ROME : basilique Sainte-Marie-Majeure

visité en 2006

La basilique Saint-Marie-Majeure est sous les projecteurs, le pape François ayant décidé de s’y faire inhumer en raison de son attachement au culte de la Vierge. L’actualité nous rattrapant, je rédige cet article pour cette basilique visitée, assez étonnement, le 21 avril ... 2006 !

Comme d’habitude, il ne sera pas question de présenter toutes les richesses de cet édifice, mais de se concentrer sur ce qu’elle révèle du patrimoine funéraire.

La basilique Sainte-Marie-Majeure (Basilica di Santa Maria Maggiore) est l’une des quatre basiliques majeures de Rome, située sur la Piazza dell’Esquilino au sommet de la colline de l’Esquilin. Elle est la seule basilique de Rome à avoir conservé sa structure paléochrétienne primitive, bien qu’enrichie par des ajouts ultérieurs. C’est le plus grand monument et la plus ancienne église romaine consacrée à la Vierge Marie.

Salus Populi Romani de Saint-Marie-Majeure

La basilique est parfois appelée Notre-Dame des Neiges : selon la tradition, la Vierge serait apparue en rêve à un riche patricien romain et au pape Libère (352-366), pour leur demander qu’une église soit construite en son honneur sur la colline de l’Esquilin. Au matin, constatant qu’il avait neigé en plein mois d’août, à l’endroit que la Vierge leur avait indiqué, le pape ordonna de construire la basilique. Malgré de nombreuses fouilles archéologiques, rien n’a été retrouvé de ce lieu de culte.

Construite vers l’an 432 à la demande de Sixte III, elle abrite l’icône mariale la plus importante de l’Occident chrétien : la Salus Populi Romani. Cette icône, attribuée au patron des peintres saint Luc, représente la Vierge tenant dans ses bras l’enfant Jésus.

Sous le maître-autel de la basilique se trouve la crypte de la Nativité (ou crypte de Bethléem), commandée par le pape Pie IX et réalisée par Virginio Vespignani où un reliquaire en cristal conçu par Luigi Valadier contiendrait du bois de la crèche de la nativité de Jésus-Christ, rapportés par des pèlerins revenant de Terre sainte.

Reliquaire du berceau du Christ
Saint-Jérôme écrivant par Le Caravage

A proximité se trouve le reliquaire qui contiendrait les restes de Saint-Jérôme (Jérôme de Stridon : c347-420). Secrétaire du pape Damase Ier, ce dernier lui aurait demandé de traduire les quatre Évangiles en latin. Installé à Bethléem, il y aurait consacré 34 ans à la composition d’un texte latin de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui soit plus fidèle aux manuscrits originaux grecs et hébreux, ce qui en fit l’un des quatre pères de l’Église latine. Mort en Palestine, ses restes furent d’abord enterrés à Jérusalem puis auraient été transférés à la basilique Sainte-Marie-Majeure.

Reliquaire de Saint-Jérôme

Reposent dans cette basilique


Sept papes furent inhumés dans cette église : François est donc le huitième pontife à y reposer, et le premier non-italien. Notons que le dernier pape à s’y être fait enterrer le fut en 1669 !

Des deux premiers, il ne reste aucune trace de tombeaux. Il s’agit de :

  • Honorius III (Cencio Savelli) : pape de 1216 à 1227. Il approuva les règles des ordres dominicain et franciscain et lança la Cinquième croisade, comme l’avait demandé le Concile du Latran. Avec le roi de France Louis VIII, il soutint la croisade contre les Cathares dans le sud de la France.
  • Nicolas IV (Girolamo Masci) : pape de 1288 à 1292, il connut un conclave difficile de plus de dix mois avant son élection. Son court pontificat a été marqué par la reconnaissance du tiers-ordre franciscain et la fondation de l’université de Montpellier.

Les quatre suivants furent des papes de la Renaissance et de l’époque baroque, et bénéficient ainsi de tombeaux majestueux réalisés par les plus grands artistes :

  • Saint Pie V (Michele Ghislieri) : pape de 1566 à

    1572. Austère et très religieux, il s’emploie à réduire le luxe et la dissipation de la cour pontificale. Le Cathéchisme romain qu’il publie en 1566 fit autorité jusqu’à celui de Jean-Paul II en 1992. Il fut à l’origine d’une prière très populaire jusqu’à nos jours, celle du rosaire. Sa politique extérieure fut moins heureuse : l’excommunication d’Elizabeth Ière d’Angleterre n’eut aucun effet, et l’incitation à la lutte contre les Huguenots plongea la France dans les guerres de religion.

Inhumé en la basilique Saint-Pierre, il fut transféré en 1588 en la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome. Il fut canonisé par Clément XI en 1712.

Tombeau de Pie V
Châsse de Pie V
  • Sixte V (Felice Peretti) : pape de 1585 à 1590, il

    fut l’un des derniers princes de la Renaissance. Il remit de l’ordre dans la ville de Rome et réforma les institutions pontificales. En matière doctrinale, il poursuivit l’œuvre de ses prédécesseurs dans la continuité de l’application des canons tridentins.

Inhumé dans la chapelle Sixtine de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome qu’il avait fait aménager pour recevoir le tombeau de Pie V et le sien. Son cœur et ses viscères se trouvent dans une urne de l’église Saint-Vincent-Saint-Anastase de Rome : ce fut lui qui créa cette coutume qui fut reprise par la suite par une vingtaine de ses successeurs.

  • Clément VIII (Ippolito Aldobrandini) : pape de 1592 à

    1605. Il travailla à amoindrir les difficultés entre la France et l’Espagne, en levant l’excommunication de Henri IV et en participant à l’élaboration de la Paix de Vervins. A l’intérieur cependant, son pontificat fut marqué par un durcissement et des condamnations à mort pour hérésie, comme celle de Giordano Bruno.

Inhumé dans la basilique Saint-Pierre, ses restes furent transférés en 1646 dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome où se trouve son tombeau.

  • Paul V (Camillo Borghese) : pape de 1605 à 1621.

    Encore un pape qui fut fortement marqué par la pratique du népotisme, encourageant l’ascension sociale de sa famille. Dernier grand prince de la Renaissance, son pontificat fut également marqué par un fort mécénat (finition de Saint-Pierre, construction de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome...). Il n’en laissa pas moins condamner Copernic. Au point de vue politique, il vit commencer la guerre de Trente ans et mena la lutte contre Venise.

Inhumé dans la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome. Son cœur et ses viscères se trouvent dans une urne de l’église Saint-Vincent-Saint-Anastase de Rome.

Plus tardivement, un dernier pape se fit enterrer en la basilique :

  • Clément IX (Giulio Rospigliosi) : pape de 1667 à

    1669. Durant son éphémère pontificat, il tenta en vain de mettre fin aux guerres européennes par la paix Clémentine.

Inhumé à l’entrée de la basilique Sainte-Marie-Majeure de Rome. Son cœur et ses viscères se trouvent dans une urne de l’église Saint-Vincent-Saint-Anastase de Rome.

et donc :

  • François (Jorge Mario Bergoglio) : pape de 2013 à 2025. Premier pape issu des rangs de

    la Compagnie de Jésus et premier pape non européen depuis le pape syrien Grégoire III au VIIIe siècle, François fut aussi le premier pape issu du continent américain (Argentine) et le premier à prendre ce nom, en mémoire de François d’Assise. Son pontificat fut marqué par un déplacement du centre de gravité de l’Église vers, entre autres, l’Amérique latine et l’Afrique, et des prises de position progressistes en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, pour l’accueil des réfugiés et la justice sociale. Il entretint toutefois une doctrine conservatrice concernant les droits LGBT et l’accès à l’avortement. Populaire auprès des fidèles mais clivant au sein de la classe politique internationale, il fut très critiqué par les conservateurs, en particulier les partis d’extrême droite.


mais aussi ...


 Le sculpteur et architecte LE BERNIN (Gian Lorenzo Bernini : 1598-1680), le « 

second Michel-Ange », dont l’abondante production typiquement baroque se caractérisa par la recherche du mouvement, la torsion des formes, l’impression spectaculaire allant jusqu’à l’illusion. En tant qu’architecte et urbaniste, il a conçu des bâtiments profanes, des églises, des chapelles et des places publiques, ainsi que des œuvres massives mêlant à la fois architecture et sculpture, notamment des fontaines publiques et des monuments funéraires élaborés et toute une série de structures temporaires en stuc et en bois pour les funérailles et les fêtes. Il fut favorisé par les papes, et devint l’architecte de la place Saint-Pierre. On lui doit le baldaquin aux colonnes torsadées du maître-autel et le dessin de la majestueuse colonnade et des statues qui encerclent la place devant la basilique Saint-Pierre. Ses fontaines monumentales, offrant à la vue de tous le déchaînement des forces vives du baroque, exercèrent une grande influence sur l’urbanisme romain et sur l’organisation des places publiques dans les autres capitales européennes. Parmi ses chefs-d’œuvre, outre le baldaquin et la colonnade de Saint-Pierre de Rome, figure l’Extase de Sainte-Thérèse. Il réalisa en outre plusieurs tombeaux de papes à Saint-Pierre de Rome (Urbain VIII, Alexandre VII). Sa tombe, très simple, se trouve juste à l’extérieur de la chapelle Sixtine.

 Pauline Bonaparte (1780-1825), sœur de Napoléon, était duchesse de Guastalla en raison

de son second mariage avec Camillo Borghese (1775-1832), petit-neveu du pape Paul V. Tous deux reposent donc dans la chapelle Borghese de la basilique. Pauline avait d’abord été inhumée dans la basilique Santa Croce de Florence, puis dans la chapelle Borghesiana de cette basilique.

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