 (562 tombes individuelles et deux ossuaires de 131 corps) soldats morts en captivité en 1914-1918 dont la plupart sont décédés à la suite de mauvais traitements, de malnutrition et d’épuisement.

Le cimetière roumain de Soultzmatt a été aménagé au Schaefertal (Val du Pâtre) en 1920, dans la forêt de cette petite commune du Haut-Rhin située au pied des Vosges, proche de Colmar et de Strasbourg. L’emplacement choisi, sur le col qui relie Soultzmatt et le Florival, correspond à celui du « camp du Prince-héritier » (Kronprinzläger), un camp de repos aménagé au début de la Première Guerre mondiale pour les soldats allemands et qui, à partir du début de 1917, servit de camp de prisonniers pour les soldats roumains.

Après l’entrée en guerre de la Roumanie aux côtés des Alliés, son armée subit de lourdes pertes. Les captifs furent répartis entre les armées allemande, bulgare et turque ; et le contingent assigné aux Allemands fut acheminé vers la province allemande située le plus à l’ouest, l’Alsace.

Au début de la Première Guerre mondiale, les troupes allemandes avaient déboisé une partie de la forêt à l’ouest de Soultzmatt pour construire des abris et des installations militaires. Ce camp était utilisé par les troupes allemandes qui y venaient au repos toutes les trois semaines par roulement, après avoir été engagées sur le front franco-allemand des Vosges. Il était camouflé pour ne pas être repéré par l’aviation française.

Au début de 1917, par un froid rigoureux, les habitants de Soultzmatt virent arriver des soldats roumains exténués et amaigris. Totalement sous-alimentés, ils bénéficiaient en cachette d’un peu d’aide des habitants. Il furent utilisés à la construction de routes et d’abris.

En 1920, la commune de Soultzmatt, épargnée par la guerre, fit don à la Roumanie du terrain nécessaire pour réunir les corps de ces soldats dispersés dans plus de 35 communes. En 1922, le roi Ferdinand et la reine Marie de Roumanie assistèrent à l’inauguration de ce cimetière, rappelant l’amitié traditionnelle entre la France et la Roumanie.

Son entrée principale prolongée par un portique en bois s’ouvre sur le cimetière paysager agrémenté de haies taillées et d’arbres d’essences diverses. Son plan d’inspiration orthodoxe dessine une croix potencée. Les croix latines blanches tréflées se répartissent en 8 sections de part et d’autres des bras de la croix. Chacune d’entre elles porte une plaque où figurent le nom et prénom du soldat, son statut de prisonnier roumain, son matricule et son affectation ainsi que la date de son décès. Et elles sont ornées d’un macaron rehaussé des armoiries de la famille royale roumaine.

A l’extrémité de l’allée centrale s’élève un calvaire posé sur un piédestal fait d’un monticule de pierres. A ses pieds, trois plaques de marbre racontent les souffrances des prisonniers de guerre roumains dans les camps du front ouest.

Avant la guerre 1939-1945, la reine Marie de Roumanie effectuait annuellement un pèlerinage à Soultzmatt. En souvenir, une statue à son effigie y est érigée en 1933, inaugurée en 1936. Après la Seconde Guerre mondiale, ces dernières reprennent régulièrement.

Des arbres furent plantés en 2018 et 2024 par des princesses et prince de la dynastie roumaine.

Aujourd’hui les liens d’amitié avec la communauté roumaine et les habitants de la commune restent forts.

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